Mad prof : Fury road
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MessageSujet: Mad prof : Fury road Mar 3 Jan - 22:48
Y'a des jours dans la vie où tout va bien. Les oiseaux chantent, les fleurs poussent et y'a des frites à la cantine.
Et puis y'a des jours où y'a tout ça et l'obligation d'aller "discuter" avec un collègue prof de sport. Ces jours là sont nettement moins bons. Surtout quand discuter est entre guillemets. D'après ce qu'il en avait compris, Greg était l'ultime tentative de dialogue avant la graaaaande déferlante des professeurs sur les plates-bandes de Fury.

Fallait dire que ce type avait l'air de mettre les pieds où il voulait, et c'était souvent dans la gueule. Les couloirs bruissaient de rumeurs à son sujet. C'était un ancien de la gestapo reconverti dans la direction humaine et arrivé ici par hasard. Ah non, en fait un Monstre de Frankenstein adepte du bodybuilding. Mais c'était pas un cousin de la Chose des 4 fantastiques ? (le Machin, comme se faisait appeler le fiston de la Chose, actuellement en classe de terminale B, avait fermement démenti). Ou un gradé évadé de l'armée américaine à la recherche de Forrest Gump. Tout, n'importe quoi.

Et si ce n'était que dans les couloirs... Aaaah, il n'y avait pas pire comme comméres qu'une bande de prof à la pause inter-cours, occupés à récupérer la touillette noyée dans leur café brûlant. Fallait voir ça comme un attroupement de bestiaux luttant autour du seul point d'eau de la savane : cul contre cul, tête contre tête, occupés à paraitre fort face aux lions adolescents qui hantaient les horizons. Ou les nouveaux arrivants, aussi. Aucun d'entre eux ne savait vraiment ce que Fury était. Un gnou fort et puissant ? Un babouin au cul rouge ? Un troll du Sahara ? Tout ce qu'ils en savaient, c'est qu'il faisait plus peur aux élèves qu'eux (ce qui n'était pas un si mauvais point d'ailleurs) et qu'il perturbait leur petit programme. Les élèves arrivaient épuisés aux cours suivants, parfois au bord des larmes, et de temps à autres pas du tout. L'infirmerie songeait même à lui proposer une offre promotionnelle du type "pour 4 élèves traumatisés, une camisole offerte".

M'enfin... C'était un peu ce qu'on disait de Greg depuis son arrivée et sa malheureuse altercation avec sa collègue en plein cours. Qui plus est, il trainait peu en salle des professeurs, préférant les grands espaces que ne risquaient pas de hanter ses collègues shootés à l'excès de nicotine. Donc, il n'avait pas grand-chose contre Fury au final.

A part que.

A part que depuis son arrivée, trois élèves s'étaient réfugiés dans un sous-sol et barricadés en hurlant que noooooon, plus jamais les abdoooooos, plus jamais, nooooon ! d'une telle façon qu'on aurait cru qu'ils revenaient du Viet-Nam.
Que sa dernière séance d'endurance avait envoyé à l'infirmerie cinq autres de ses élèves - Et croyez-le bien, dans le cas d'un slime, "cracher ses poumons" n'est pas qu'une expression.
Qu'il venait de passer vingt bonnes minutes à réconforter une adolescente éplorée qui avait craqué devant son bureau - et il n'avait toujours pas réussi à savoir ce qu'elle avait, à part qu'elle sortait de sport.

Non, vraiment, fallait parler là. Le prochain cours de sport était dix minutes plus tard, donc le prof était forcément sur son lieu de travail. Go go go go !

Aussi, un grand bonhomme tout de noir vêtu, raide comme un épouvantail congelé, ouvrit-il avec beaucoup d'aplomb les portes du gymnase et lâcha un "Hé Ho !" retentissant dans la salle déserte.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 1:37
L'hiver s'installe doucement dans la nuit, la neige est reine à son tour...

Ahem... pardon, je vais la refaire.

La neige tombe doucement en ce début d'après-midi. Elle ne tient pas encore, mais associée au vent glacial qui viens mordre jusqu'à la moelle, ce n'est qu'une question d'heures avant qu'un épais manteau blanc ne recouvre l'intégralité du domaine. Pas étonnant que le cours de ce matin ait vu quelques élèves rouspéter.

Et quant on rouspète, je rouspète aussi. Question d'habitude.
Sauf que moi, j'ai de la pratique. Niveau cordes vocales surdéveloppées, je me situe au top niveau.

Mais peu importe, car dans l'immédiat, je profite d'une accalmie plus que bienvenue. Le repos du guerrier, en somme. Seul dans le gymnase, je ressasse mes pensées, tranquillement assis sur un rebord de fenêtre, étalé de tout mon long, un livre à la main. L'art de la Guerre, de Sun Tzu. Mon livre de chevet. Je l'ai tellement poncé que je pourrais le citer de mémoire. Les yeux perdus dans les flocons qui chutent dehors, je me prépare mentalement à la dure épreuve qui m'attend : enseigner l'art délicat du remuage de fion à des ados dont l'exploit le plus notable est de sortir la poubelle quant maman leur demande. Aurai-je mis la barre trop haut ? Probablement. Tout ce que j'ai pu tirer de la plupart de ces chères têtes blondes, ce sont des pleurs et des jérémiades... Ça ne fait qu'une semaine que j'ai commencé, et les rumeurs déplaisantes à mon sujet atteignent déjà un rare niveau de médisance.

S'ils avaient seulement idée, les pauvres, d'à quel point je pourrais leur infliger bien pire que les promenades de santé auxquelles ils ont eut droit. Et qui ne sont pas le tiers de ce que je ferai faire à des cadets volontaires. Ah, qu'il est loin le temps du service militaire...

Je ricane tout seul. Ah la la, mon pauvre Sherman... tu es une relique d'un autre temps. Je secoue la tête. Non, c'est pas le moment de flancher. Pas maintenant que j'ai une situation à peu près stable (quoique... faire courir des monstres en pleine adolescence, c'est pas non plus de tout repos!) et que je peux enfin servir une cause qui ne requiert pas spécialement de se faire tirer dessus ! Du nerf, que diable ! Je ne suis pas passé à travers le feu et la mort pour me faire intimider par une bande de boutonneux qui se cachent derrière des ronds-de-cuir en costard épais comme des sandwichs SNCF. Qu'ils parlent. La direction m'a fait confiance, il n'y a aucune raison pour que ça change.

Le fracas des portes qui s'ouvrent m'arrachent à mes rêveries, tandis qu'un épouvantail engoncé dans un long manteau appelle à travers le silence de la salle de gym. Tiens donc... qui se pointe dans l'antre de la bête haïe et honnie ?

Refermant mon bouquin avec un claquement sec qui se répercute dans la structure d'acier qui nous entoure, je saute de mon perchoir pour retrouver le plancher des vaches, salue le nouvel arrivant de la main depuis l'autre bout du gymnase en répondant avec force pour couvrir la distance qui nous sépare.

"Bonjour !"

Je me dirige vers lui, avalant les mètres de ma longue foulée à la cadence martiale. Ce type... je ne l'aurais pas déjà vu quelque part ? Impossible de coller un nom sur ce visage. Et pourtant, je suis sûr et certain de l'avoir déjà croisé. Il a l'air trop vieux pour être un élève. Qui est-ce ? Et que vient-il faire ici ? Nous le saurons bientôt. Une fois à sa hauteur, je prend quelques secondes pour l'observer de pied en cap (enfin... toiser serait un terme plus exact, compte tenu de la différence de taille, et surtout, de gabarit). Je réajuste ma veste, et m'adresse à lui à un niveau sonore plus convenable, de ma voix légèrement éraillée.

"Que puis-je faire pour vous ?"
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 2:07
Tiens, ça sait lire les trolls ? Pensa le coté sarcastique de Greg juste avant de se faire étouffer par tous les autres qui, eux, préféraient leur survie à l'humour grinçant. En plus, c'était une plaisanterie infondée : la jeune Olga savait très bien lire - du moins, si on l'autorisait à se servir d'un doigt pour isoler les mots.

Donc contrairement à ce qu'il faisait d'ordinaire, il ne devait pas se fier à la première impression, mais à la deuxième. Qui fut tout aussi inutile en fait. Le saluer à la mode militaire.

Greg serra le poing, s'empêchant de continuer le geste. Sa main s'immobilisa subitement au niveau de son ventre avant qu'il ne l'oblige à venir se glisser doucement dans sa poche. Histoire de ne pas avoir l'air trop idiot. Surtout qu'en l'occurrence, l'idiotie n'était pas réellement de sa faute. C'était juste qu'en cet homme tout, de l'habillement à la posture, hurlait "Militaire". Et pas du genre haut-gradé, hein. Ni trouffion. Plutôt un sergent, poste idéal pour recevoir les ordres et les faire appliquer après les avoir fait passer par un soupçon de compétence bienvenue, une dose d'incompétence créative et s'il y en avait vraiment besoin une lichette de surdité sélective. Instinctivement, les copies de militaires en lui avait réagi : Garde-à-vous ! Ils n'avaient aucune envie de se farcir trente tours de terrain en sous-vêtements sous la neige fondue. Ou la corvée de récurage de chiotte. Plus jamais ça. Rien n'était plus sale qu'un militaire allant se soulager après avoir dû rester camouflé 48h en terrain ennemi en ayant consommé des "mets locaux" - ce qui, traduit en autochtone, voulait souvent dire "tout ce que nous, on mangerait pas mais que ces couillons d'étrangers avaleront avec plaisir. Qui veut un oeil de mouton roti avec son haggis ?"

Avec un cillement à peine perceptible, Greg obligea les intrus à retourner à leur place : au fond de son esprit. Il devait se concentrer, pas se laisser manipuler par les a priori des autres - et puis, penser à du haggis juste après déjeuner n'était pas l'idée du siècle.

En tout cas, l'autre était une masse. Du style armoire normande, pas buffet gondolé par l'humidité de mamie - enfin, pas l'humidité de mamie, mais le buffet de mamie, vous voyez ? Et plus que ses muscles, c'était son visage qui imposait le respect. Quand on combinait les deux, on avait l'impression de faire face à un Double-Face accro aux stéroides. C'était très perturbant. Suffisamment pour que Greg détourne un bref instant le regard et secoue la tête pour chasser l'idée folle. C'était vraiment pas le moment de piquer un rire nerveux. L'autre ne risquait pas d'apprécier.

-Greg Ogramann, prof, lâcha t il laissant son regard revenir sur lui. Si jamais l'envie de rire revenait, il fixerait... Ah, tiens, cette cicatrice là, sur son nez dévié. Tant pis si ça lui donnait l'air d'un idiot en train de loucher, parfois ça intimidait les gens.Oh et puis... "Bonjour" ajouta t il avec un temps de retard. Le doppleganger se borna à lui décocher un signe de tête. Voilà qui le faisait parfois passer pour un snob mais c'était bien plus rapide et efficace que d'expliquer que non, vraiment, il n'aimait pas les contacts physiques, oui, même les mains serrées, oui pareil pour les bises, et non il ne voulait pas quand même le tenter et enfin mais laissez le respirer et on pourait vraiment discuter au lieu d'ergoter sur la politesse comparée d'une main serrée et d'un signe de tête ? Et puis de toute façon, après le toisage en règle que Fury venait de lui infliger, rien ne le forçait à être excessivement respectueux et procédurier.

La porte claqua derrière lui, le frôlant ; il se décala de quelques pas sur le coté, préférant éviter qu'une ruée d'adolescents imprudents lui fonce dessus. Ca l'étonnerait beaucoup que la classe suivante se rue dans le gymnase - Fury avait plutôt l'air de les faire se ranger en divisions et marcher au pas - mais quand même. Prudence est mère de survie.

- Je pense que vous avez une idée de pourquoi je suis ici, non ? lui demanda t il en haussant un sourcil. C'était une sale habitude qu'avait Greg de tourner autour du pot, mais la paranoia, même contenue, laissait des traces.Toujours laisser l'autre se dévoiler en premier. Et puis, ce pouvait toujours être utile d'observer sa réaction lorsqu'il parlerait des adolescents qui l'accusaient d'être la réincarnation de Ted Bundy en moins souriant. Un sadique avait du mal à retenir sa jubilation quand on le lançait sur ses méfaits, il en avait croisé assez au lycée Yokai pour le savoir.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 2:20
Quoi ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a, ma gueule ?

L'épouvantail à tête de passe-partout transpire la gêne par tout les pores de son blouson, faute de peau à l'air libre. Je vois sa main interrompre sa course avant de se réfugier dans une poche tel un lapereau apeuré (heureusement, pas un lapin adulte... un ado, entre deux âges...), signe qu'il n'est pas d'accord avec lui-même quant à l'attitude à adopter. J'ai beau essayer de planter mon regard dans le sien (une vieille habitude. On apprend beaucoup de quelqu'un en le regardant droit dans les yeux... et ça aide à voir venir les coups de Trafalgar), je le vois le détourner, l'espace d'un instant, avant de le fixer sur mon nez. Un compromis acceptable entre mes yeux perçants et les traces qui me défigurent la moitié du visage, signe que le bonhomme est à peu près aussi à l'aise qu'une limace dans un bac à sable.

Eh ben mes cadets... Il part pas gagnant, la traité de paix !

Je commence à avoir l'habitude de l'effet que je fais aux gens, à leurs regards gênés. Je peux presque deviner leur envie de se tirer immédiatement, d'être ailleurs, comme s'ils étaient contraints de demander leur chemin au monstre de Frankenstein. Mais même si ça m'égratigne légèrement l'ego, j'ai appris à ne pas m'en formaliser. Au bout d'un moment, on prend le pli.  

Voici donc un confrère enseignant qui se présente à moi. C'est bien le premier d'ailleurs. L'année scolaire étant déjà entamée, l'administration ne s'était pas donnée la peine de m'introniser auprès du personnel. Je ne vais pas m'en plaindre, j'ai toujours eut une sainte horreur des cérémonies et du décorum, en particulier lorsque j'en suis le centre d'attention. C'est aussi pour cela que je ne tiens pas rigueur à cet homme de ne pas me tendre une main chaleureuse et de garder ses distances, car je pressent un point commun : nous sommes deux troglodytes forcés de se rencontrer par les circonstances. Et je peux respecter ça. Même si les quelques secondes qu'il met à se présenter me paraissent durer une éternité.

Mais revenons à nos lapins.

Greg Ogramann. J'ai effectivement vu son nom une ou deux fois sur les plannings placardés en salle des professeurs. Il enseigne... la maîtrise des pouvoirs, si je ne m'abuse. Intéressant. Je fais tourner son nom dans ma tête, comme certains font tourner un vin en bouche pour en annalyser toute la saveur. Ogramann... ça a l'arôme de l'Allemand, ça, bien que l'intonation dudit personnage ne semble receler aucun accent, ne trahir aucune origine. Mais pas de conclusion hâtive ! De l'eau a coulé sous les ponts depuis 39-45. Alors tâchons de ne pas laisser le passé parasiter le présent.

Un présent qui ne m'est d'ailleurs pas très agréable, je dois bien le reconnaître. Car s'il y a bien une chose que je déteste, c'est qu'on tourne autour du pot comme un parent cherchant à faire avouer un gosse qui a encore du chocolat plein les mains. Ça me met les nerfs en pelote. Mais gare, encore une fois, à ne pas céder à l'emportement. Il ne m'a témoigné aucune hostilité, alors je n'ai aucune raison de me montrer agressif. Que faire ?

Je pourrais nier en bloc, en lui assurant que je ne vois pas du tout de quoi il parlait.
Je pourrais lui rentrer dedans en lui affirmant qu'il me fait perdre mon temps, et que s'il n'est pas disposé à parler clairement, il ferait mieux de me foutre la paix.
Je pourrais lui couper l'herbe sous le pied en lui disant que je me contrefiche de ce qu'on raconte sur moi.
Ou les trois à la fois, ce qui serait le plus représentatif (en tout cas, le plus défoulant).

Ou alors... oui, autant emprunter la voie du calme, de temps à autres. Je hausse, moi aussi, un sourcil, puis répond à la question passive-agressive du ton le plus neutre que je puisse produire, teinté d'une pointe de nostalgie.

"Vous êtes venu vérifier par vous-même si ce qu'on raconte sur le terrible Sherman D.Fury, le professeur sadique qui torture ses élèves, est vrai, c'est ça ?"

Répondre à une question par une autre question. En général, ça énerve le tout venant. Je ferme un instant les paupières, croise les bras sur ma large poitrine, et lâche un soupir qui fêlerait une plaque de blindage avant de poser mon livre sur l'un des gradins que nous jouxtons. Toutes ces histoires à mon sujet me désolent. Mon ton reste calme, posé, serein comme la montagne qui regarde le jour se lever.

"Navré de vous décevoir, mais la torture ne fait pas partie de mes hobbies. Je veux bien reconnaître que mes méthodes sont... musclées, mais je vous assure qu'elles n'ont pour seul objectif que le bien-être à long terme des élèves, même s'ils ne le savent pas encore. Si vous avez des questions ou des remarques, je vous en prie, énoncez-les franchement. Je ne vais pas vous bouffer, et tortiller du cul pour chier droit, ça m'insupporte, en particulier quant j'ai un cours à donner dans les minutes qui suivent."
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 2:22
Contre toute attente, un sourire amusé vint déchirer sa façade de gêne. Oui, ça l'amusait clairement de voir quelqu'un retourner contre lui sa question et surtout "ne pas tortiller du cul pour chier droit". Dans ce monde où la hiérarchie et la fausse politesse régnaient, il trouvait rafraichissant de savoir que d'autres que lui aimaient encore ruer dans les brancards et dire tout haut ce qu'ils étaient censés penser tout bas.

- Exact. Et saluer mon confrère de sadisme. Je me sentais tellement seul. Coucou collégue.

De sa main toujours libre, il vint effleurer sa tempe en une caricature de salut militaire avant de la renfoncer dans son autre poche. Son sourire s'atténua jusqu'à presque s'évanouir. Bon. Au moins, ce n'était pas un dangereux sadique en quête de larmes d'élèves à déguster. Il lui manquait cette lueur presque imperceptible dans l'oeil que Luna - exemple tout à fait au hasard, hein ? - ne pouvait retenir dans les moments où la personne en face essayait de percer sa carapace de gentillesse candide. C'était déjà pas mal, vu les méthodes de recrutement pour le moins légéres au sein de l'établissement.

Donc donc donc. Des méthodes musclées. Même si quelque part en lui ça lui répétait que bordel de merde c'était des lycéens tout ce qu'ils devaient apprendre en ces années d'adolescence c'était de ne pas trop se tirer sur le spaghetti sous peine de l'allonger de façon ridicule - toujours cet élève slime... - il ne pouvait pas décemment lui reprocher ça. Venant du professeur qui avait balancé durant son tout premier cours "Si vous étiez aux mains d'ennemis mademoiselle, vous seriez déjà morte. Après probablement une très longue agonie. Ce serait une juste récompense pour votre incroyable stupidité", c'aurait été totalement hypocrite. S'il avait accepté ce poste, c'était dans l'espoir d'empêcher ces gamins de retomber dans les mêmes travers que leurs ainés. Visiblement, il n'était pas le seul à avoir cet objectif. Cette découverte l'emplissait à la fois de surprise et d'un peu de soulagement.

Bref, plutôt une bonne surprise finalement que Fury. Certes, ses enseignements étaient trop difficiles voire dangereux, mais ce n'était pas pas pur plaisir. Qui plus est, il avait l'air buté mais dans le bon sens du terme : entêté, pas borné. S'il ne se trompait pas, tous deux pourraient discuter. Aussi y'alla-t-il franco cette fois-ci.

- Je peux comprendre l'intérêt des "méthodes musclées" mais j'ai un doute quant votre décision de mettre la barre aussi haut dès le début de l'année. Ce sont des adolescents, pas des cadets. Pas la même motivation, pas le même entrainement préalable. Et puis j'avoue en avoir assez de devoir éponger à la serpillère les larmes et la sueur de mes élèves après vos cours. Ca prend du temps et je me sens presque obligé de vous concurrencer.

D'abord pince-sans-rire, il laissa la commissure de ses lèvres se relever légérement et éclairer son visage d'un demi-sourire ironique. Bien sûr que non, il ne se sentait pas obligé d'en faire plus - enfin, pas plus obligé que d'habitude. C'était surtout contre-productif quant aux autres enseignements. Il releva les yeux et intercepta son regard - il pouvait bien se le permettre, après tout c'était de lui-même dont il était en train de se moquer donc un éclat de rire nerveux serait justifié s'il s'échappait. Le contact fut bref, déstabilisant. Yeux revolver. Implacables. Un regard de bombardier, contemplant le monde avec un mélange de regret, de colère et de détachement. Perturbant, vraiment. Son sourire se mua en grimace légère avant de s'évanouir. Greg laissa ses yeux glisser sur son visage et se refixer sur l'arête de son nez. Bien plus facile pour discuter.

Après avoir vu ces yeux, il n'était plus certain que l'humour soit la meilleure des façons de communiquer aussi revint-il à l'essentiel sans plus digresser.

- Je ne suis pas le seul parmi le personnel à m'inquiéter, mais je suis probablement le seul à vouloir faire l'effort de comprendre et discuter. Du coup, convainquez-moi et laissez-moi répandre la bonne parole auprès de nos collègues. Ca pourrait éviter de futures anicroches, tout le monde en sortirait gagnant. Après tout, l’art suprême de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combattre, non ? conclut-il en pointant du menton le livre que le professeur lisait avant son arrivée. Sun Tzu. Pas un mauvais choix de lecture bien qu'un peu surprenant a priori de la part de quelqu'un qui avait plus l'apparence d'une machine de guerre toute en force que d'un stratége au cerveau agile. Décidément, cet homme était bien plus que ce qu'il paraissait de prime abord.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 13:46
Oh, il rit !

Enfin plutôt, il sourit. Un léger frémissement des zygomatiques, c'est tout ce qui lui faut. Il me salue grossièrement (sans pour autant se montrer grossier). Il n'en faut pas plus pour me rassurer : Ce n'est pas un curieux en mal de sensations fortes que j'ai devant moi, mais bien un professeur qui vient discuter d'homme à homme. Et curieusement, ça fait du bien de ne pas être pris pour une bête curieuse. Le dialogue s'amorce. Avec un peu de chance, on va pas dévaster l'école. La tension inconsciente que j'avais imprimé à mes muscles dorsaux se relâche, imperceptiblement. L'habitude, je le crains, quant un homme en manteau long avec un nom d'Outre-Rhin vient me questionner. Saloperie de jeunesse traumatisante !

Le dénommé Greg m'expose donc ses inquiétude quant à mes méthodes et l'état dans lequel il plongeait certains élèves, faisant écho à mes réflexions de tantôt. Il se permet même une pointe d'humour, en me regardant dans le blanc des yeux.

Avant de se détourner à nouveau devant mon regard qui doit être à peu près aussi engageante que celui d'un requin bouledogue qui se pointe au goûter d'anniversaire d'un banc de dorades. Je me rend compte un peu tard que, bien que je sois détendu intérieurement, j'ai gardé ma mine sévère, et l'efficacité laxative de mon regard n'étant plus à démontrer, je me doute de son malaise. Pourtant, sa blague m'a fait rire. L'auto-dérision, c'est le trait de l'esprit vif indispensable pour éviter la sclérose mentale, le terreau fertile des idées extrêmes. Je lui trouve désormais un capital sympathie non négligeable, à ce Greg.

Mais le rire n'a pas franchi la barrière de mes pensées. Bordel, que ça peut être pesant des fois, d'avoir une tête de tueur...

Heureusement, cet étrange personnage se reprend, et me confirme dans la foulée qu'il vient en paix (« en ami » serait peut-être un peu fort pour l'heure, mais qui sait, avec le temps...), ne demandant qu'à plaider ma cause auprès des sceptiques. D'instinct, je serai tenté de décliner sa proposition. Je n'ai pas spécialement besoin ni envie d'avoir bonne presse. Mais il me cite Sun Tzu, et mes dernières poches de résistances mentales se laissent convaincre d'ouvrir les portes à ce contact impromptu. Greg Ogramann me reconnaissait donc une personnalité et des sentiments. Il cherchait visiblement à établir un lien réel, pas seulement celui superficiel que sont forcés d'entretenir les collègues de boulot obligés de se côtoyer à leur corps défendant. Et ça, ça mérite que je lui laisse sa chance.

Je souris à mon tour. Pas de toutes mes dents, mais les traits de mon visage se décrispent, et la commissure de mes lèvres s'incline légèrement, tandis que je fait tout ce que je peux pour adoucir mon regard glacial. Il ne sera pas chaud et bienveillant, mais au moins... tiède ? C'est mieux que rien. Je hoche la tête, signe que j'ai compris et apprécié sa référence. Surtout qu'avec bon sens et doigté, il venait lui-même de gagner un combat en me faisant accepter sa proposition. Un homme intéressant, ce Greg...

"Ma foi... Si ça peut m'éviter de me faire lapider en place publique, ce sera toujours ça de pris."

Je décroise les bras, hausse les épaules. Un embryon de sourire vient même s'installer au coin de ma bouche.

"Et bien, si vous avez le temps, restez assister à mon cours. Vous m'honoreriez... Ah d'ailleurs, quant on parle du loup..."

Il nous parvient à travers les portes closes la clameur d'une classe d'élèves en approche. Un coup d'oeil rapide à ma montre m'indique qu'il est effectivement l'heure de repartir au combat. J'ouvre les battants d'une poussée puissante, et embrasse du regard la petite vingtaine d'ados qui se figent à ma vue, comme frappés par le regard de Méduse en personne. Ils sont tous en uniforme, emmitouflés dans leurs polaires.

"Direction les vestiaires, les louloutes ! Tout le monde en tenue, on se retrouve ici dans cinq minutes. Allez, au trot !"

Peut-être un peu trop martiale comme entrée en matière... Qu'importe, c'est efficace. De mon pouce levé par dessus mon épaule, je leur indique la direction, et tout ce petit monde se ne se fait pas prier. Les pauvrets ont l'air terrifiés. Je fais quelques pas à l'extérieur, prenant une bouffée d'air glacé avant de me retourner vers mon « collègue ». Je ne peux résister à répondre à sa citation par une autre.

"Si le général est généreux, mais incapable de diriger, bienveillant, mais incapable de rétablir l’ordre, ses soldats, tels des enfants gâtés, seront inutiles... Comprenez moi bien, je n'ai pas pour objectif de transformer les élèves en armée. Mais je voudrais qu'ils soient capable d'agir comme tel si les circonstances les y forcent. Parce que vous savez comme moi qu'ils seront confrontés à ça tôt ou tard. Nous vivons une époque troublée... l'histoire de l'humanité, en somme."

J'ai un petit sourire, comme de la résignation. J'extirpe un paquet de cigarettes de ma veste, et m'en allume une. J'en tend donc une à Greg, des fois qu'il se laisse tenter.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 16:09
Oh il sourit !

Enfin, il... il ne tirait plus la tronche, disons. La porte de prison n'était plus qu'une .. euh...Enfin... Disons juste que Greg avait l'impression que les yeux revolver avaient remis mis leur cran de sureté ? Ou qu'à défaut de le manger cru, Fury le mangerait cuit ? Choose your chelou métaphore.

Bref, l'atmosphère était en passe de se détendre. C'en était même surprenant. Ades excepté, Greg ne se souvenait pas d'une première rencontre entre collègue se passant aussi bien. Entre la succube tentant de le ridiculiser, le vampire lui proposant de payer en liquide son amitié et le farfadet extrêmo-écolo hurlant au boucher devant sa paire de gants en cuir bah... Finalement, c'était encore Sherman le plus diplomate. Le plus conciliant aussi. Plutôt marrant quand on voyait la réputation qu'il s'était gagnée en quelques jours à peine.

Assister à son cours ? Il acquiesça avec plaisir à sa proposition. Pas forcément pour que Sherman fasse ses preuves - il était relativement convaincu par leur discussion - mais par curiosité pure. L'homme avait l'air d'être un marine pur jus, du genre à chier des obus et pisser du napalm. Comment s'y prenait-il pour tenir plusieurs heures en compagnie de yokai si tendres que le lait (ou le sang selon l'espèce) maternel leur sortirait du nez si on le leur tordait ? Quant à éviter la lapidation en place publique, il ne garantissait rien. Le doppleganger n'avait pas assez d'influence pour tenir en respect tous ses collègues. Cela dit, il connaissaient des gens qui eux le pouvaient. Vika et Ades entre autres... Quelques mots glissés dans la bonne oreille peuvent tout changer, tout comme un petit caillou lancé du haut d'une montagne enneigée peut déclencher une avalanche si on vise bien.

Sous ses yeux, les élèves avancèrent par paquets. On aurait cru voir des troupeaux de zèbres, soudés en petits groupes dans l'espoir que le grand méchant lion se sente découragé par leur nombre. S'il avait bien jugé Sherman, c'est un vain espoir. Pas le genre à reculer, l'homme.. En tout cas, ils étaient tellement effrayés qu'ils ne virent même pas Greg, dans l'ombre du géant de fer. Tant mieux. Ca causerait moins dans le vestiaire. Tous les élèves n'avaient pas les mêmes cours et les mêmes relations avec lui ce qui donnait lieu à des débats de fou dans les cours de récré - et les vestiaires de sport.

Un dernier regard vers le vestiaire, il suivit Sherman. L'air froid lui fouetta le visage, l'obligeant à abriter son nez au creux de son coude le temps de s'habituer à la brulure du froid. Sherman ne broncha pas, lui. Il sortit même une clope. Il n'était pas humain ce type. Littéralement.

Sun Tzu, encore ? Décidément, Greg avait eu le nez creux en le citant. Quelque chose lui disait que c'était probablement ce qui avait fait pencher la balance en sa faveur dans la discussion. Ca confirme aussi ses soupçons : l'homme n'était pas un exécutant. C'était un chef, habitué au terrain et à gérer une équipe. La posture, le regard, les cicatrices, les paroles : tout en lui révélait le blasé de guerre, revenu physiquement du champ de bataille mais pas mentalement. Son esprit était resté là bas, sous les balles, les obus et le corps de ses camarares. C'était quelque chose que le doppelganger comprenait mais ne pouvait que difficilement expliquer. Il avait en tête quelques vétérans de guerre et en savait bien plus sur le sujet que son jeune âge ne le justifiait.

- Non merci, fit il faiblement en détournant son visage de lui. La cigarette tuait avec douleur et lenteur : il préférait éviter. La mort était une des rares choses qui lui était inconnue et il aimerait qu'elle le reste le plus longtemps possible.

Mais l'homme avait quelque chose de... il ne sait pas. Nostalgique ? Greg le sentit revenir dans ses pensées presque malgré lui. Il pourrait l'ignorer et parler des cours, des élèves. Peut-être même profiter de sa distraction pour forcer un peu son programme. Mais c'aurait été néfaste au long terme. Confiance rompue, confiance perdue. Mieux valait ne pas appuyer du doigt sur les faiblesses de l'homme. Et puis.. curiosité. Empathie. Le doppelganger était décidément trop humain pour son propre bien.

- Quelle guerre ?

Les mots lui échappèrent, s'envolèrent avec une bourrasque de vent. Il grimaça. Perdrait il un jour cette manie de lâcher des fragments de questions hors sujet ?

- Je veux dire : quelles guerres avez vous vécues ? Vous ne parlez pas de Fairy Tale. Vous avez vécu plus, ça se sent. Et puis, mentionner l'histoire de l'humanité... votre façon de faire, de parler... Golfe ? Kosovo ? Seconde ? ajoute-t-il après une seconde, songeant que cela expliquait peut-être sa froideur face à lui, petit Allemand venant lui demander des comptes.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 16:25
Mon comparse décline poliment mon offre de s'encrasser les poumons, ce que je comprend tout à fait. Je range donc le paquet, profitant seul de ma tueuse brasillante en lâchant un nuage de fumée blanchâtre qui vient se mêler en tourbillonnant à l'air glacé qui, même si je n'en laisse rien paraître, me glace jusqu'au trognon. La question (ou plutôt, la demie-question) de Greg me surprend. Je me retourne vers lui, un sourcil levé à peu près au niveau du sommet du Mont Blanc. L'épouvantail surgelé reformule le fond de sa pensée. Il s'intéresse à mon passé... Curieux, le bonhomme. Et la curiosité est un vilain défaut.

En temps normal. Car pour la plupart des individus, elle ne sert qu'à satisfaire un voyeurisme morbide. Or, je pressent chez cet homme un intérêt presque sincère. Il cherche à me comprendre, à me cerner, sûrement histoire d'avoir toutes les cartes en main avant de me coller une étiquette sur le front. C'est qu'il semble réfléchir, le bougre ! Ça fait du bien. Pour ne pas dire que... c'est rafraîchissant ! (*badum tss !* )

Il a véritablement le nez creux, en supposant la seconde guerre mondiale. Après tout, il doit être habitué aux êtres plus vieux qu'ils n'en ont l'air. Je laisse passer quelques instant, les yeux dans le magma blanc qui a pris la place du ciel bleu. Puis je répond, un rire dans la voix, le regard toujours perdu dans l'immensité opaque.

"Toutes celles là, en effet. En passant par la guerre de Corée, du Vietnam, les deux guerres de Tchétchénie, et plus récemment, l'Irak et l'Afghanistan. Sans compter les micro-conflits en Birmanie, au Cambodge, au Panama... aux côtés des Français, des Britanniques, des Russes même, quelques fois...  La liste est longue."

Je laisse mon esprit vagabonder quelques secondes dans les affres du passé sanglant et boueux qui est le mien. Puis comme on respire une goulée d'air en remontant de cinq minutes d'apnée, je remplit mes poumons et soupire un bon coup histoire de remettre les choses à leurs places. Une question me turlupine, si je puis m'exprimer ainsi.

"Il y a quelque chose que je n'arrive pas à comprendre... S'il y a bien une chose pour laquelle les humains sont doués, c'est la guerre. Alors pourquoi une organisation comme Fairy Tail prendrait-elle le risque de provoquer le rassemblement de tous les humains du monde sous la bannière d'une croisade anti-monstres ? De mémoire, le dernier qui a voulu prouver qu'il était d'une race supérieure, il s'en est mangé une belle... C'est d'une connerie à faire fondre un iceberg, non ?"
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 18:45
... Wow. Quelle liste. Et il avait vécu tout ça. Douche froide. Ca faisait donc cet effet là de s'asseoir à coté d'un wiki humain ? Posez moi une question, j'aurai la réponse. Demandez vous juste si vous êtes prêts à l'entendre.

Adossé au mur, Greg garda la tête basse, regard rivé sur ses pieds. Honteux malgré lui. Pas d'être allemand. Juste d'être humain. Ou pire, vivant. L'humanité n'avait pas le monopole de la cruauté et de la violence inutile, quoi qu'en disent les yokai et les amis des bêtes. Il pouvait s'en porter témoin. Nazi et résistant, révolté et mouton, civil et soldat, humain et yokai : sous leur drapeau, la même envie - non, le même besoin d'écraser l'autre. L'humanité (ou la yokaité) n'était qu'un vernis recouvrant l'épais noeud sombre et purulent de pulsion qui couvait au sein de chacun.

Parfois, il se demandait comment faisaient les gens normaux. Ils n'étaient qu'un. Pas de partition, pas d'autres, pas de Bête. Pas de d'excuse. Pas de fuite. Comment un soldat pouvait il serrer ses enfants dans ses bras en sentant encore sur ses doigts le poids de la détente de son arme ? Comment un boucher pouvait il apprécier l'odeur épais du sang dans son abattoir tout en portant contre son coeur la photo de sa femme ? Comment pouvaient ils supporter d'être attentionné et cruel, sensible et violent, saint et démon ? Humain ? Greg ne comprenait pas. Vraiment. Il se nourrissait des fragments d'autres en lui pour éviter ces paradoxes, se cachant derrière eux pour ne pas se fissurer en mille morceaux et même s'il détestait faire ça, il ne savait pas comment faire autrement. Finalement, peut-être n'était-il pas aussi humain que ce qu'il pensait...

La question lui fit légérement redresser la tête, réorientant le flot de ses pensées sans autant le stopper. Fairy Tale. Bien sûr. La dernière menace du jour. Ce contre quoi il fallait avertir les élèves. Mais cela servait-il vraiment à quelque chose, finalement ? surenchérit son coté pessimiste, prompt à s'emballer après cette digression nihiliste. Fairy Tale ou Monster In Black, n'est-ce pas la même chose ? Ou même, Comité ? Souviens toi qu'il y a dix ans, c'était lui qui était l'adversaire... Vika lui avait raconté ce qu'était le Comité de sécurité avant qu'elle en prenne la tête : une mafia glauque, régnant sur le lycée dans l'ombre et s'abattant sur tous ceux qui avaient le malheur d'attirer son attention - et ciblant en priorité les semi-humains tels que les sorciers. Alors Fairy Tale, vraiment... Ce n'était qu'une des têtes de l'hydre. Qu'ils la coupent et deux autres repousseraient.

Malgré lui, il haussa les épaules. L'énergie de ce jour à "frites à la cantine" semblait l'avoir fui subitement. Elle reviendrait. Il l'espérait. Il avait une nette tendance à passer du chaud au froid au gré de ses pensées. Les entre-deux le fuyaient. Il se redressa et se frictionna les bras dans l'espoir d'en chasser le froid qui semblait envahir son corps autant que son être, tout en cherchant que répondre. Sherman semblait être un peu sorti de sa coquille. Pouvait-il vraiment botter en touche à l'aide d'une banalité ? Un "oh, vous savez, ils sont juste cons ?" Est-ce que les cons, finalement, ce n'était pas eux ? Tout ceux qui voyaient les guerres se profiler mais ne pouvaient rien faire contre ? Cassandre, Cassandre, que vois tu du haut de ta tour ? Se battre servait il encore à quelque chose ? Il s'était bien enfui, lui...

Il commença sans vraiment avoir décidé de ce qu'il voulait lui dire, l'image de Vika la combattante encore en tête. Vika, le comité... Les mots se bousculèrent, pressés d'être prononcés, d'être entendus.

"Une amie proche a pour crédo : on est ce qu'on choisit d'être. C'est beau. Optimiste. Stupide.
"

Le mot résonna un peu trop fort dans le silence qui régnait entre eux. Greg lança un regard distrait en arriére, espérant et craignant à la fois que les élèves n'aient fini de se changer et reviennent. Il ne se souvenait pas avoir dit ça à haute voix auparavant. Que cette idée était stupide. Après tout, sans cette idée, il ne serait pas là aujourd'hui. Vika l'aurait achevé - et aurait toujours ses deux yeux. Est-ce que ce serait vraiment une mauvaise chose ? Le rythme ralentit, chaque mot tombant comme une goutte d'encre du bout de la plume d'acier d'un cancre. Chute. Eclate. Recouvre. Révèle. Sous la blancheur, l'obscure no man's land, le lieu où les idées s'affrontent et meurent.

"J'aimerais bien y croire. Vraiment. Mais... Finalement, tout ce que l'on peut choisir, c'est se décider à suivre ou non ce que l'on est. Et ce que l'on est, humain ou yokai, c'est la même chose. Un monstre. En quête d'excuse pour massacrer ce qui n'est pas nous."

C'était dur à dire, mais simple à admettre. Trop simple. Le ciel est bleu, l'eau est mouillé, le vivant est cruel. Une évidence toujours tue, mais qui devait être présente en chacun. Non ? Si ? Il cilla. Essaya de retrouver son équilibre. D'arrêter de glisser sur cette pente savonneuse avant d'en dire encore trop. Se raccrocha au sujet. A Fairy Tale. Ici et maintenant.

"Fairy Tale n'est pas plus intelligent que n'importe quelle organisation. Pas plus con non plus. Ils veulent un ennemi. Ils ont choisi les humains. Quoi qu'ils fassent, ils trouveront une excuse pour s'en prendre à eux. Trop faibles. Trop forts. Trop nombreux. Négligeables. Inutiles. Dangereux. Cruels. Trop tendres. Peu importe. Ils frapperont..."

Et dans ses mots, une note d'excuse. Au nom de tout ceux qui auraient pu empêcher ça. Ou participer à ça. Il ne savait pas. Peut-être aurait-il continué. Enfin, probablement. Mais ça il ne le saurait jamais parce que derrière eux, une porte retentit suivit de murmures véhéments. Elèves. La pensée s'arrêta là, net. Elèves. Retour au présent, à son rôle de professeur. Son visage se refit froid tandis qu'il se redressait, bras croisés, prêt à affronter la marmaille.

"Programme de l'heure ?"
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 19:13
Un changement s'est opéré dans l'atmosphère, autant qu'en mon estimé collègue, visiblement. Le temps retiens son souffle pendant que Greg me déballe ce qu'il a sur le cœur. Ça fait toujours cet effet là, quant on en vient à parler de guerre, de conflit... ça renvoie aux épreuves douloureuses, aux proches disparus, aux doutes, à nos propres réflexions sur la nature humaine (ou monstrueuse) et surtout, à notre propre impuissance face aux événements qui nous dépassent. Ça sape le moral aussi sûrement qu'un pain de C4 sur une poutre en bois.

Je le laisse aller jusqu'au bout de sa pensée, observant un silence respectueux en tirant sur ma cigarette. Je lui découvre un petit côté nihiliste que je n'aurais pas soupçonné au premier abord. Comme quoi, chez l'Allemand, on retrouve toujours une pointe de Nietzsche (ta mère !)... Sa réponse à mon interrogation concernant les anti-humains est un modèle de concision et de clarté, malgré sa liste d'exemples. Il aurait put résumer tout ça par « Ben... c'est des connards, comme n'importe quels autres connards de la même espèce ». Et peut-être n'a t'il pas tord. Aucun d'entre nous ne pouvais se targuer d'être au fait des projets de l'ennemi du moment, hélas. Rien n'est plus frustrant et inquiétant que d'être à la merci de l'attaque d'un adversaire dont on ne sait rien.

J'aimerai lui dire le fond de ma pensée. J'aimerai lui faire partager le peu de sagesse que m'a inculqué ma vie de misère et de mort. Lui dire que son amie est loin d'être stupide, et que bien au delà ce que nous sommes au fond de nous, humain ou monstre, ce sont nos choix qui définissent ce que nous somme. J'aimerai lui répondre que Fairy Tail n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan de l'histoire, et que comme tous les autres avant eux qui ont essayé de massacrer et éliminer entièrement un peuple pour leur seul profit, ils s'y casseront les dents. J'aimerai lui dire qu'au final, tout ce qui importe, c'est de vivre droit dans ses sandalettes, que la passion et les rêves sont comme le temps : rien ne peut les arrêter. Et qu'il en sera ainsi tant qu'il y aura des hommes prêts à donner un sens au mot « liberté ».

Mais je ne peux pas, car le présent se rappelle à nous : les élèves reviennent, s'entassant dans le gymnase par grappes de douze en grelottant sous la morsure du courant d'air qui se fraie un chemin par la porte grande ouverte, nous jetant des coups d'oeil inquiet. Je peux presque deviner leurs pensées. « Il ne va pas nous faire crapahuter dehors, quant même ? ». Les pauvres... J'aurais presque de la peine pour eux.

Presque.

Greg me demande alors le programme que j'ai mis en place. Il a raison, il y a plus important pour l'instant que de débattre : place à l'action. Je répond du tac au tac.

"Eh bien, pour cette première heure, ce sera l'échauffement de base, qui devrait me permettre de voir un peu de quel bois ils sont faits. Et ensui... mais qu'est-ce qu'ils foutent ?"

Je viens de remarquer que, même si les élèves ont tous finis de se changer, ils restent à cancaner à l'intérieur. Ils ont crus que je me payais une pause clope ? Je me tourne vers eux, et les apostrophe vivement.

"Debout les filles ! Fini la branlette, à vos chaussettes ! Tout le monde dehors, en rangs par quatre et plus vite que ça !"

J'en fais sursauter quelques uns. Les jeunots se regardent les uns les autres, dépités que leur supposition se soit révélée exacte. Ils se hâtent donc de sortir en grommelant. Je me frotte vigoureusement les mains, reportant mon attention sur Greg.

"Qu'est-ce que je disait, déjà ? Ah oui ! Ce ne sera que quelques échauffements pour commencer, une petite épreuve d'endurance... Pour ce qui est de la deuxième heure, et bien... "


Je me gratte la nuque en lâchant un soupir long comme un pont (ooooh elle est jolie celle-là !).

"Eh bien... depuis le début de la semaine, aucune classe n'a tenu assez longtemps pour me permettre d'arriver jusque là... "

Il faut quelques instants pour que les élèves se mettent en place, grelottant à qui mieux-mieux. Peut-être mon très estimé collègue aura t'il quelque chose à suggérer ou à demander ?
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 4 Jan - 19:25
Air froid devant les élèves en train de se rassembler. Uniformes couvrants, regards défiants, petits groupes ; l'ambiance se faisait de plus en plus glaciale. Se superposaient à sa vision d'autres groupes issus de ses mémoires fantômes, bien plus dépenaillés et maigres mais tout aussi méfiants. Ainsi que son ressenti d'élève. Dieu ce qu'il avait détesté les cours de sport, il s'en rappelait... Il déglutit, se tint encore plus droit, se barricadant contre toute sensiblerie. Foutue conversation. Ca remuait des choses. Comment étaient ils passés d'une prise de contact entre collègues au coté obscur du Journal d'Anne Frank ? Ca le dépassait.

Le langage le fit tiquer mais il n'en montra rien. En tant qu'élève, probablement qu'il se serait rebellé contre ce genre de réflexion machiste mais était il un cas particulier ? La classe maugréa mollement sans faire le moindre geste pour obéir ou se rebeller. A cet âge là, l'ado moyen est un mouton... Non, que disait il ? L'humain moyen est un mouton. L'ado moyen était juste trop policé pour hurler tout de suite et pas assez énergique pour s'auto-donner un coup de pied à l'arrière train.

Le doppleganger jeta un coup d'oeil à son collègue avant de lui faire signe de s'approcher de lui. Pour les élèves, il ne devait être là qu'en observateur, pas en juge. L'autorité de Sherman en serait amoindrie sinon - et il sentait que si celui-ci devait encore plus les cadrer, l'escalade des plaintes/cours trop durs allait s'accélerer.

Aussi commença-t-il à lui demander à mi-voix, de façon à ce qu'aucun élève ne les entende : "C'est quoi le but ? A part de les punir ? Parce que c'est exactement ce qu'ils pensent que c'est, eux. Une punition. Sans but, sans limite, sans raison. Ils ne savent pas ce qu'ils sont en train de faire."

Après leur discussion, Greg pensait savoir ce que c'était. Ou du moins, avoir un éventail réduit de réponse. Jauger de leurs forces, ou de leur comportement, ou créer un esprit de groupe en réponse à la dictature du grand méchant professeur. Sauf que ce qui aurait pu fonctionner au sein de l'armée était caduque ici. Les élèves n'avaient pas tous le même profil contrairement à des bleus. La majeure partie d'entre eux étaient là "parce qu'il faut finir ses études" et non pas dans un but de protection commun. Et pire encore, ce groupe n'était pas stable et n'était pas propice à la création d'un esprit de corps.

Sans rien rajouter, laissant à Sherman le soin de faire les liens tout seul, il commença à lui désigner certains de ses élèves.

- Sinon, elle, c'est une Anoiste, fit-il en pointant du doigt une grande perche qu'il avait déjà eu en cours, en train de nerveusement se tordre les mains sur le seuil du gymnase. Les regards désespérés qu'elle jetait à ses camarades râleurs étaient déchirants. Elémentaire de volcan. Plus d'une demie-heure à une température négative, et c'est le coma. Et lui là-bas - un petit malin en train de sauter sur place dans le but de montrer à quel point il était chaud chaud chaud - c'est un slime. Veut trop en faire. Cristallise au froid. Un choc, un puzzle. Préfére frimer que de s'arrêter. Juste devant, une anorexique. Tiendra pas. Pas la force. Va falloir la ramasser. Et là...

Il lui pointa du doigt deux ou trois autres élèves qu'ils connaissaient, soit directement, soit par oui-dire. Des élèves qui s'ils avaient été humains auraient pu courir une heure - avec beaucoup de difficultés - mais qui en l'occurence ne pouvaient pas ou ne devaient pas le faire. Le groupe était beaucoup moins homogène qu'un régiment de marines: toute taille, tout âge, toute espèce, tout état de santé. On ne pouvait pas attendre d'eux la même chose. Pas étonnant qu'il y ait autant de plaintes et de blessés à l'infirmerie.

- Et sinon vous vous rendez compte qu'il y un élève en train de glander là-bas ? ajouta-t-il, désignant du doigt un jeune incube paisiblement affalé sur un tas de matelas dans un coin, téléphone à la main, bien camouflé derrière son illusion d'inintêret. Solide charme d'ailleurs. Personne à part Greg n'aurait pu le percer sans être soi-même incube ou spécialiste des illusions. Probablement pas le premier élève à passer au travers des mailles du filet. Même maintenant que le professeur de sport savait qu'il était là, il aurait du mal à concentrer son attention sur lui.

Non, vraiment, à son avis, ce n'était pas les intentions de Sherman qui posaient problème. C'était le cadre. L'académie n'était pas l'armée - heureusement ! Greg avait vu ce que ça donnait quand on faisait d'un lycée un camp militaire, et il n'avait aucune envie de revivre l'expérience.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Lun 9 Jan - 16:53
J'écoute les explications plus que bienvenues du professeur Greg, qui m'attire à l'écart d'un air de conspirateur. « Son côté allemand, sans doute », me souffle mon côté cynique que je chasse illico d'une baffe mentale.

Ce qu'il me dit quant à la faiblesse de certains élèves, je le sais déjà. Tout comme je suis pleinement conscient que si on ne leur explique pas les tenants et les aboutissants, les lycéens ne peuvent tirer bénéfice de ce qu'on leur enseigne. Rien que de...

"Pardon ?!?!" Dis-je en suivant du regard l'endroit que me désigne mon comparse. Mon sang n'a fait qu'un tour en entendant le mot « glander ». Mon regard se pose sur la pile de matelas apparemment vide. Mais... vraiment ? Attends... Qu'est-ce qu'il vient de dire ? J'ai l'impression d'avoir perdu le fil d'une conversation importante. Il me faut quelques secondes pour retracer le cheminement mental que... Oooh, ça sent l'illusion par ici ! Mon œil droit arbore une douce teinte rouge tandis que je le braque sur la zone que mon très cher collègue me pointe. Le mètre laser remplit son office, et effectivement, il y a une anomalie dans les distances : ce que je vois comme étant le mur du fond se trouve à la même distance que les tapis moelleux. Du travail de pro ! Sans Ogramann, je m'y serai laissé prendre ! En me concentrant, je vois apparaître les contours d'un mignon incube qui se paye le luxe de téléphoner, bien au chaud, sans le moindre remord.

Crévain non de diou ! Tu vas voir, mon canard ! D'une démarche énergique, je me dirige vers le trublion, et l'attrape par le peau du cou, au beau milieu d'une conversation visiblement hilarante.

"Dis donc espèce de petit comique, t'aurais pas l'impression de te foutre de la gueule du monde, là ?"

Le charme se rompt, et le trouble-fête se rend en grinçant des dents. Je le pousse vigoureusement vers la sortie, où il se dépêche de rejoindre les rangs de ses camarades grelottants. J'en profite pour glisser subrepticement à l'oreille de Greg.

"Merci beaucoup ! Les illusions, c'est pas mon point fort... Faudrait songer à faire des cours en commun, à l'occasion."

J'en suis fort marri. Combien d'autres petits resquilleurs avaient put échapper à ma vigilance de la sorte ? Il me faudrait une longue discussion avec l'épouvantail pour comparer les dossiers, et me prémunir de telles déconvenues avant mes prochains cours. Mais nous verrons ça une autre fois.

Pour l'heure, je reviens sur un sujet plus sérieux. Après avoir sorti la feuille de classe et m'être assuré de la présence de tout le monde, je pose mon calepin et tire une ultime bouffée de cigarette avant d'écraser le mégot sur le macadam glacé. Les mains derrière le dos, la tête haute et l'oeil inquisiteur, je me plante devant la horde d'élèves qui fait silence comme un seul homme. Puis d'une voix claire et puissante, je leur adresse le petit speech que j'ai servi à leurs prédécesseurs.

"Bonjour à tous.

Je suis le Commandant d'escadrons Sherman Daniel Fury, et je serai votre professeur de sport cette année. C'est à moi qu'on a confié la tâche délicate de vous apprendre à vous servir de vos petits corps chétifs d'adolescents pour en faire des engins viables dans le monde réel. Si vous ressortez de chez moi les louloutes, si vous survivez à mon instruction, vous deviendrez le paroxysme de ce que la nature a fait de vous, et vous serez tellement tranquilles dans vos baskets que vous pourrez construire un monde où la guerre n'est plus qu'un lointain souvenir, ou un sport pour les plus cons dans le pire des cas. En attendant ce moment-là, vous êtes du vomi, vous êtes le niveau zéro de la vie sur Terre. Vous n'êtes même pas humains, bande de moustiques ! Les règles sont des plus simples : je commande, on s'exécute. On discute, on se rebelle, on fait mine de pas m'entendre, et là, c'est la boucherie, le festival de la corvée, et quant vous ressortirez de vos heures de colle, vous serez plus vieux que vos parents. Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?
"


Certains marmonnent un vague « ouais ouais ». Je réitère ma question, assez fort pour faire trembler les vitres. Cette fois, c'est un « oui monsieur ! » quasi collectif que je récolte. Voilà qui est mieux. J'enchaîne.

"Que les choses soient claires entre nous : je suis le plus doux des agneaux, votre meilleur pote si vous en avez besoin. Mais prenez-moi pour un con, et je deviens une vraie peau de vache, pire que Godzilla avec la gueule de bois. Je n'aime pas les punitions collectives, mais bordel de dieu, elles m'ont déjà servi à mater de vrais tueurs qui feraient passer un clan de lycans dopés à la pleine lune pour les caniches castrés de mémé. Alors si y'en a un qui se sent l'inspiration de me parler mal ou de faire l'idiot, je n'hésiterai pas une seconde à tous vous faire cavaler dans la boue jusqu'à ce que le fauteur de trouble se propose de faire l'esclave pour tout le monde jusqu'à Noël prochain. C'est bien noté, VanHielltrope ?"

Je braque mon regard sur le resquilleur attrapé plus tôt. Il hoche la tête, l'air mauvais. Je me doute bien qu'il me réserve un chien de sa chienne. Tant mieux !

"Ceci étant dit, je suis vache mais je suis réglo ! Aucun sectarisme racial ici. Je n'ai rien contre les sorçouzes, louloups, suceurs de sang ou feu-follets. Vous pourriez bien même être humain, je m'en contrecogne le coquillard avec une babouche. Ici vous n'êtes tous que des vraies bleusailles, et j'ai pour consigne de sculpter vos corps maigrichons tout en rentrant le concept de travail d'équipe dans vos têtes de pioche. Parce que c'est bien beau de pouvoir faire danser les chaises ou de se transformer en chauve souris, mais en dehors de ces murs, ça vous sera à peu près aussi utile qu'une bite sur un Pape. "

Je laisse planer quelques secondes, le temps que certains s'échangent des regards un peu hésitants, avant de reprendre avec un peu moins de décibels. J'ajoute un petit couplet que j'avais négligé jusque là. Peut-être la présence du sieur Ogramann me pousse t-elle à me montrer plus concilliant ?

"Le but du jeu, c'est de vous faire accéder à la parfaite fusion entre corps et esprit qui différencie les erreurs de la nature que vous êtes des machines à tuer qui tenteront de vous imposer leur loi par la force. Je ne veux pas vous casser en deux, contrairement à ce que vous avez pu entendre. Si vous avez un problème, venez m'en parler. Ne prenez pas ces cours pour une punition, mais comme un enseignement sur vous-mêmes. Explorez vos propres limites, apprenez à vous connaître, et vous en ressortirez grandis. Vu ?"

Ayant relativement compris le message, la cohorte acquiesce. J'ai un petit sourire qui dure une micro fraction de secondes. Puis je frappe dans mes grandes paluches et les frotte vigoureusement pour en chasser le froid qui s'y est infiltré.

"Allez, fini de glander ! On va pas rester là à attendre de se transformer en glaçons ! Demi-tour, droite ! On y va au pas de gymnastique !"

Le groupe s'ébroue, suivant tant bien que mal mes instructions. Ça manque de coordination tout ça, mais ça viendra. Je cours à côté d'eux, histoire de donner le rythme. Pas question de tirer au flanc ! Jamais je n'attendrai de mes élèves quelque chose que je suis moi-même incapable. J'en profite aussi pour calmer les ardeurs du Slime crâneur qui est parti comme une flèche.

"Pas la peine de sprinter, Jello ! À ce rythme, tu vas laisser tes poumons sur le bitume ! On suit la cadence ! Gauche -droite – gauche – droite - gau-auche ! Gauche -droite – gauche – droite- gauche !"
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Lun 9 Jan - 21:34
Sarah Connor ?

Ce coup-là, ce n'était pas un autre qui lui hurlait en tête. Juste une réplique de film. Sherman venait de... lancer un laser avec son oeil ? What... What the fuck ? Hein ? Il le regarda bondir sur l'élève, éberlué. Pas moins surpris que ceux des élèves qui avaient aperçu le point rouge se balader sur le mur, puis sur l'élève. Est-ce que c'était un hasard s'il avait fini par se planter sur son front, pile poil à l'emplacement du troisième oeil - ou là où un sniper ennemi aurait fait un carton ?

En tout cas, lorsque le professeur ramena par la peau du cou le petit malin et le jeta au milieu de ses camarades, ceux-ci firent un pas en arrière. Greg aussi d'ailleurs lorsqu'il se pencha sur lui - mais lui, c'était la proximité qui le gênait. En voilà un sur les rouleaux duquel il ne fallait pas baver.

Impression encore plus renforcée par le discours qu'il leur balança d'office - mais nuancée par le dernier morceau. Bien joué. Bras croisés, en arrière-plan, Greg observa l'hostilité explicite des élèves devenir peu à peu de la perplexité doublée de résignation. Pas de confiance là dedans, mais elle pourrait se construire petit à petit. Oh, quelques trublions allaient pousser jusqu'à voir où étaient les limites, d'autres râler parce que... parce que adolescents (Oui, c'est une raison à part entière) mais la majorité jouerait le jeu quelque temps, jusqu'à savoir c'était du lard ou du cochon ce discours. N'empêche que Greg en tant qu'élève aurait probablement détesté ce prof, se rendit-il compte. Un élève un peu délicat ou sensible pouvait facilement prendre ce ton brusque comme du mépris. Il faudrait veiller au grain.

La classe s'ébranla, accompagnée à sa grande surprise par Sherman en pleine forme. On ne pourrait pas l'accuser de ne pas mettre en exécution ses enseignements. Il tenait une de ces foulées ! Le doppleganger prit note de l'envoyer vers les clubs d'athlétisme ou de natation. Voire vers le dojo - mais il craignait que l'esprit de commandement de Sherman entre en confrontation avec le leadership de Vika, donc à voir.

Cela dit, comme il le pensait, il ne fallut que quelques tours pour qu'une élève s'arrête, sa foulée se réduisant petit à petit. L'élémentaire de volcan. Le froid se faisait bien trop intense pour elle. Greg essaya de capturer le regard de Sherman, en pure perte. Tant pis, se dit-il. S'il n'avait pas voulu qu'il agisse, il le lui aurait dit. S'approchant de l'élève, il lui enjoignit de retourner courir dans le gymnase, au chaud, sous sa surveillance. Celle-ci fut vite rejointe par deux autres élèves, amochés par une chute sur le sol gelé. Il s'était attendu à plus de blessés, s'aperçut-il - ou de refus de participer mais il fallait croire que l'énergie de Sherman était contagieuse. A moins que ce ne soit l'égo des élèves qui les pousse à refuser l'échec ? Bonne question. En tout cas, la course était lancée.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Lun 9 Jan - 23:55
Cela fait presque un quart d'heure que nous courons. Et déjà, un tri s'opère. Les quelques élèves précédemment indiqués par le professeur Greg ont effectivement préféré allé poursuivre l'exercice à l'intérieur et sous sa supervision, à cause de leur nature. Ils sont d'ailleurs vite rejoints par quelques autres, un autre slime, deux sorciers et une qui semble tout ce qu'il y a de plus humaine. Probablement une lycanthrope. Dans ma tête, les chiffres se forment, se suivent, s'assemblent en une représentation globale de la réalité. Endurance, limites, faiblesses et résistances selon la race... Pour l'instant, ma méthode fonctionne. Je m'adresse donc aux quelques coureurs restants.

"Continuez sur ce rythme. Et chantez, non de non ! On se croirait à un enterrement là ! Tijùan, tu donnes le rythme."

Le susnommé, un adolescent trapu et déjà poilu qui doit être un loup pure souche, se met à accompagner la cadence avec une ballade en espagnol. Je grimace. Que les paroles soient aussi gratinées que vulgaires, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. Non, je grogne car le rythme est bien trop lent. Mais ça fera l'affaire pour l'instant. Je les délaisse brièvement et me dirige au petit trot vers Greg et l'entrée du gymnase. Les élèves réfugiés ici sont à pied d'oeuvre, malgré leurs souffrance évidentes. Je fait un signe de tête à mon coéquipier du moment, signe que j'approuve et apprécie sa démarche. L'idée de cours communs fait doucement son chemin dans mon esprit. Pour l'heure, je fais résonner ma voix dans le gymnase.

"Tout ceux qui se sont arrêtés devront m'expliquer à la fin de l'heure pourquoi ils n'ont pas put tenir le rythme. Et pas la peine de me sortir des excuses bidon comme la fatigue ou le rab de frites qui passe pas. Je veux que vous vous regardiez en face. Toi, la grande... heu..." Je regarde sur mon papier le nom de l'élémentaire de volcan... ah, la voilà !" Ahinui ! Allonges ta foulée, respires bien. Encore un petit quart d'heure, et on change d'exercice."

Je m'en retourne vers ceux qui courent à l'extérieur, me réalignant à leur foulée qui, comme je m'y attendais, a ralentit. Je fais signe au poilu d'arrêter sa mélopée.

"C'est mou tout ça ! On dirait une famille de moules qui partent en ballade un dimanche après-midi ! Allez, chantez comme si votre vie en dépendait ! Et je vous préviens, j'entends tout, surtout ceux qui se taisent !"

Je commence à chanter sur l'air traditionnel des Marines qui courent. Devant le concert de souffles et de crachotages qui me répond, je ne peux m'empêcher de hausser la voix.

"J'entends rien !!! Montrez moi que vous en avez une paire !"

Je sais pertinemment qu'il y a des filles dans le lot, et je vois pertinemment qu'elle me lancent un regard chargé de reproches. Je te le dis, à toi cher lecteur, car tu as le droit de savoir : je ne suis pas sexiste, pas le moins du monde. J'ai fait la guerre aux côtés de femmes assez valeureuses pour mettre en PLS un régiment entier de Marsoins, alors la supériorité d'un genre sur l'autre, non, c'est pas mon crédo. Mais que cette pique a un double objectif : Titiller la virilité mal placée des mâles, et blinder le cœur des filles. Ce genre de remarques, elles en boufferont toute leur vie, et si elles n'apprennent pas très vite à s'en servir comme moteur de motivation, elles se feront bouffer toutes crues. Et je ne compte pas laisser ce douloureux apprentissage leur être dispensé par d'autres, par des gens qui n'auraient pas leur bien-être à cœur.



"Maman et -papa étaient dans -le -pieu ! (Maman et -papa étaient dans -le -pieu !)
Maman se retourne -et elle dit au vieux ! (Maman se retourne -et elle dit au vieux !)
Refait moi faire - (Refait moi faire -)
Refait moi faire - (Refait moi faire -)
D'la gym ! (D'la gym !)
D'la gym ! (D'la gym !)
Bon pour toi ! (Bon pour toi !)
Et bon pour moi ! (Et bon pour moi !)
Hmm bon ! (Hmm bon !)

Debout dès l'matin, jusque tard le soir ! (Debout dès l'matin, jusque tard le soir !)
On court sans arrêt, c'est ça not' devoir ! (On court sans arrêt, c'est ça not' devoir !)
Fairy Tail, c'est des fils de putes ! (Fairy Tail, c'est des fils de putes !)
Y z'ont le feu aux couilles, et la bite en rûte ! (Y z'ont le feu aux couilles, et la bite en rûte !)
Si jamais, ils se r'pointent chez nous ! (Si jamais, ils se r'pointent chez nous !)
On leur rendra coup pour coup ! (On leur rendra coup pour coup !)"


...
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mar 10 Jan - 0:04
Un marine terminator adepte de Sun Tzu : le chocolat
Un épouvantail empathe phobique du toucher : le champ de blé.
Des élèves adolescents à l'humour douteux en plus ? Et paf, des chocapics !

Les élèves rentraient peu à peu. La majeure partie courait. Quelques uns se servaient de leurs dons pour faire croire qu'ils couraient. Greg les laissa faire ; après tout, il était prof de maitrise des pouvoirs, pas de sport donc s'ils bossaient sa matière, il n'avait rien à dire.

Mais le noyau dur des coureurs dehors... Qui s'était mis à entonner une chanson en espagnol... Sherman ne devait pas comprendre la langue. Du moins pas parfaitement. Il n'aurait pas chanté ça d'aussi bon cœur sinon. Greg, lui, la comprenait parfaitement. D'autres élèves aussi. Faciles à reconnaitre : c'est ceux qui regardaient d'un oeil incrédule les coureurs - ou se essayaient tant bien que mal de se retenir de rire. Comme Greg.

Instructive, la chanson. Vraiment. Juste, à ne pas mettre à portée de toutes les oreilles malgré ses vertus éducatives. On y apprenait plein de mots. Des noms d'animaux déjà. Plein de synonymes plus ou moins imagés pour les parties du corps. Et aussi, bien sûr, le fait que le hérisson, lui, contrairement aux autres, ne se faisait jamais mettre. Important ça. Il n'avait pas mal au cul comme l'éléphante ou besoin de scotch comme le hamster, non. Juste jamais mettre. Tellement important que c'était scandé à la fin de chaque couplet.

ET Sherman, sérieux comme un pape - ou comme la bite d'un pape, pour faire une métaphore filée chelou - en train de beugler ça entre deux invectives à aller plus vite... Seigneur..

Lorsque le groupe revint vers le gymnase, Greg essaya de se contenir. Et y arriva presque, même s'il dut se tourner vers le mur sous le regard acier de son collègue. Allez, Greg, sois sérieux. Pour les élèves. Pour toi. T'es prof, merde. Montre l'exemple. La connerie est finie. Retour au sérieux.

Sauf que non. L'hymne militaire résonna sous le toit, savamment déformé par Sherman et beuglé avec une joie limite hormonale par des adolescents gonflés à la colère, au fou-rire ou à au plaisir pervers de beugler des insanités en plein cours. Fou rire qui reprit. Et qui s'amplifit lorsque l'incube du dernier rang joua de ses illusions, donnant visiblement des aperçus dénudés de ses camarades à d'autres élèves choisis au pif. Puis qu'un kinesiste quelconque fit virevolter une bouteille dans le dos du prof, lui faisant mimer les coups de butoir suggérés avec la délicatesse d'une chaine de tronçonneuse imbibée d'harissa.

Okay. KO technique. Greg s'éclipsa dans le couloir tout proche et tourna un coude avant de totalement lâcher prise et de se laisser aller à son fou-rire. Il se laissa glisser le long du mur jusqu'à finir à terre et essaya de se calmer, hoquetant désespérément à la recherche de son souffle.

Ce cours... mais ce cours, sérieusement !
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 11 Jan - 4:19
Je dois l'admettre, l'enthousiasme des jeunes me met du baume au cœur. Je crois naïvement avoir réussi à les mettre au boulot. Mais tandis que je repasse pour la énième fois devant le gymnase, la soudaine disparition de Greg me met le pou à l'oreille (depuis quant une puce ça cause plus qu'un pou?!?). Effectivement, je déchante rapidement. Un bref coup d'oeil me suffit pour me rendre compte que le bruit des pas à l'intérieur du gymnase est largement insuffisant compte tenu du nombre de silhouettes que je vois s'agiter. Et la cohorte de rire dans mon dos me laisse à penser que la déconnade prend des proportions incontrôlées. Une vitre de périscope apparaît brièvement sur l'arrière de mon crâne, le temps d'une demie seconde. Entre la bouteille qui vole de façon suggestive un peu trop près de mon arrière train et les mines rougissantes et hilares de certains, je comprend rapidement que les élèves s'en donnent à cœur joie dans mon dos.

Ah mes cocos... vous voulez jouer à ça ? Très bien. J'accélère la cadence. Pas énormément, juste assez pour qu'ils sentent la différence.

"Allez les filles ! Plus qu'un quart d'heure ! J'espère que vous en avez encore sous le pied !"

"J'adore courir avec monsieur Fury !
Il chante comme un pied, et il sent l'moisi !
On profite de la situation !
On rigole, et on fait les cons !
Mais le vieux, il est rancunier !
Il va nous le faire regretter !
"


Un quart d'heure plus tard, comme je l'escomptais, la fiesta s'est muée en débâcle totale. C'est bien beau d'user de ses pouvoirs, mais courir presque à fond de train et chanter en même, ça commence à tirer, hein ? C'est la faille du printemps de la jeunesse, leur plus grande force et leur plus grande faiblesse : ils ne savent pas ménager leurs efforts. Ils foncent, ils donnent tout ce qu'ils ont, sans penser à tenir la distance. Mais ils s'en foutent, pas vrai ? Demain, ils seront frais comme des gardons ! Dans quelques heures même, pour les plus robustes. Ah, la jeunesse...

Un micro sourire, mi-gausserie mi-lassitude (et re mi-gausserie derrière) naît sur mes lèvres tandis que je contemple la déconfiture générale qu'ils se sont eux-même causés. Je n'ai plus devant moi que des mines lessivées, des ados épuisés et à bout de souffle, dont certains rampent même devant la porte du gymnase. Je regarde droit dans les yeux les resquilleurs, ceux qui ont crus pouvoir me feinter avec leurs illusions de débutants. Le calme semble être revenu.

"Voilà ce qui se passe quant on me prend pour une truite, les louloutes. C'est pas faute de vous avoir prévenu..."

Merde ! L'incube miniature ! Où est-il encore passé ! Je l'ai lâché du regard... Il était là... qui était là ? Je secoue la tête. Putains d'illusions ! Je balaye l'assistance à grands coups de mètre laser, et je repère le lascar, en train de s'éclipser ni vu ni connu je t'en...brouille, direction les vestiaires.

"VanHielltrope ! Je t'ai vu ! C'est même plus de l'audace à ce niveau là, c'est du suicide !"

D'un bon preste, je suis sur lui et le ramène dehors manu militari. Ça commence à bien faire cette fois, et je le fais savoir à l'aide de mes cordes vocales surdévellopées, m'adressant autant aux éclopés de l'extérieur qu'aux glandeurs de l'intérieur.

"S'il y a bien un truc que je ne supporte pas, c'est les tire-au-flanc !!! C'est officiel, vous m'avez foutus les nerfs. Allez, tout le monde en ligne ! Les frileux restent dedans, les rigolos dehors ! Et on me fait 10 pompes ! Vous remercierez votre cher camarade pour ça. Vous voulez jouer aux cons, vous êtes tombés sur un troisième dan !"

Je les regarde s'exécuter, ne perdant rien de leurs faits et gestes. Les illusionnistes, je les compte mentalement, je les mesure même ! Certains tenteront, probablement. Mais il me suffit d'un regard pour en décourager deux. Je commence à en avoir doucement plein le haricot, et ça se sent.

Je n'en suis pas fier. Mais j'estime que c'est un juste retour des choses. Une leçon capitale. Quant on pense qu'à sa gueule, y'a rien de pire que de se faire jeter en pâture à la vindicte populaire, à la merci de ceux qu'on a floué. D'aucun diraient que c'est barbare. Je leur répondrait bien que primo, j'en ai rien à carrer, et que deuxio, c'est pas des lycéens qui vont pendre leur petit camarade à la lanterne pour une série de pompes. Même en France, ils sont pas aussi violents, les mômes, alors faut pas abuser non plus...

Bon, j'admets, j'ai de la peine pour les pauvrets qui n'ont rien fait. Les dommages collatéraux, en somme. L'élémentaire de volcan, et le slime, par exemple, qui galèrent deux fois plus que les autres. Mais c'est ainsi. La vie est injuste. Et quant elle t'envoie l'addition sur le coin de la mouille, il vaut mieux savoir mettre son ego dans sa poche, carrer les épaules, et se dépasser. Derrière ma mine impassible, je leur adresse un imperceptible hochement de tête. Ces deux là, ils ne se plaignent pas, ils mouillent le maillot. Je prend mentalement note...

"Putain j'en ai trop marre !"

Je sursaute comme si je venais de me prendre un coup de taser dans les burnes.

"Qui a dit ça ?"

Derrière moi, un jeune au teint pâle comme une endive se relève, accompagné de quelques autres. Un genre de beau brun ténébreux pour fillettes de 14ans, les cheveux en bataille mais jamais décoiffé, le regard arrogant. Pas besoin d'être Sherlock Holmes pour voir que c'est un vampire.

"C'est moi !"



Il a des tripes, je le reconnais. Je met quelques secondes à l'identifier : Pietr Von Bathory, celui que ses camarades surnomment « Edward »... Et que les autres surnomment "La boule disco", car il brille au soleil. Le menton haut, la mine fière, et cette façon de vous signifier juste avec les yeux que vous valez moins qu'une chiure de blatte... je déduis rapidement que c'est un vampire de pure souche, le genre aristocrate qui pense que tout lui est dût. Deux de ses acolytes l'encadrent comme deux bons toutous, de grands gaillards au regard vide, taillés comme des armoires normandes et, du peu que j'ai observé, dotés du même Q.I. Les autres ? Ça doit être la bande à Bader, les pieds Nickelés sans les poils, le festival du fanboy. Si j'avais prêté plus attention aux bruits de couloirs, j'aurai sut que ce gosse était le chiard d'une lignée de vampires vieille comme mes robes, et surtout, le genre petit chefaillon qui dirige ses ouaille pour former une bande d'emmerdeurs craints d'à peu près tous les élèves.

Mais je ne le sais pas. Et d'ailleurs, même si je l'avait sut, ça n'aurait rien changé.

Tout le monde s'est figé. On entendrait une mouche lâcher une caisse. Impassible, je fiche mon regard dans le sien, et il le soutient sans sourciller, ou peu s'en faut. Il doit prendre mon silence pour un signe de reddition devant sa majesté, parce qu'il ne se démonte pas, le bougre. Sa voix... Oh mon dieu, sa voix insupportable ! Mais comment il a fait pour arriver à cet âge là sans se faire claquer le beignet jusqu'à être obligé de manger avec une paille ?

"Je perds mon temps ici. Les vampires sont au top de leur forme en permanence. Nous, on peut courir dix fois plus vite que ça toute la nuit, et sans se fatiguer. On est le sommet de la chaîne alimentaire, alors ces conneries, ça ne sert à rien. C'est bon pour la piétaille... ou pire, les humains. D'ailleurs, pour ce qu'on en sait, vous pourriez bien en être un... En tout cas, c'est ce que mon oncle a supposé. Il vous a senti lundi dernier en m'amenant."

Ses deux gugusses rient avec l'air intelligent du caporal qui a trouvé un parchemin porno au fond de son sac, accompagnés par quelques autres dont je note immédiatement les noms et visages dans un coin de mon esprit : mon Livre des Rancunes, en moins sympa. J'entends quelques murmures parmi les élèves. Ce guignol a réussi à jeter le doute. Qu'on me discrédite, très honnêtement, je m'en bât les cacahuètes modèle géant, surtout qu'il y a du vrai dans ce qu'il dit. Mais là, je sens venir le fumet de l'autodafé, et ça me plaît moyen.

"Ce serait le comble de l'infamie, un sac à viande, professeur !" La façon dont il accentue ses mots comme s'il allait les vomir, ça ferait faire Seppuku à William Shaekspaere tant c'est surjoué. "Je l'ai toujours dit : ces rebuts de la création sont une plaie, des nuisibles qui nous pourrissent la vie. Et le PIRE, c'est qu'il y a des sous-races qui ont de ce sang abjecte dans les veines. C'est répugnant."

Les semi-humains baissent les yeux, ou serrent les dents sous les regards goguenards de quelques vampires, ou d'autres créatures plus magiques qu'eux. C'est dingue. Vraiment. Et flippant, un peu. Je reste impassible. Mais mon œil droit vrille légèrement. Ce genre de discours... Un frisson me parcourt l'échine. J'adresse un léger levé de sourcil à Greg, l'air de dire « Mais c'est quoi ce gosse ? J'y met un taquet ou pas ? »

"Vous êtes pathétiques, m'sieur. Vous pouvez bosser tant que vous voulez, vous n'atteindrez jamais notre puissance. Ni vous, ni ce ramassis de déchets. Je vaux mieux que toutes vos conneries. "

Okay, là, il vient de franchir la ligne jaune. Je m'approche de lui, calmement. Ma voix est aussi posée qu'un lac un soir d'hiver. Et tout aussi glaciale. D'ailleurs, les glaçons se sont arrêtés de tomber eux aussi, craignant sans doute de s'en prendre une par ricochet. Parce que le face à face qui se joue va bientôt entrer dans la légende du bahut, j'en ait la certitude. Du coin de l'oeil, je vois des visages se coller aux fenêtre des bâtiments voisins pour observer ce remue-ménage. Et merde. Ça va pas améliorer ma cote de popularité, vu ce que je m'apprête à lui mettre à ce petit merdeux.

Mais encore une fois : rien à foutre, je donne une leçon.

"Donc, tu estime valoir plus que les humains, c'est ça ?"

"Ouais."

"Et même plus que tes camarades qui ne sont pas des vampires pur jus, c'est ça ?"

"Ouais."

"Et donc, mathématiquement, plus que moi, c'est ça ?"

"Ouais. Vous êtes moins bête que vous en avez l'air... "


Il n'est qu'à une longueur de ses frêles bras de moi, tandis qu'abasourdi par tant de connerie, je prend un instant pour lever les yeux en me grattant le menton, faisant fi de l'hilarité malsaine de certains élèves. J'ai beau m'acharner, je ne trouve pas de solution pacifique. J'en vois juste des moins violentes que d'autres. Je suis en pétard, mais à un point que vous n'imaginez même pas, les cocos.

Ce qui d'ailleurs me donne une idée. Je sais maîtriser ma colère, m'en nourrir, mais jamais la laisser prendre le dessus. Et lui ? Je déboutonne ma veste, la laisse choir au sol dans un bruit mat. Je tire sur mon pull avec mes doigts pour dégager un large espace de chair sur ma carotide et ma clavicule.

"Alors prouve-le. Mords-moi."

Il éclate de rire, et ses collègues aussi.

"Attention, je pourrais vous tuer. Vous voulez que je vous saigne comme un porc ? Comme un humain peut-être ?"

Je m'en doutais. Ils n'ont pas le nez fin dans sa famille. Certains vampires, bien entraînés, sont capables de voir à travers la chair, de ressentir le fluide vitale d'un être humain comme si ses vaisseaux sanguins se lisaient en filigrane fluo. Mais lui, il en est incapable. Comment je le sais ? Parce que si c'était le cas, il verrait que mon derme se renforce, change de texture, chassant les tuyaux pour ne laisser place qu'à de l'acier. Sous la peau.

"L'humain en question, il va te botter le cul jusqu'à ce qu'une boîte à sardine te suffise comme cercueil."

Ooooooh la douche froide. D'un coup, les rieurs se la bouclent bien fort. La situation dégénère. Une expression de défi et de rage envahit le regard de la gueule d'endive. Il retrousse les babines, arborant une rangée de crocs acérés, apanage de son héritage. On y est presque...

"Alors portes tes couilles de mort-né, si tu en as. Mords moi. Mais un petit conseil : Réfléchis bien à ce que tu vas faire. Tu n'auras pas de deuxième chance."

Rien qu'au rictus de haine, plus animal qu'autre chose, qu'il me lance, je sais déjà ce qu'il va se passer. J'ai à peine fini ma phrase qu'il se jette à mon cou et y enfonce ses canines. Des filles crient. Tout le monde est sous le choc.

Encore plus quant le vampire pour noces et banquets retombe par terre, se tenant la bouche dans un grand râle de ce qui ressemble fortement à de la douleur. Il crache. L'un de ses précieux chicots tinte sur le sol, sous les exclamations stupéfaite de l'assemblée. Je relâche la tension imprimé au col de mon pull, me fait craquer le nuque. Je n'en ait pas fini avec lui. Maintenant le contrôle sur la température polaire que distille ma voix, je marche sur lui comme Rome sur le monde occidental.

"Ben alors Draculito, t'as encore tes dents de lait ? Tu penses toujours valoir mieux que tout le monde ?"

C'est dit sans joie, sans satisfaction, sans émotion. Juste une froide détermination, teintée de déception.

Et là, mes amis, j'explose. J'attrape l'oreille du vampire, qui couine comme un bébé, et lui vocifère à la face, avec toute la force d'un barrage d'artillerie. Je sais qu'on doit m'entendre dans tout le bahut, peut-être même jusqu'aux limites de la barrière.

"Espèce de larve putréfiante, ces gamins là en valent mille comme toi !!! Dans quel monde tu vis, espèce de petit merdeux ?!?Tu te prétends supérieur aux humains, mais tu penses comme les plus abjects d'entre eux !!! Tu sais comment on appelle les enfoirés qui prétendent être d'une race supérieur et avoir le droit de tuer pour ça ? Des Nazis !!! Des putains de saloperies de chiures d'enculés de foutus Nazis de merde !!! Qu'importe l'uniforme, cuir noir ou chemise d'écolier, je sais reconnaître les graines de ces saloperies quant elles se plantent dans un cerveau atrophié !!! Ton discours pue autant que le leur !!! Alors sors de ta connerie sacré de bon Dieu, sinon moi je te dévisse la tête et je te chie dans le cou !!!!!"

Je le relâche sans ménagement sur le sol froid, et lui tourne ostensiblement le dos. Mon poing droit se contracte si violemment que j'en ait les jointures blanches. Je souffle, réprime un tremblement, et m'allume une cigarette, par inadvertance. J'ai besoin de me calmer les nerfs. Mais tandis que je rouvre l'oeil, je vois les petiots, médusés, terrifiés pour certains. Je m'adresse à eux cette fois. Calmement. Mais avec une dureté lisse et nette comme une dalle de béton qui glisse dans une flaque.

"Que les choses soient claires... Dans mon cours, il n'y a pas de races, encore moins de sous-races. Même si vous êtes biologiquement différents, à mes yeux, vous êtes tous des élèves, et à ce titre, tous égaux.  Un Slime qui soulève vingt kilos sera aussi bien noté qu'un Lycan qui soulève deux tonnes, vu ? Ce ne sont pas vos aptitudes qui montrent ce que vous êtes... ce sont ce que vous décidez d'en faire."

Curieusement, ça fait son petit effet... Mon regard se reporte sur les complices de la diva qui geint encore par terre et qui, à en juger par leur tronche, viennent de faire dans leur froc. Une petite demie douzaine. Vampires pour la plupart. Je désigne l'un des deux gorilles qui tirent des tronches d'ahuris d'un index autoritaire.

"Toi là, tes parents ont eut des enfants viables ?"

Il met quelques secondes à démêler le sens de mes paroles, et répond en bredouillant.

"Heu... oui m'sieur..."

"Ils doivent s'en mordre les doigts, les pauvres. T'es si tocard que tu passerait pour un chef d'œuvre de l'art moderne. C'est quoi ton nom, gros poussin ?"

"Heu... Ramanga, m'sieur..."

"Et bien Ramanga, tu veux faire carrière en tant que plante en pot ? Prends tes copines sous le bras, et amenez la pleureuse à l'infirmerie avant qu'il se casse d'autres chicots à force d'embrasser le goudron. Fissa !"


Dire qu'ils s'empressent d'obéir serait un euphémisme. Ils se trouvent des ressources insoupçonnées, quant ils veulent. Il faut croire que mieux que Reb Dull (pas de pub), la peur donne des ailes. Bast ! Un problème de réglé. Je ramasse ma veste, frappe mes grosses paluches l'une contre l'autre, et reporte mon attention sur le reste de la classe. Le cours n'est pas fini, et il devient urgent de débriefer sur ce qu'il vient de se passer.

"Tout le monde à l'intérieur ! On s'étire bien correctement, histoire de pas se chopper des crampes ! Allez on suit ! Une... deux... Tranquillement... accompagnez bien le mouvement..."
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 11 Jan - 15:30
Reniflant, Greg finit par revenir dans le gymnase. Il en avait mal aux côtes. Mais probablement moins que les coureurs qui s'escrimaient pour la majeure partie à suivre le rythme - coureurs de moins en moins nombreux d'ailleurs, vu qu'ils s'égaillaient de minute en minute, à bout de souffle et de muscle. L'un d'entre eux alla même embrasser le sol sous ses yeux. Pourtant, il était catchy, ce refrain, fallait l'avouer.

"Il chante comme un pied et il sent le moisi..." fredonna malgré lui le doppleganger en retournant surveiller sa troupe de tire-au-flancs et de p'tits ronflés. De son point de vue, ils avaient fichu le dawa, le prof leur rendait la monnaie de leur pièce. Equitable. Il allait faire de même avec les siens, tiens.
Nonchalamment, il alla jusqu'aux feignants qui se croyaient bien protégés de Sherman - hey, les illusions ne marchaient pas sur lui, il n'était pas prof de maitrise des pouvoirs pour rien - et leur donna le choix : courir ou passer la fin de l'heure littéralement collés au mur, histoire de donner à ceux qui bossaient une petite leçon appliquée sur ce qu'était la fresque pop-art. S'ils ne voulaient rien faire, autant qu'ils soient décoratifs, non ? Le sachant tout à fait capable de s'exécuter, ils se remirent à tourner en rond avec les autres de mauvais coeur mais sans trop rechigner.
Par contre, les trop crevés pour courir, il n'eut pas le coeur de les faire continuer. Il arrêta même l'un des coureurs qui, bien que volontaire pour continuer - une foutue tête de pioche celui, là, littéralement, l'avait du sang nain - était tellement épuisé qu'il n'en courait plus droit et rentrait dans les autres. Ceux-là, il se contenta de les mettre au fond et chargea Imala - une petite wendigo au nom mérité, il l'avait déjà croisée au dojo - de leur montrer comment s'étirer convenablement. Il ne voyait pas vraiment ce qu'il pourrait leur faire faire de plus.

Un quart d'heure plus tard, enfin, la course s'arrêta... pour uniquement se transformer en pompes sous l'oeil désolé de Greg. De son point de vue, les élèves avaient été bien assez punis. La punition collective ne l'aida certainement pas à se convaincre du contraire. Ils étaient à bout de force et VanHielltroppe était du genre petit égoiste qui se fichait complétement que ses actes aient des conséquences pour les autres. L'estime naissante envers son collègue diminua. Oh oui, s'il avait eu Sherman comme prof à l'époque, nul doute qu'il n'aurait pas attendu la fin du cours pour l'envoyer chier et claquer la porte.

Mais pas comme ça. Certainement pas comme ça, songea t il lorsque le suceur de sang se rebella. Greg aurait dit tout haut que c'était stupide, qu'il refusait de suivre des ordres injustes, que ce qu'il faisait ou ne faisait pas n'avait pas à être imposé aux autres et que bordel, ils étaient élèves, pas des statistiques destinées à augmenter le trou de la sécu. Certainement pas que c'était trop facile. Trop nul. Qu'hey les cons, si vous n'êtes pas comme moi vous êtes une sous-merde ! L'élève était un p'tit con, sans le moindre doute. Pas encore croisé en tête à tête. Probablement embrigadé par sa famille depuis sa naissance - à moins qu'au contraire, il ne surcompense dans l'espoir d'assurer sa place de leader au sein de la classe. L'adolescence est une jungle, la loi qui y règne dure.

L'orage planait. Prêt à éclater. Combat de coq en vue. Non, mêlée de coqs. La guerre était encore trop fraiche dans les esprits pour que la question de l'humanité ou non d'un professeur en excite - ou apeure- certains. Le doppelganger se glissa sur le coté, prêt à intervenir si besoin. Il intercepta un coup d'oeil discret lancé par Sherman auquel il répondit par un léger mouvement de tête - qu'il intervienne, Greg se contenterait de jouer les observateurs et limiter les dégats.

Impossible de savoir si le professeur de sport comprit correctement le message. En tout cas, il se décida à faire monter les enchères, invitant même l'adolescent à le mordre. Gorge séche, Greg hésita à lui coller les deux pieds au sol pour arrêter là ce concours de "qui a la plus grande gueule" mais les visages apparaissant aux fenêtres l'empéchèrent de le faire. Si jamais il intervenait maintenant, devant tout le monde, Sherman serait ravalé du rang de professeur autonome à celui de simple éxécutant. Son autorité risquait de ne pas s'en remettre et les conflits de s'aggraver sur le long terme. Aussi se contenta t il de marmonner tout bas, avec l'aide de Millie, un charme de confusion à l'intention de deux ou trois des toutous de l'excité de service histoire de les dissuader de se mêler au combat.

La tension, pourtant importante, fut porter à son comble lorsque le professeur reconnut être humain et pourtant prêt à botter ce petit cul mort-vivant jusqu'à son cercueil natal. Les regards portés sur lui allaient de la surprise au dégout en passant par la peur et un soupçon de reconnaissance. "Humain" était encore une insulte pour beaucoup de yokai et les semi-humains n'osaient pas le crier sur les toits - quant aux humains, ils taisaient totalement leur statut de crainte de finir en temps qu'amuse-gueule pour wendigo.

Humain ? Lui ? Greg réfléchit à toute vitesse, récapitulant ce qu'il avait vu. La résistance de l'homme au froid, ce laser sortant de ces yeux, cette longévité, ... humain, lui ? What ? Il devait y avoir autre chose. Un simple humain n'aurait pas poussé un vampire à le mordre à moins d'être totalement suicidaire - ou fan de Twilight, ce qui n'était pas si éloigné du suicide social quand on y réfléchissait bien. Il y avait forcément un piège...

Mais le vampire ne poussa pas la réflexion jusque là. Sa rage et son appétit submergèrent sa raison et...

Une fraction de seconde, Greg eut le choix entre protéger Sherman et empêcher les sous-fifres de venir épauler leur chef. Il réagit par instinct pur.

Vampire qui saute. Vampire qui s'accroche. Vampire qui mord. Cling Vampire qui retombe. Vampire qui hurle.

Humain ? Mon cul
pensa t il vaguement tandis que les deux armoires à glace se cassaient la figure, ayant visiblement réussi l'exploit de se faire chacun l'autre un croche-patte en se précipitant pour participer à la curée.

Le reste de l'engueulade se passa relativement bien. Laissant Sherman faire son show, il préféra étudier la réaction de la classe. Les élèves étaient encore trop choqués pour réagir - l'une d'elle, toute proche de lui, se mit à sangloter par pur nervosité sur l'épaule d'une camarade compatissante, mais l'idée commune était que l'élève l'avait bien cherché et que le professeur n'avait fait que le remettre à sa place. Quelques uns se retenaient à grand-peine de sourire - Greg en reconnut une, une sorcière et en déduisit sans grande difficulté que ces élèves ci devaient être les semi-humains tant méprisés par la sangsue humaine, ravis de voir son caquet rabattus. D'autres encore, surtout dans le petit groupe de fanboys rongeait leur frein de voir leur idole ainsi mise à terre.

Pitoyable idole, désormais : le garçon était recroquevillé sur le sol, mains palpant son visage, sa machoire, du désespoir dans les yeux. Greg se doutait bien de ce qu'il vérifiait : sa dentition. Sur le sol non loin de son pied brillait un éclat de canine. Le choc lui avait brisé une dent. Attendez, il fallait comprendre : une dent. De vampire. Brisée. La pire insulte qu'on puisse faire à un représentant de cette espéce. Des siècles auparavant, le bris des canines était le traitement réservé aux criminels. Ces dents étant définitives chez eux, il n'y avait aucune réparation possible à l'époque. Maintenant ? Oh, il y en avait une. La chirurgie orthodontiste. Humaine. L'élève aurait le choix entre passer entre les mains de cette "sous-race" qu'était l'humanité ou arborer sa honte à vie devant tous les yokai. Quoi qu'il décide, il ne pardonnerait pas au professeur...

L'élève fut évacué avec l'aide de certaines des "plantes vertes". Le doppleganger souffla par le nez, espérant que ce passage à l'infirmerie ne vaudrait pas trop d'ennuis au professeur. Si besoin, il se porterait garant pour lui ; la blessure n'était dûe qu'à la bêtise de l'élève, toute sanction à l'encontre du professeur serait injuste. La classe se remit mollement à l'activité sous l'impulsion de Sherman mais l'entrain n'y était plus. Certains d'entre eux étaient knock-out, d'autres... Il entraperçut Imala lancer un regard affamé et intéressé au professeur. Les wendigo étaient exclusivement anthropophages et leur appétit vorace. Suite à ses déclarations, Sherman devrait faire très attention à ses arrières, la jeune wendigo n'était pas la seule ici à se délecter de chair humaine.

"Imala, allez aider Jello" lui dit-il en se rapprochant d'elle. "Il est encore trop cristallisé pour suivre l'entrainement normal." En entendant sa voix, Imala se retourna vers lui, la voracité s'effaçant de son oeil. Greg la regarda filer plus loin et, une fois certain qu'elle était trop occupée pour écouter son estomac, continua à passer dans les rangs pour reprendre individuellement les élèves distraits d'une façon ou d'une autre.

Encore un quart d'heure, réalisa-t-il en jetant un coup d'oeil à la grande horloge qui dominait le gymnase. Il avait l'impression que ce cours avait duré toute une journée..
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Lun 16 Jan - 19:19
Heureusement qu'on a fermé les portes et que le froid mordant n'est plus un souci ! Les étirements semblent être le pinacle de la souffrance pour les jeunots éreintés. Ils crient, ils gémissent, ils geignent. J'ai l'impression de voir une bande de limaces qui font le 110m haies. Si certains tiennent relativement droit sur leur guibolles, l'immense majorité est au bord de l'apoplexie. Mais curieusement, la tension ambiante s'est largement dissipée... ou plutôt, elle s'est muée en une étrange accalmie, du genre qu'on trouvait dans les jungles vietnamiennes. Certains sont encore terrifiés, les autres attendent... Qui sera la prochaine victime ?

Une vive sensation de brûlure me picote soudain l'œil droit. Comme un con et sans m'en apercevoir, j'ai continué à fumer dans le gymnase. Quel exemple ! Avec un grognement, j'écrase le mégot brûlant dans la paume de ma main, déjà tant couturée de cicatrices et de cals que la douleur qui en provient n'est déjà plus qu'une simple information. Je couve alors l'assemblée d'une œil presque tendre (l'autre). On se rapproche doucement de la fin du cours.

"Okay, on relâche la pression. Inspirez par le nez, expirez par où vous pouvez !"

J'aurais put dire « Everybody do the Flop ! », je n'aurais pas eut meilleur résultat : la plupart des élèves s'écroulent à terre comme des merdes sur une planche. Je souris. Ils en ont dans le pantalon, ces Terminales.

"Bon, c'est l'heure du débriefing.Rassemblement !"

Les têtes se tournent vers moi, les élèves se rapprochent les uns des autres (certains en rampant) par groupes d'affinités. Droit comme l'Empire State Building, je laisse planer quelques instants, le temps que le calme revienne.

"Alors... Qu'est-ce que vous avez appris aujourd'hui ?"

"Qu'il fallait pas faire chier monsieur Fury !"

Elle venait du cœur, celle-là ! Une hilarité bienfaitrice s'empare brièvement des jeunes, et je dois bien l'admettre, je ris à leur unisson. Puis je lève la main pour ramener le silence.

"Effectivement, mais ça, c'est la base aussi... Bon, plus sérieusement... Ceux qui n'ont pas pu tenir le rythme dehors et qui sont rentrés : Vous vous rappelez que je vous ai demandé de me préparer une explication ? Eh bien c'est le moment. Je vous écoute..."


Les élèves maugréent. Je sens bien qu'ils se cassent la tête. Je les interroge chacun leur tour. Beaucoup disent que c'est juste parce qu'ils avaient besoin de se reposer un instant après avoir glissés sur le verglas. Il y a des lycans dans le lot. Je leur demande donc pourquoi ils ne sont pas ressortis après avoir récupéré, et ils baissent donc la tête, parce qu'ils ont compris que tout le monde avait compris que j'avais compris qu'ils avaient voulus gruger. Je leur signifie que quant on ment, on se débrouille au moins pour que la tromperie survive à une question simple. Pas la peine d'aller plus loin, ils savent désormais que ce stratagème ne fonctionnera plus.

Je passe à un petit groupe de sorciers et sorcières. Eux, ont au moins la décence de reconnaître qu'ils étaient tout bonnement épuisés, et transis de froid. J'opine du chef, satisfait de leur franchise. Puis viens le tour de Jello, le Slime crâneur en piteux état. Comme on pouvait s'y attendre, son ego surdimensionné l'empêche de reconnaître son point faible: le froid. Ahinui, l'élémentaire volcanique, lève timidement la main, et marmonne que les Slimes, tout comme les Anoistes, sont grandement affaiblis par le froid, au point qu'ils peuvent en mourir. J'opine à nouveau du chef.

"Alors pourquoi ne pas être venu me le dire directement, plutôt que de prendre un tel risque ?"

La main de la polynésienne se baisse, et les deux frileux rougissent, honteux d'admettre que je les terrorisaient. Certains rient, je les arrête.

"Pas la peine d'ajouter l'humiliation à la douleur. Faire une erreur de jugement, ça arrive à tout le monde. Et au moins, ils ont assumés et affrontés les conséquences de leur choix. On ne peut pas en dire autant de tout le monde ici..."

C'est donc à la dernière : Imala, la Wendigo.
Spoiler:
 

L'Amérindienne me regarde avec une lueur dans le regard que je ne connaît que trop bien. Je connaissait le mythe du Wendigo bien avant d'apprendre à lire, et par la suite, j'en ait côtoyé énormément lors de mon service dans les forces Canadiennes, autant que j'en ait affronté. La pauvre doit souffrir le martyr en permanence... Elle secoue la tête pour retrouver ses esprits, et sûrement pour chasser l'image de moi déguisé en salami géant. Je viens juste de me rendre compte que j'ai oublié de demander le mot-clé qui permettrait de la maîtriser en cas de souci. Mais quel connard je suis !

"Je... Je suis … Un Wendigo. Le froid ne me dérange pas, mais je n'ai pas beaucoup d'endurance..."

Elle a honte d'elle même, ça sent comme une sardine grillée dans un vestiaire de foot. Je constate alors qu'elle est assise seule, à l'écart des autres. Elle doit les effrayer encore plus que moi... Je ferme un secondes les yeux, histoire de réfléchir. Je fais signe à Greg de s'approcher et lui murmure à l'oreille, m'assurant qu'aucun élève ne puisse nous entendre.

"J'aurais besoin de ton aide... Est-ce que quant je dirait le mot « récompense », tu pourrais lever la main, s'il te plait ?"

Une fois les messes basses terminées, je reporte mon attention sur la jeunette... avant de m'adresser à l'ensemble des élèves.

"Bien... Reconnaître ses limites, c'est le point de départ du chemin de la perfection. Fort est celui qui connaît son ennemi, mais invincible est celui qui connaît son ennemi autant qu'il se connaît lui-même. N'ayez pas honte de vous. La perfection n'est pas de ce monde. Tout le monde a des forces et des faiblesses. Mieux vous connaîtrez les vôtres, et mieux vous serez à même de les combler. Certains s'estiment supérieurs à tout le monde... et généralement, ils s'y cassent les dents."

Beaucoup rient.

"Imala, lève-toi et vient par ici, s'il te plaît."

Un silence inquiet s'installe. Elle obtempère, sous le regard inquiet de la classe. Elle vient se ficher devant moi, plus morte que vive. Je décèle quelque chose d'autre dans ses yeux, bien caché derrière la faim. Un mélange de peur et de colère. Si je me fie à la feuille de classe, elle est plus vieille que moi. Je comprend alors que mon accent Yankee doit raviver chez une descendante des Natifs des souvenirs d'oppression assez douloureux. Joue-la fine, Sherman, car il en faudrait peu pour qu'elle se décide à faire une entorse à son régime. Je reste calme, détendu comme le soleil couchant, et reprend à l'adresse de tout le monde.

"Mais vous savez ce qu'il y a de bien avec les limites ? Elles sont faites pour être repoussées. Avec la volonté, l'ingéniosité et l'effort, l'impossible peut devenir évident. S'il y a bien une leçon que les humains ont retenue, c'est celle-là !"

Je me tourne vers Imala. Je la jauge. Elle a l'air visiblement épuisée, elle aussi.

"Dis moi franchement....combien de pompes penses-tu pouvoir faire, là, maintenant, tout de suite ?"

La stupeur se lit sur son visage, à laquelle vient se mêler la peur. On aurait dit que je venai de lui demander d'avaler un porte avion et d'en chier des légos.

"Aucune monsieur... pitié..."

Elle vient de me supplier ? C'en est déchirant. Je pose ma main sur sa frêle épaule.

"Allez, fais un effort."

Un silence de mort s'est abattu dans le gymnase. Tout le monde s'inquiète. Quel tour sadique pouvais-je encore réserver ? Imala hésite, ravale un sanglot.

"… Une seule..."

J'opine du chef.

"Tu vas en faire deux."

Je sens ses entrailles devenir gaz, ses bras s'affaisser devant le poids de ce que je lui demande. Comme une profonde lassitude, l'impression d'avoir déjà tout donné et qu'on en exige encore d'avantage. Elle baisse les yeux. Je sais qu'elle doit penser que si elle force trop, la bête risque de prendre le dessus. Je lui tapote gentilment l'épaule. Elle lève les yeux, et les fiche dans les miens.

"Mais deux belles hein ? Jusqu'en bas et tout... Je sais que tu en es capable. J'ai confiance en toi."

Je ne sais pas ce qu'il se passe dans sa tête. J'entends presque les rouages tourner. Et le déclic se faire. Qu'est-ce qui a bien put la motiver ? Je n'en saurais probablement jamais rien. Toujours est-il qu'elle prend une grande inspiration, carre les épaules, et me répond avec aplomb.

"Très bien."

Sous les yeux médusés de l'assistance, Imala se met en position, le dos droit et les bras tendus et remblants. Un petit sourire en coin vient illuminer mon visage bipolaire tandis que je m'accroupis pour me mettre à sa hauteur. Ses yeux se plantent dans les miens, et n'en sortent plus.

"Inspires en descendant, souffles en montant. Vas-y, tu peux le faire."

Suivant mon conseil, elle fléchit sans flancher. Je sens sa douleur, mais aussi sa détermination sans faille. Elle remonte, péniblement, avalant à grand peine une goulée d'air.

"Une …"

Quant elle descend une seconde fois, tout le monde, moi compris, pense qu'elle va rester à terre. Ses bras tremblent, la sueur perle de son front et vient s'écraser à grosses gouttes sur le sol. Elle y reste durant d'interminables secondes, puis elle relève la tête et me regarde au fond de l'âme. Ça y est, je la vois : la lueur du défi. Mentalement, je l'encourage. Une grimace de douleur tord ses traits, mais elle ne rompt pas le contact visuel. Elle pousse, avec un souffle qui se mue presque en rugissement de grand fauve...

"Et deux ! Bravo !"

Imala se laisse alors retomber au sol, n'ayant que la force de rouler sur le dos, les yeux clos, haletante. Les murmures reprennent dans la cohorte d'élèves. Quant la Cherokee rouvre les paupières, elle voit ma main tendue. Elle inspire puissamment, puis s'en saisit. Je l'aide à se remettre debout. Ses jambes flageolent, mais elle tient bon. La soutenant toujours, je m'adresse maintenant au reste des élèves.

"Vous avez vu ? Deux fois plus que son maximum... que ce qu'elle pensait être son maximum. Ça, c'est ce qu'on appelle le courage, les enfants. Qui pense que Imala a largement mérité une récompense ?"
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mar 17 Jan - 1:16
Observateur, toujours. Ca n'empêchait pas Greg d'avoir mal au coeur de voir les élèves aussi bas - littéralement, pour ceux d'entre eux qui s'étaient laissés tombés sur le sol comme des loques humaines. Ou des limaces baveuses. Par endroits, le sol du gymnase luisait faiblement, embué de transpiration adolescente. Le doppelganger était à peu près certain que s'il ouvrait la porte menant à l'extérieur, l'endroit finirait sous forme de patinoire en quelques minutes.

M'enfin. Petit à petit, ils commencèrent à se redresser et à se trainer autour de Fury, attirés par lui comme de la limaille de fer par un aimant - ou par la perspective de se moquer de ceux d'entre eux qui étaient les plus faibles physiquement. C'était pas tendre, un adolescent. Pas tendre du tout - sauf quand il s'agissait de se tenir droit auxquel cas l'adolescent moyen se retrouvait aussi mou et amorphe que le bigorneau moyen. Quelques rires donc, pas mal de regards en coin. Moins mesquins qu'il ne l'aurait pensé cela dit. Il y eut bien quelques réflexions marmonnées visant les semi-humains et le slime mais tout le monde tenait à ses dents donc l'esprit restait bon enfant.

Jusqu'à arriver à Imala.

Greg ne put s'empêcher de grimacer lorsque son tour arriva. La jeune fille n'était pas d'un abord facile et sa condition de wendigo avait été dévoilé aux yeux de tous dès le premier jour - peu d'espèces alliaient faim permanente, impossibilité de manger autre chose que de la viande humaine crue et yeux rouges. Quelques mouvements d'humeur avaient suffi pour que l'immense majorité des élèves la fuient comme la peste. Cercle vicieux : la peur qu'ils témoignaient envers elle la tendait et la poussait à être encore plus froide de peur que le contact ne renfonce le Wendigo, d'où peur exacerbée. Une sacrée difficulté. Encore aujourd'hui, personne ne voulait la cotoyer et dans le groupe d'adolescents épuisés tombés un peu là où il pouvait, elle se dressait seule au milieu d'un cercle "de sécurité" de quelques mètres de diamètre.

Greg la vit lancer un regard blasé et affamé alentours avant de croiser les bras, vain rempart face à tout cette tension sournoise. Lorsque Sherman lui fit signe de s'approcher de lui, il évita de la regarder de peur que la compassion ne se lise dans son regard. Sa demande le surprit une seconde. Il s'attendait à ce que son collègue lui demande le mot-clef permettant de l'immobiliser au cas où, comme tout le monde. Ainsi donc il s'estimait capable de gérer la situation ? Un petit regard de coté lui confirma que le professeur avait l'air sûr de lui : fort bien. Il hocha la tête et s'éloigna de lui sous le regard de quelques élèves curieux. Direction son sac, un épais dossier qu'il ouvrit et feuilleta, l'air concentré ; les petits fouinards reportèrent vite leur attention sur le duel autochtone vs envahisseur puisqu'il ne faisait rien d'intéressant.

Ce qui s'ensuivit fut... intéressant. Crève-coeur dans l'effort, mais intéressant. Autant le comportement de Sherman que celui d'Imala. Il avait pourtant cru qu'elle allait lui sauter à la gorge lorsqu'il lui avait ordonné de faire deux pompes, son accent yankee sec changeant l'ordre en aboiement d'officier à un bleu-bite. Celui de ses camarades aussi, qui la regardaient avec des yeux ronds. Pour la première fois depuis son arrivée, ils pensaient vraiment à elle comme une élève, pas comme un grand méchant loup... Un premier pas vers l'intégration ? Il l'espérait.

Qui pensait qu'Imala avait droit à une récompense ? Sherman n'avait pas besoin de lui dire quoi faire.

"Moi" laissa-t-il tomber tout simplement, faisant sursauter quelques élèves qui avaient oublié sa présence. Sous le poids lourd de leurs regards, il leva sa main gauche au dessus de l'épaule, deux doigts dressés, en mode "hey garçon !". "Quelqu'un d'autre ?" Ses yeux coururent d'un élève à l'autre, circonspects et ironiquement amusés. Quelqu'un aurait-il le courage de lever la main dans ce groupe ? C'était pas gagné...
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mar 17 Jan - 3:35
Oh grands dieux, merci. Merci, Greg Ogramann, de ne pas me laisser seul dans ma loose. Sa main levée, sa pose héroïque et sa question impérieuse... Absolument parfait. Les élèves lèvent vers lui des visages surpris. Discret comme il est, certains l'avaient oublié. Normal, à côté de ma grande gueule. Quoi qu'il en soit, le simple fait qu'un professeur se positionne aussi clairement fait cogiter les élèves. Une paire de secondes s'écoulent...

Mais comme d'habitude, la surprise vient du dernier endroit où on l'attend.



Jello est le premier à réagir. Le Slime éclate de rire et lève la main si vite qu'il manque de la ficher dans l'œil de sa voisine.

"Whoohoo !!! Tu gères Imala !!! Tu l'as bien mouché, le vieux !!!"

Certains rient. Les autres hésitent encore. Mais la machine est lancée. Quelques mains se lèvent. Celle d'Ahinui, entre autres. Puis un par un, les élèves finissent par rejoindre le mouvement, sous les yeux médusés de la Cherokee qui n'en revient pas. Bien sûr, il y a quelques péteux qui refusent obstinément de reconnaître la valeur de leur camarade, car ce serait lui accorder plus de valeur qu'à eux-même. Ils sont quatre. Et quant je lève la main à mon tour, ils détournent le regard.

Moi ? Je souris de toutes mes dents. Et je hoche discrètement la tête à l'intention de mon confrère, tout en extirpant un carnet et un stylo de l'intérieur de ma veste.

"Parfait ! Eh bien Imala... c'est donc avec plaisir que je t'offre un joli 20/20. De touts les élèves que j'ai eut le plaisir de passer à la moulinette cette semaine, tu es la première à obtenir cette note... Mes félicitations."

Je range le sylo et le calepin, et je ne sais pourquoi, j'applaudis. Clap... Clap... Clap... Pendant un instant, je me dis que ça s'arrêtera comme là, que la mayonnaise ne prendra pas... Mais encore une fois, Jello, qui ne perd jamais une occasion, donne un second souffle à la salve, bien vite suivi par Ahinui. Leur enthousiasme est contagieux, à ces deux loustics ! En un rien de temps, les timides applaudissements se muent en une véritable ovation. La pauvre Imala ne sait plus vraiment où donner de la tête, et rougis comme ta mère quant tu lui demande à quoi sert ce drôle d'œuf en plastique que tu as trouvé dans la salle de bain. Je lui pose une main sur l'épaule (à Imala, pas à ta mère ! Gros dégueulasse va...) et lui parle à l'oreille, assez fort néanmoins pour être compris malgré le vacarme ambiant.

"Tu viendras me voir dans mon bureau en sortant des vestiaires, j'ai quelque chose pour toi."

Elle me dévisage un instant, circonspecte, pour ne pas dire suspicieuse. J'ai déjà reporté mon attention sur la foule en délire qui n'en finit plus de délirer, et levé les mains au ciel pour ramener le calme, lequel était porté disparu depuis peu.

"Très bien ! C'est tout pour aujourd'hui, les louloutes !!! Rompez !!!"

Je les salue à la mode militaire, puis la classe s'égaille sur le chemin du repos, certains plus vite ou plus pitoyablement que d'autres. Je les regarde s'éloigner, les bras croisés. Jello continue d'applaudir comme un dératé, entraînant d'autres dans sa folie douce malgré les suppliques discrète de l'Anoiste qui l'exhorte à cesser incessamment ces sottises insensées, ne sachant visiblement plus où se mettre. Tout à son enthousiasme, le Slime ne se rend même pas compte qu'il entre dans le vestiaire des filles... et s'en fait expulser promptement dans un concert de cris et d'insultes. Il est encore en train de retrouver son intégrité après s'être fait aplatir contre le mur quant je décide de cesser ces observations. Je pousse un large soupir, et me dirige vers mon confrère professeur. Du doigt, je désigne brièvement une porte qui se trouve à l'opposé des vestiaires: Le bureau du prof de sport. Mon bureau.

"J'offre le café pendant que le jury délibère, où c'est de la corruption ?"

Je croise à nouveau les bras, en attendant le verdict. S'il acquiesce, j'ouvrirai la voie.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mar 17 Jan - 11:57
Greg dut s'avouer surpris. Il n'avait pas pensé qu'autant d'élèves dans la classe léveraient la main, et certainement pas que Jello serait le premier à franchir le pas. Il jeta un regard neuf sur le slime. Non pas que ce soit une mauvaise surprise, juste... que Jello était connu pour sa tendance à ne pas tenir compter des autres. Alors quoi ? Il s'était fait pousser des sentiments, le slime ? Ou le prof l'ulcérait au point de le forcer à soutenir une camarade ? A moins que son sens de l'amusement - tout relatif - ne l'ait poussé à lever la main ?

En tout cas, le cours qui avait si mal commencé se terminait.. Etonnamment bien. Il trouvait les applaudissements too much mais hey, si ça marchait, pourquoi se priver ? Il devait être le seul ici à trouver que la question dramatique, la note ultime et les applaudissements transformaient cet exploit arraché de justesse à force de volonté en spectacle de cirque. Sans doute son mauvais esprit.

Quelques pas en arrière, les élèves se dirigeaient (pour certains en vacillant sous l'effet de la fatigue) vers les vestiaires. Peu de bavardages : trop épuisés pour ça. Quelques rapprochements quand même. Visiblement, les semi-humains s'étaient plus ou moins trouvés et alliés dans l'espoir de résister aux gros bras. Le lycanthrope adepte des chansons paillardes rattrapa le battant de la porte avant qu'elle ne percute l'Anoiste aux yeux troubles de fatigue. L'un des élèves donna une tape rapide sur l'épaule d'Imala avant de retourner dans son groupe de pote sous le regard médusé de la wendigo. Greg les regarda rentrer dans leurs vestiaires, ne s'autorisant à sourire que lorsque Jello vint embrasser à grande vitesse le mur face au vestiaire des filles. Visiblement Olga la troll n'acceptait toujours pas qu'il ne se trompe pas volontairement...

Sherman quitta - presque - son uniforme de sergent instructeur pour lui proposer un café. Oh, un café. Rien que d'y penser, il sentait son ulcère se creuser. Celui de Sherman était-il aussi mauvais que le sien ? Il en doutait. Ou alors c'est qu'il avait laissé un bout d'élève mariner dans la cafetière avant de le servir.

- S'il n'y a pas de biscuit avec, je vous inculpe pour outrage à magistrat lui répondit-il en le suivant, mains dans les poches. A quoi ressemblait l'antre d'un Marine-tankuleur ? Il devait avouer être un peu curieux à ce sujet. A un magasin de pièces réduites ? Est-ce que Sherman se sentait tout chaud face à un calendrier Nissan ? Prenait-il deux écrous dans son café ? Gardait-il, encadrés au dessus de son bureau, ses dernières acquisitions - "Oh bordel de merde, si t'avais vu les airbags de celle là ! Et ce putain de canon ! 120 mm beybey ~" ? Ou juste à un bureau Ikea-style, lustré-ciré-rangé avec rien qui dépasse, même pas les pieds de son propriétaire ? Greg était plutôt du genre à attendre que la paperasse sur son bureau s'accumule, crée des continents, des contreforts, des failles marines et une civilisation ayant atteint l'âge de la roue et du déca, lui...

"Dites-moi, vous ne seriez pas du genre à adorer quand un plan se passe comme prévu, par hasard ?" lui demanda-t-il en passant le seuil de la porte de son bureau, se retenant déjà de rire en voyant cette pièce qu'il ne voyait pas vraiment comme ça.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Lun 30 Jan - 10:39
Longeant les gradins, je ramasse le livre que j'avais posé, et le cale sous mon bras avant de guider le sieur Ogramann vers mon bureau, mon antre. De ma veste, j'extirpe un trousseau de clés chargé qui tinte allègrement, et entame de déverrouiller la porte. Lorsque mon estimé collègue me met en garde contre l'inculpation qui me pend au nez, un rire grinçant m'échappe.

"C'est à vos risques et périls, votre honneur !"

Parce que les seuls biscuits que j'ai...

Mais il verra bien. Chaque chose en son temps.

La serrure m'accorde finalement la permission de passer, et j'ouvre donc l'huis de mon repaire, y devançant mon comparse qui me tend une perche pour une citation de film. Je m'en saisit donc, un rire dans la voix en prenant le ton du célèbre leader d'une équipe de mercenaires.

"J'adore quant un plan se déroule sans accroc !"

Nous entrons donc dans une pièce somme toute assez spacieuse si l'on fait fit de l'encombrement. L'unique et large fenêtre donnant sur la piste de course donne juste ce qu'il faut de luminosité pour qu'allumer le plafonnier ne soit pas nécessaire. En son centre (de la pièce, pas du plafonnier ! Suivez, un peu!) trône un bureau jonché de dossiers et paperasses en tout genre, impeccablement classés et triés, au milieu desquels l'on peut voir, pêle-mêle, plusieurs modèles de balles de gros calibre (de la 5.75 à la 12.7), de diverses couleurs et dont les douilles sont ornées d'inscriptions fines et de rayures. Trois murs sur quatre restent désespérément nus, mais sur l'un d'eux, j'ai pris la liberté d'accrocher quelques fioritures, histoire d'apposer mon empreinte dans ce qui est, après tout, mon lieu de travail : Un drapeau Américain prend la plus grande partie de l'espace, le disputant à une carte topographique de l'académie sur laquelle de nombreuses annotations et flèches sont griffonnées. Par réflexe, j'ai passé un peu de temps à réfléchir aux points faibles des structures et aux endroits qui pourraient servir pour une défense stratégique en cas d'attaque... l'habitude. Autour, sont punaisées quelques photos, la plupart en noir et blanc. Des petits bouts de souvenirs, des fragments de mon passé. La plus ancienne, patinée et usée, montre un équipage tout sourire devant un char au pied la tour Eiffel. J'y suis presque méconnaissable, n'ayant à l'époque pas toutes les cicatrices qui me barrent actuellement la tronche.

J'enjambe l'une des nombreuses caisses métalliques que je n'ai pas eut le temps de ranger pour m'en venir déposer sur mon office le bouquin qui me tient compagnie. Je désigne l'une des deux chaises libres dévolues aux visiteurs d'une main, invitant l'invité à y oser son séant s'il lui sied de s'y asseoir.

"Excusez le désordre, les douanes japonaises se sont montrés particulièrement assidues comme à leur habitude, et je n'ai put récupérer le reste de mes affaires qu'hier soir. Installez-vous, mettez vous à l'aise."

Me frayant un chemin à travers le capharnaüm ambiant, mon tibia heurte rudement l'une des caisses qui s'ouvre à la volée, révélant une rangée d'obus de 120mm, eux aussi ornés de divers codes couleurs. Je siffle en me massant brièvement la jambe.

"Fuck this shit !!"

Trop tard pour camoufler. Le professeur Greg n'est pas la moitié d'un trou d'balle, chercher à tout remettre sous clé en priant qu'il n'ait rien vu serait d'une naïveté confondante et ne servirait qu'à me faire paraître suspect (ce qui est pire que lèche-cul!). Vaincu (ce qui est trop pour un seul homme), je me reprend, et achève de me diriger vers le plan de travail, à l'évier intégré et au placard encastré dans lequel je fouille brièvement afin d'en extraire une vieille cafetière italienne et le paquet de café. Un petit import qui curieusement m'a causé plus de souci que les les armes à feu en pièces détachées.

"On pourra dire ce qu'on veut des ritals, mais niveau café, c'est des champions."

Et je parle en connaissance de cause, ayant failli m'étouffer avec l'infâme jus de chaussette vérolé servi par la machine de ce bahut. Je dévisse le socle, y met une généreuse dose de poudre noire à l'arôme puissant et velouté, le revisse, remplit le récipient d'eau, et met le tout à chauffer au dessus de la flamme vive d'un réchaud à gaz. Je reviens et me laisse lourdement tomber dans le fauteuil de l'autre côté du bureau pour faire face à mon invité du moment en m'allumant une énième cigarette. Nous avons quelques minutes avant que la cafetière ne siffle (trois fois, parce qu'elle se prend pour un train). Je fais craquer ma nuque raide en soupirant avant de m'installer plus confortablement.

"Alors ? Abandon des charges ou cour martiale ?"
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Jeu 9 Fév - 23:37
Le bureau était à mi-chemin entre l'abri de camp militaire - papiers rangés, murs nus, fauteuil parallèle au bureau et probablement des trombones triés par couleurs et épaisseurs - et le garage d'un fana de tuning et d'armes à feu. En tout cas, c'était la première fois que Greg voyait un éclat d'obus être utilisé comme presse-papier. Et... Hey, Sherman avait vraiment accroché une photo de char au mur ? Et de la Tour Eiffel ?!

La mécanophilie....
Incrédule, le doppleganger regardait El Furioso se frayer un chemin dans la salle, enjambant des caisses militaires lourdement chargées. Non mais... Sérieusement ? L'expression "rouler des mécaniques", il avait toujours cru que... que... Que c'était qu'une expression quoi ! Pas que.... Ses pensées s'arrêtèrent net en entrapercevant le contenu de la caisse. Puis repartirent de plus belle.

Ca c'est de la grosse munition. Il disait quoi déjà, Freud, sur les gros canons ?

Okay, okay... C'était une blague tout ça ? Hein ? Hein ? HEIN ? Il se faisait des idées, forcément. Tout ça, c'était... Autre chose. Oui, oui, réfléchis Greg. Les photos, ce devait être des souvenirs. Il t'a dit, il est bien plus vieux qu'il ne le semble. Le tank était juste là au mauvais endroit au mauvais moment - cette phrase sonnait beaucoup moins sale dans sa tête. La carte façon état-major, c'était une habitude. Flippante aussi cela dit. Et les munitions, c'était.. euh.. Euh... euh... Bon, définir ce que c'était, il voyait pas. Mais il pouvait toujours essayer de définir ce que ce n'était pas. Ce n'était pas des armes pour les élèves - du moins il l'espérait. Ce n'était pas des suppositoires géants.
...
Eurk.

Avec un sourire un peu crispé, il se laissa tomber sur la chaise destinée aux invités. La caisse était entrebaillée à la limite de son champ de vision, les obus lui dessinant un bizarre rictus de connivence. Madame Caisse est ton amie. Non, vraiment pas. D'ailleurs, les autres caisses avaient un air de famille. Même expéditeur. Des armes aussi, probablement - ou à tout le moins des munitions. Il tendit le cou tandis que Sherman s'occupait de préparer sa cafetière avec café
va s'acheter un quatre heure, à quelle heure va-t-elle croiser le camembert à vapeur tchou tchou !
Chut !
Oui, c'était ça. Les sigles discrets mais reconnaissables l'informaient que les caisses à portée de vue contenaient des obus de différents calibres. Du gros calibre toujours. Le genre qu'on utilisait avec des tanks...

Il ne fit pas mine de cacher son regard lorsque Sherman vint prendre place de l'autre coté du bureau. A quoi bon ? Il n'était pas stupide, l'autre non plus. Bien sûr qu'il avait vu la caisse de munitions. Cela dit, vu ses discours sur la monstruosité de la guerre et son passif, il pouvait bien lui accorder le bénéfice du doute avant de se mettre à hurler à la traitrise ou à la paranoia totale limite psychotique.

- Présomption d'innocence pour le moment. Repos soldat.

Du pouce, il désigna l'ensemble des caisses derrière lui - l'ouverte comme toutes les autres encore fermées.

- Vous comptez en faire quoi ? Les manger ?

Sa blague avait l'air pathétique même à ses propres oreilles. Non parce qu'en dehors de toute considération douteuse sur la sexualité de son confrère, qu'un prof entrepose dans son bureau des caisses et des caisses de munitions c'était un chouia inquiétant quand même.
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Mer 1 Mar - 16:11
J’esquisse un sourire quand mon très estimé collègue admet la présomption d’innocence à mon sujet. Les choses semblent bien s’amorcer… Mais c’était sans compter sur ce petit malin de Murphy. Évidemment, la présence de matériel militaire dans un bureau de prof à de quoi susciter de sérieuses questions . La petite vanne ne suffit pas à adoucir le doute. Surtout que...

"Eh bien… oui, quelque chose comme ça…"

Oh là là mes aïeux ! J’aurais pas dû dire ça, j’aurais jamais dû dire ça ! La façon dont les yeux de Greg luisaient… le malentendu était proche. Mon pouce et mon index viennent former une pince au sommet de l’arrête de mon nez alors que je ferme les yeux en imaginant ce qui a put passer par la tête de mon interlocuteur. Qu’est ce qui vaut mieux ? Passer pour un monstre, ou passer pour un taré qui s’enfile des obus de 120mm à grand renfort d’huile de moteur ? Compte tenu du fait qu’on est dans une école de yokais, c’est vite vu. Je pousse un soupir long comme un pont  (yeaaaaaaaaaahh !!!) en écrasant ma cigarette dans le cendrier en nacre prévu à cet effet. Les yeux au plafond, je choisis soigneusement mes mots avant de reporter mon attention sur l’homme qui me fait face. Je laisse passer quelques instants, hésitant sur la conduite à tenir. Au bout d’un moment, je soupire à nouveau, vaincu, et je reprend d’un ton plus sérieux.

"Ces munitions sont une simple précaution, et réservées à mon usage personnel. Je vous assure que je suis, normalement, le seul à pouvoir m'en servir... Mais je ne vois pas comment formuler une explication convenable. Alors le mieux, c’est que je vous montre…"

Je pivote pour me présenter de profil à mon spectateur. D'une des caisses à mes pieds, j'extirpe une cartouchière de 12.7 , le modèle anti-aviation, et me redresse avant de tendre en direction du mur mon bras gauche, marqué et tatoué. Celui-ci se mue instantanément en mitrailleuse gros calibre. J'ouvre la chambre, y insère les munition, arme le percuteur. Clic-clac, merci Kodak. Je plante alors mon regard dans celui du professeur Ogramann.

"Vous savez ce qu'on dit : Les flingues, c'est comme les capotes. Il vaut mieux en avoir et ne pas en avoir besoin que l'inverse..."


'Muricaaaaaaaaa !!! Fuck yeah !!!
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MessageSujet: Re: Mad prof : Fury road Ven 3 Mar - 14:45
Il avait dit quoi ? Yeux exhorbités, Greg recula malgré lui plus loin dans son fauteuil. Plus que les mots, c'était le ton sur lesquels Sherman les avait prononcés qui le faisait réagir. De la honte et de la cupabilité ? En mode "merde, comment je vais justifier ça ?!" ? Autant dire que quand celui si lui proposa de lui montrer ce qu'il allait en faire, Greg eut le plus grand mal à ne pas partir en fou-rire nerveux. Faites qu'il se fasse des idées, siouplait. Que son interlocuteur soit pas un mécanophile naturiste et échangiste - non parce que Greg, il gardait son obus pour lui hein ! C'était personnel ! Pas touche au grisbi salope !

Ce fut donc avec beaucoup d'appréhension qu'il vit son collègue prendre ses munitions et brandir son bras - et beaucoup de surprise qu'il vit celui-ci se transformer en mitrailleuse. Pour tout avouer, sa machoire dégringola avec un crac audible. What. The. Fuck. Is. That. Shit.

Son regard alterna entre la caisse de munitions et le bras biomécanique ofthedead. L'un, l'autr,e l'autre, l'un, à une vitesse telle qu'il aurait pu être en train d'essayer de suivre la finale de Roland-Garros. Okay. Okayyyyy. Bon, il n'avait encore jamais vu quelqu'un se les insérer, ses munitions - comme ça ou d'une autre façon mais il doutait que ce soit chose commune. Ni un mème sur Internet. Rule 34 était déjà bien assez vaste.

Sa réflexion finale changea le choc en... en fou-rire nerveux. Plié en deux sur sa chaise, il sentit le rire lui faire perdre son souffle. So classe. So glamour. So chic. La quintessence de l'armée de terre ! Le choc des mots, le poids des... des... des idiots ? Allez penser à une rime en "o" en plein fou-rire, vous ! C'était juste trop. Vraiment trop.

"Et vous.. vous... Vous pissez de la nitro aussi ?" finit-il par lui demander entre deux quintes de rire.

Et vous faites la vidange tous les combiens ? Non, celle là, il se marrait trop pour la poser. Tant bien que mal, il essaye de se calmer. Il ne doutait pas que comme l'immense majorité des yokai ici l'histoire de Sherman était soooo dark, sooooo sad mais là, tout de suite...

UN HOMMME TANK BORDEL ! TANKMAN !

Re fou-rire.
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