Là où les rêves meurent à petit feu
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MessageSujet: Là où les rêves meurent à petit feu Dim 8 Jan - 21:34
Le vent souffle fort
Papillons de feuille d'or
J'attends la pluie.


Le temps se dissolvait lentement au rythme du thé. C'était dans le silence respectueux de la cérémonie de l'infusion que Setsuna ressentait le plus l'absence de son clan. Le parfum du thé vert flottait, éveillant chez elle la nostalgie. L'accadémie s'effaçait un court instant sous le souvenir de son chez-elle.

"Chez-elle" n'était pas un lieu. C'était un temps peuplé de gens. Une pièce commune où se cotoyaient dans une brouhaha incessant sa famille. Tomoko l'élancée. Mari à la peau sombre. Erza à la main dure. Et Haruka qui n'avait pas encore de surnom. Sa "petite soeur". Celle avec qui elle avait grandi. Comme elle l'aimait, se souvint-elle avec un serrement de coeur.

Plus que tout chez elle, elle aimait sa présence. La sentir près d'elle. Peu importait ce qu'elle fasse, pense, dise ; Setsuna se sentait toujours mieux avec elle. Dans son esprit, Haruka appelait le thé et le thé appelait toujours Haruka. La peau de la jeune succube exhalait au naturel des senteurs de thé vert, forts en nez mais réconfortants. Elle aimait s'y perdre la nuit. Toutes deux dormaient ensemble, comme toutes les apprenties. Sa soeur s'endormait toujours la première. On disait en plaisantant qu'elle était était sortie du ventre de sa mère les yeux fermés, encore perdue dans le rêve de la pré-vie. Cela faisait rire les ainées, mais pas Setsuna. Elle, elle enviait la petite d'avoir pu même quelques minutes se raccrocher à ce qui était avant. Lovée contre son corps, une main sur son ventre et le nez au creux de son épaule, Setsuna fermait les yeux et se laissait porter par le rythme de sa respiration et l'odeur de sa peau. C'était sa berceuse, une des ancres qui l'aidait à garder son cap dans ces temps troublés. Haruka.

Et pourtant, elle avait jeté son ancre à la mer dans l'espoir d'atteindre définitivement le port du passé. Souvent, Setsuna parvenait à l'oublier mais parfois elle n'y arrivait plus. La tristesse la submergeait. Tête sous l'eau, elle ne se voyait perdue dans un éternel présent morne et gris, sans passé comme avenir.

Aussi, lorsque l'accablement la saisit ce jour-là après la traditionnelle cérémonie du thé, Setsuna se décida à sortir. Pour aller où ? Pour faire quoi ? Le où omportait aussi peu que le quoi. Tout ce qu'elle voulait, c'était un instant refaire corps avec ce passé où elle n'était pas seule.

Shamisen à la main, elle alla se poster devant les portes du hall et s'agenouilla sur la margelle de pierre qui permettait d'y accédait. Le temps était encore beau et chaud pour la saison, les feuilles bien que dorées fermement accrochées à leurs branches. Ses camarades étaient tous ailleurs. Peu importait. Elle ne voulait pas de leur compagnie.

D'une main experte, elle accorda les cordes. Aussitôt, la sensation de la corde pincée sur la pulpe de ses doigts la ramena à des temps plus anciens. Toutes ces soirées passées devant les onsen, presque cachée derrière un de leur pilier... Habillée d'un kimono de soie, elle serinait à voix basse de vieilles balades d'amour nipponnes, dans l'espoir d'attirer l'attention d'un client à la recherche d'affection. Et si jamais nul ne se montrait, peu importait. Ce serait pour le soir suivant. Mélomane, la geisha se contentait sans aucune rancoeur de la compagnie de son instrument et du grigri des grillons qui serinaient sans cesse leur improbable crissement. Elle avait passé quelques soirées magnifiques ainsi, seule, sous la lune majestueuse, à laisser le temps s'écouler au rythme de ses notes.

Ainsi jouait Setsuna : recueillie en elle-même, pour son propre plaisir. Peu importait qu'elle soit aujourd'hui vêtue de nylon et coton au lieu des luxueux kimonos dont elle avait l'habitude, peu importait que le soleil jette son éclat sur son visage au lieu de la discréte lune, peu importait tout cela. Elle jouait. Elle redevenait elle-même. Setsuna l'éphémère, onsen-geisha parmi les siennes...

Dans mon coeur s'étend
jours passés et jours usés
ruines de rêves.
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Dim 8 Jan - 22:04

~Là où les rêves se meurent~

~à petit feu~




Setsuna Matsumoto | Kei Maou


░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░

Le soleil avait depuis un moment entamé sa longue course de la journée, éclairant de ses rayons chauds tout ce que la terre abritait. J'étais fatiguée de marcher...Après tout cette académie n'était qu'un bruit de marché... Elle n'a jamais existé!... Mais ...Droit devant nous...Un immense bâtiment se dressait... Était-ce bien l’académie ? Enfin ?!

Le chemin avait été bien long, vous n’imaginez pas la plaie que cela peut être d’être guidée par une enfant. J’avais remarqué depuis fort longtemps déjà que la petite n’avait aucun sens de l’orientation, mais comment trouver le chemin d’un lieu que je ne connais pas ? Et sans carte qui plus est ! Heureusement que nous n’avions ni valises, ni objet encombrant avec nous. J’avais réussi, au fil des années de cavale à faire comprendre à Keiko qu’il ne fallait pas s’attacher au chose. La petite m’avait fait marcher des jours et des nuits, toujours persuadée que c’était le bon chemin. Nous avons traversé tant de paysages et de régions que je ne me rappelle même plus de tout. Pourquoi ai-je fais tout ce trajet me demanderez vous. Je ne le sais pas moi-même. Au fond de moi pourtant je pensais avoir trouver la réponse à cette question, mais ne voulais pas me l'avouer. C'était parce que je voulais combler le vide qui avait encombrer mon esprit. J'avais secrètement l'espoir que tout ce que Keiko m'avait raconté s'avère être vrai. Que nous découvrions un lieu où elle et moi pourrions repartir de zéro et nous reconstruire, non pas comme des amnésiques, mais comme des nouvelles personnes. Une partie de moi espérait secrètement alors que l'autre m’interdisait ne serait ce que d'y penser.  

Quoi qu’il en soit, nous avions trouvé quelque chose ressemblant plus ou moins à ce que nous cherchions. Dès le premier pas dans l’enceinte de l’établissement, je fus submergée par un profond sentiment de peur. Oui oui, moi Kei. La forte et sanguinaire Yôko avait peur. Je m’étais presque instantanément mis en alerte. Si mes oreilles étaient visibles, elles se seraient mise en arrière. Mais heureusement, je contrôlais assez bien mon apparence pour ne pas le montrer. Soudain une voix transperça les deux hémisphères de mon cerveau :

☁« On y est ! On y est ! T’as vu Kei ? On l’a trouvé. Tu vois que ça existait ! Regarde comme c’est beau en plus. On n’a jamais eu un chez nous comme ça !  Je suis sûre que quelqu’un nous attend déjà. Allez dépêche !! »

Ah oui ! J'avais oublié qu'elle dormait celle-là ... J'aurais dû me douter que tout ici était bien trop tranquille. De plus, elle avait dû oublier le moment où je lui avais appris à se méfier de tout et de tout le monde.  Je restais sur la défensive, avançant à pas lents et feutrés. On ne pouvait pas prévoir si tout ceci était un piège ou pas.  C’est à ce moment-là que je réalisa que j’avais oublié une autre chose et pas des moindres : Keiko contrôlait nos changements et réfléchissez… que fait un enfant surexcité ?

Keiko prit alors les commandes du corps et se mit à courir partout. J'avais beau forcer pour revenir aux commandes, tous mes efforts furent vains.

☁ « Keiko ! Stop ! Qui te dit que c’est le paradis ? Je vois plutôt ça comme une grande arnaque. Regarde, il n’y a personne ! »

☁ « Rien à voir ! Comment un endroit comme ça pourrait être mauvais ? Je vais te montrer.»

Keiko partit alors dans la direction de e qui ressemblait à l’entrée. Arrivée à quelques mètres de l’entrée, les deux âmes remarquèrent quelqu’un assis vers l’entrée. Il n’en fallu pas plus pour que Keiko fonce sur elle. C’était une magnifique femme qui fredonnait un air nous rappelant quelque chose.

☁ « Quelle est belle ! » soupira Kei subjuguée.  « Mais n'y va pas ! Cela doit être un piège! Ne te fait pas avoir, ne nous... »  

Je n’eus pas le temps de finir ma phrase que Keiko était déjà agrippée au cou de cette personne. De prêt, elle paraissait encore plus belle, comment cela pouvait-il être possible? Ceci devait cacher quelque chose. On aurait vraiment dit que Keiko était un animal voulant être câliner. Keiko me faisait vraiment pitié et honte. Et dire que pour les autres personnes, nous étions une seule et même personne… Jamais, moi Kei, je ne me montrerai devant cette personne. J'aurai trop honte...

« Bonjour Madame ! C’est vous qui devez nous accueillir hein ? Moi c’est Keiko ! T’as vu Kei, je t’avais dit ! »

☁ « Non mais t'as pas honte gamine?! Arrête ça tout de suite!» 

☁ Ceci représente les dialogues internes entre Kei et Keiko
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Mar 10 Jan - 0:28
Arrêt du temps
Sous le vol du chant divin
Soudain, quelqu'un.


Les accords retentirent. Rythmés, ils rebondirent sur la pierre et revinrent en écho à ses oreilles. Elle s'interrompit, déçue. Ses doigts n'étaient plus assez raides, les accords plaquées frolaient la dissonance. Le temps était trop compté désormais pour qu'elle puisse s'entrainer autant qu'elle aurait dû le faire pour garder le niveau.

Setsuna posa l'instrument à terre. Il avait l'air triste ainsi. Mort, comme la mue écailleuse d'un certain. La mue de l'onsen-geisha Setsuna. Triste résidu, vraiment. Du bout du doigt, elle suivit la corde médiane, essayant de se rappeler comme il lui était simple autrefois d'en extirper de douces mélodies. Elle était alors si jeune, si vivante. Si entourée. Malgré elle, elle se retrouva à fredonner la première chanson qu'elle avait apprise à jouer. C'était Mari qui la lui avait enseignée, l'obligeant des heures et des heures durant à l'accompagner jusqu'à ce qu'elle la maitrise parfaitement. Elle se souvenait encore de la douleur de la corne se formant sur le bout de ses doigts et de la raideur de ses épaules à la fin des cours...

Une ombre passa, éclipsant le soleil. Elle n'eut que le temps de cligner des paupières avant que quelqu'un ne se jette à son cou. Une jeune personne, pépiant quelque chose au sujet d'une arrivée, d'une attente, d'une certaine Kei. Une jeune personne qu'elle ne connaissait absolument pas. Sous le choc, elle sentit l'instrument glisser de ses genoux. Son shamisen !

- Attention ! dit-elle un peu trop fort, toute son attention tournée vers son instrument chéri. Tant bien que mal, elle réussit à le stabiliser et l'empêcher de percuter le sol. Un choc ne l'aurait probablement pas abimé, mais elle ne tenait pas à le vérifier. Un objet aussi précieux et ancien devait être préservé à tout prix. Elle le ramena contre elle et passa la main le long de son manche, aussi doucement qu'elle aurait caressé le corps frêle d'un nouveau-né. Intact. Elle osa de nouveau respirer.

- Toutes mes excuses, reprit-elle d'une voix égale en accordant toute son attention à la nouvelle venue. Par habitude, elle inclina briévement la tête, lui témoignant tout son respect et augmenta légérement son aura de séduction pour faire bonne impression. Cet instrument m'est cher, je me suis laissée emporter.

Ceci fait, elle s'autorisa à regarder l'inconnue. Ses grands yeux noirs se portèrent à son visage, découvrant ses traits. Minois fin, ossature déliée. Peut-être japonaise. Quel dommage qu'elle fasse preuve d'un tel manque de tenue en public, mais peut-être avait elle une bonne raison de lui sauter ainsi au cou. Elle la catalogua aussitôt dans la catégorie des personnes respectables - jusqu'à preuve du contraire tout du moins, et donc envers qui montrer de la révérence.

- Je me nomme Setsuna Matsumoto, jeune dame. En quoi puis-je vous être utile ?

Debout bien droite, shamisen installé au creux de son bras comme une mère tiendrait son enfant, elle offrait à la nouvelle-venue toute l'hospitalité et l'amabilité dont elle disposait.
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Mar 10 Jan - 12:58

~Là où les rêves se meurent~

~à petit feu~




Setsuna Matsumoto | Kei Maou


░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░

Keiko était à présent attachée au cou de la femme. En plus d'être belle,qu'elle sentait bon. A nouveau, ceci me donna une impression de connu. Où aurai-je pu rencontrer déjà cette odeur... Qui portait ce parfum? Aïe ! L'immense mur de l'amnésie se rappela soudainement à moi. Jamais je ne pourrai retrouver la mémoire et ça je le savais, mais je persistai toujours à essayer un peu ... souvent inconsciemment. Je fus aussi rappelée à la scène lorsque la femme se mit à bouger pour se dégager de l'emprise de Keiko? Non, même pas. Elle cherchait juste à sauver quelque chose qui avait glissé lors du tsunami Keiko et qui menaçait à présent de s'écraser sur le sol.

-Attention ! annonça la femme à l’allure de geisha

☁  « Aide là ! Sauve son truc ! C'est de ta faute si ça se casse ! »

Heureusement, la demoiselle fut plus rapide que l’escargot qui me sert de co-équipière et rattrapa ce qui semblait être son instrument de musique. Apparemment, celui-ci représentait beaucoup pour elle. Quand je disais qu’il ne fallait pas s’attacher aux objets…. Bref, si j’avais pris les choses en main rien de tout cela ne se serait passé et j’aurai peut-être pu calmement demander à cette femme notre chemin… mais bon.

☁ « Kei…. La dame elle a l’air fâchée… je fais quoi moi ? je dis quoi ? Je voulais pas hein… » gémit Keiko sûrement déjà emprise de remords

☁  « Bon calme toi ! Regarde apparemment ce n’est pas si grave elle ... » je ne pus retenir d’étouffer un rire ne sachant pas trop pourquoi elle agissait ainsi.

-Toutes mes excuses. Cet instrument m’est cher, je me suis laissée emporter, reprit la femme. Avant de fixer notre visage comme pour l’analyser.

☁  « Bien maintenant...Excuse-toi Keiko ! Allez… » ordonnai-je.

- Je …, murmura Keiko gênée.

- Je me nomme Setsuna Matsumoto, jeune dame. En quoi puis-je vous être utile ?

☁  «  Allez… Maintenant ! » grognai-je.

- Je… Moi c’est Keiko Maou Madame, reprit Keiko avec un grand sourire avant de baisser la tête, et je suis vraiiiiiiiment désolée pour votre… instrument ? Vous voulez bien me montrer le chemin dis ? Je sais pas où je suis … enfin je devais trouver une académie shi-quelque chose. S’il vous plaît.

Keiko releva la tête doucement de peur de croiser un regard qui ne lui conviendrait pas. Vraiment cette Keiko… c’est une honte pour notre lignée ! Au lieu de porter son attention au regard de la femme, Keiko regarda scrupuleusement toute la physionomie de la femme.

☁ « Quelle est belle ! » s’extasia Keiko.

☁   « Oui, pour une fois je suis totalement d’accord. » répliquai-je.

Il est vrai qu’ils nous avaient rarement été donné de voir une si belle personne. Tout en elle respirait la parfaite poupée asiatique : belle, droite, peau laiteuse et d’une politesse sans pareil. Je n’en revenais pas, toutes mes sens disparaissaient pour laisser à ma vue toute la place pour l’observer toujours plus minutieusement. Si les personnages des livres pouvaient prendre vie, la perfection japonaise serait sous nos yeux. Mais attendez… Une telle perfection ne peut être réelle !  Cela ne pouvait être qu’un piège !

☁  « Keiko écarte-toi ! C’est un piè… » criai-je depuis mon petit bout de cerveau, mais je ne pus finir, car Keiko enchaina.

- Vous êtes belle, madame, si belle…  Kei aussi pense que vous êtes magnifique, annonça-t-elle avec un air niais.

Ce qu'elle venait pouvait signer notre fin à toutes les deux. Déjà, nous n'étions même pas sûre d'être au bon endroit et qui plus est nous faisions face à une femme qui bien que sublime pouvait très bien s'avérer dangereuse. Personnellement, je n'avais pas prévus de mourir aujourd'hui. Surtout pas après m'être tant battu pour survivre pendant des centaines d'années. Et dire que tout aurai pu s'éclairer en ce jour. Pourquoi l'avais-je cru ? Pourquoi l'avais-je conduit ici?!

☁  « Non, mais t’es sérieuse là ?! Je te rappelle que si tu meurs JE meurs! Et si toi tu t'en fiches, moi pas ! Si tu vois qu'elle bouge, on échange compris le nain?»


☁ Ceci représente les dialogues internes entre Kei et Keiko
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Mar 10 Jan - 14:52
Elle lui parle
Les mots volent, frêle pont
Entre ces égarées


Le discours de la nouvelle arrivante était précipité et peu construit. Les mots se chassaient l'un l'autre comme peu désireux d'attendre leur tour pour être prononcés au point qu'elle ne pensait pas avoir tout compris. Discours d'une enfant, songea-t-elle malgré elle et son interlocutrice lui sembla subitement plus jeune.  Setsuna n'était pas une grande amatrice d'enfants - ils étaient trop bruyants et brutaux, sans compter qu'ils ne disposaient d'aucune monnaie d'échange intéressante - mais elle n'était pas non plus insensible. Après tout, la demoiselle semblait véritablement chagrinée du tort qu'elle avait failli lui causer.

- Mon shamisen n'a pas souffert, c'est le principal" la rassura-t-elle de sa voix la plus douce. La geisha serra contre elle le corps de l'instrument, s'assurant qu'il ne risque pas de lui glisser des mains. Un des boutons de la veste de son uniforme ripa contre une corde ;celle-ci vibra, donnant l'illusion d'une plainte puérile, telle qu'aurait pu lâcher un enfant s'effrayant a posteriori d'une chute evitée de peu. Sans même y songer elle glissa son index le long du manche, calmant l'instrument de sa caresse. "Je vous remercie de votre compliment, jeune dame. Il me va droit au coeur. Puisse votre gentillesse vous être rendue au centuple."

Elle s'inclina légérement devant elle, preuve de respect évidente. Si elle n'avait pas eu son instrument à porter, sans doute aurait-elle avancé une main pour lui froler la joue en matière de remerciement. Jamais elle ne se serait autorisé ça face à un client - toucher quelqu'un sans autorisation explicite était un geste d'une très grande intimité - mais la dénommée Keiko ne semblait pas s'embarrasser de ce genre de convention. Toutefois désireuse d'éviter de renouveler l'expérience, Setsuna changea subtilement son aura, la rendant un peu plus majestueuse et adulte. Cela convaincrait peut-être sa jeune interlocutrice de garder ses distances.

Académie ? Il n'y en avait aucune autre à proximité d'après ces souvenirs. Serait-ce donc une nouvelle élève qui se présentait à elle ? Etrange façon d'arriver sur les lieux de son école si tel était le cas. Kei était-il le nom du contact censé l'accueillir une fois sur place ? Setsuna ne voyait pourtant aucun membre du personnel obéissant à ce nom, pourtant. Le mieux à faire était sans doute de l'emmener à l'administration et de trouver quelqu'un de capable de l'aider.

Elle expliqua donc calmement la situation à Keiko, gardant aux lèvres son sourire d'hotesse parfaite sans faillir un seul instant : "Vous vous trouvez sur les terres de l'académie Shinsei. Je peux vous guider à travers les lieux si tel est votre désir. Le souhaitez-vous ? Où désireriez-vous que je vous emmène ?"
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Sam 14 Jan - 15:23

~Là où les rêves se meurent~

~à petit feu~




Setsuna Matsumoto | Kei Maou


░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░

Keiko était subjuguée. S’en remettrait-elle un jour ? Je n’en suis pas vraiment sûre. Parfois pour ne pas totalement mettre son corps en veille, elle penchait la tête à droite puis à gauche. Quant à moi, je restais inexorablement bloquée, craignant que la rencontre ne dégénère.

- Mon shamisen n'a pas souffert, c'est le principal. Je vous remercie de votre compliment, jeune dame. Il me va droit au coeur. Puisse votre gentillesse vous être rendue au centuple, annonça de sa voix douce la geisha en se penchant pour exprimer son respect.

A nouveau, Keiko afficha un sourire idiot. On aurait presque dit un fan rencontrant son idole.  

☁ « Hé t’as vu Kei, la dame elle fait tout comme les Chinois … ou c’est les Japonais ? je sais plus. Enfin t’as vu elle est gentille. »

Je grognai pour signaler que j’avais entendu, mais je ne voulais pas complètement approuver. C’est justement le fait qu’elle soit très maniérée, à la façon des geishas qui m’embêtait à présent. Effectivement, bien que je ne sois pas une spécialiste, ces personnes me donnaient l’impression de ne pas montrer ce qu’elle ressentait. Qu’elles aiment ou qu’elles haïssent, rien ne paraissait. La douceur et la bonté étaient leur marque de fabrique et rien ne les délogerait de leur rôle.  

☁ « Je la sens pas… vraiment pas ! Reste prudente !»

Je pense que Keiko voulait dire quelque chose, au vu des contractions musculaire de sa nuque et de sa mâchoire, mais elle fut interrompue en cours de route.

-Vous vous trouvez sur les terres de l'académie Shinsei. …☁ « Shinsei ?! Nous sommes arrivées ?! » …Je peux vous guider à travers les lieux si tel est votre désir. Le souhaitez-vous ? Où désireriez-vous que je vous emmène ?

☁ « Kei ! On a trouvé ! Tu vois, j’avais raison sur tout ! Tu as toujours peur de tous ! »

Je n’en revenais pas. Avait-elle vraiment raison sur tout ? Dans ce cas, la femme devant nous ne serait pas une menace ? Pourtant, j’avais du flaire avec les gens et celui-ci nous avais évité de nombreuses embrouilles. Ses années de solitude à deux m’auraient-elles rendue folle et angoissée ? A partir de là, je perdis  le cours de la conversation trop obnubilée par mes pensées du passé, etc….

-Madame Setsu… né ?, Pouvez-vous, s’il vous plaît, me faire visiter les lieux ? Je suis nouvelle et je cherche à … qu’est-ce que je recherche déjà … Ah oui … euh je cherche quelqu’un qui pourra m’aider ? Du moins, je crois que c’est ça que je devais dire, récita Keiko d’une voix au volume s’affaiblissant au fil des mots.




   
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Sam 14 Jan - 20:35
Bien que cela ne se vit absolument pas, le comportement de la nouvelle arrivante n'était pas vraiment au goût de la geisha. Passe encore ses hésitations et son impulsivité, mais "Madame Setsuné" ? La succube inclina la tête, montrant ainsi qu'elle avait écouté son interlocutrice.

-Setsuna, la reprit-elle calmement en insistant légèrement sur le "na" final. Les noms avaient un sens, en écorcher un revenait à écorcher la personnalité de la personne qu'il désignait. En tant que lettrée, Setsuna comprenait cela mieux que quiconque - du moins, c'est ce qu'elle pensait. Setsuna-san, s'il vous plait.

"Madame" était un terme très connoté dans le milieu d'où elle venait. On attribuait avec dérision ce titre aux vieilles onsen-geisha qui, suites à un accident physique ou une insuffisance d'aura magique, en étaient réduites au rôle de nourrice et tutrice auprès des plus jeunes. L'attribuer à une jeune fille  équivalait à la ravaler au rang de laideron ou de harpie selon les circonstances.  Malgré elle, Kei venait de perdre un peu plus de son capital sympathie. Cela n'avait que peu d'importance de toute façon. Cela n'empêcherait pas Setsuna de remplir son rôle d'hôtesse à la perfection..

Celle-ci lança un regard alentour pour vérifier qu'elle n'avait rien oublié avant de brosser de sa main libre sa jupe plissée, chassant ainsi les quelques grains de sable qui s'y étaient accrochés pendant son récital. Shamisen soigneusement tenu, elle revint à la nouvelle arrivante qui semblait subitement se rendre compte de son insignifiance face à l'immensité de l'académie l'entourant.

"Dépendrez-vous du lycée ou de l'université Kei-san ?" lui demanda-t-elle, estimant a priori que le jeune femme n'était pas plus agée qu'elle et donc probablement scolarisée au sein de l'établissement.

Selon sa réponse, elle la ménerait plutôt vers l'un ou vers l'autre. Les deux bâtiments étaient en effet quasiment indépendants dans leur structure propre, ce qui poussait d'ailleurs les lycéens et étudiants à très peu se côtoyer. Les groupes se formaient plus par classe d'âge que par affinité ce que Setsuna trouvait plutôt dommage, n'ayant pour l'instant repéré chez aucun de ses condisciples l'amour de l'esthétisme et des mots qu'elle pensait nécessaire à toute amitié.

- Kei-san ? reprit-elle un peu plus doucement en voyant que celle-ci avait l'air d'hésiter.

Son discours se faisait de plus en plus haché, comme si elle ne savait pas vraiment ce qu'elle faisait ici. Peut-être était-ce dû à la douce chaleur de l'été indien, ou à la fatigue de venir jusqu'ici. Avec un temps de retard, Setsuna réalisa que la jeune fille était arrivée seule et sans valise. L'arrêt de bus le plus proche se trouvait pourtant à quelques kilomètres de là. Instrument bien calé contre son épaule, Setsuna leva une main fine pour effleurer son visage dans l'espoir de l'aider à se concentrer. Sa séduction se mêla d'une touche d'inquiétude, légére mais présente, telle qu'aurait pu l'éprouver une adolescente face à la souffrance d'une bonne amie.

- Kei-san ? Vous sentez-vous bien ?
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Sam 21 Jan - 14:52

~Là où les rêves se meurent~

~à petit feu~




Setsuna Matsumoto | Kei Maou


░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░



La femme inclina la tête suite aux mots de Keiko, avant de la reprendre. Cette petite imbécile n’avait même pas réussi à retenir le nom de son interlocutrice. J’avais beau ne pas trop avoir confiance en elle, je trouvais cela quand même très déplacé de se tromper sur quelque chose comme le nom. Celui-ci faisait partie des bases d’un être, la première et la dernière chose qui lui appartient entièrement tout au long de sa vie.  Je savais à quel point celui-ci pouvait définir quelqu’un, étant donné que nous n’étions même plus sûres du notre au départ…

☁ « Tu as vraiment oublié si vite ou tu l’as fait exprès ?! », la repris-je à mon tour

☁ « Mais Setsuné et Setsuna c’est presque pareil… ça c’est juste un peu mélangé… », essaya-t-elle de se rattrapé

☁ « Oui, comme si je t’appelais Kei-poireau hein ! C’est mal poli ! Tu devrais t’excuser ! En plus, c’est la seule chose que tu aurais dû retenir… SETSUNA-SAN …C’EST PAS COMPLIQUER OU QUOI ?! Tu sais bien comme ça a été dure de retrouver une appartenance au travers de nos noms…»

Bien que nous ne soyons pas des corps physiques, je sentis l’âme de Keiko se faire toute petite. Elle venait surement de comprendre sa faute. La première impression que nous aurons laissée ici serait définitivement celle d’une petite fille mal polie et sans rien dans le cerveau. Je pense que Keiko ressentait mon énervement, étant donné que celle-ci n’osait plus bouger.

- Dépendrez-vous du lycée ou de l'université Kei-san ?

Du lycée ? De l’université ? Nous nous trouvions donc dans un établissement regroupant tous les âges de l’éducation. Je ne pouvais être, pour le coup, d’aucune aide étant donné que nous n’avions postuler que pour être surveillante, sans savoir où nous serions affectées. J’attendais que Keiko réponde par une de ces phrases infantiles du type : « Quoi ? Euh… je sais pas… tu veux pas m’aider ? », mais rien ne sortait…

- Kei-san ?

Apparemment, je n’étais pas la seule à ne pas comprendre ce mutisme. Malheureusement, je ne pouvais pas voir l’expression que montrai notre corps. Devenions-nous blanches ? Avions-nous l’air fâchée ou attristée ?

☁ «  Keiko ? Tu fais quoi ? Tu te sens mal ? »

Soudain, un corps étranger vint toucher notre joue, poussant Keiko à refaire surface. Son attitude me surpris autant qu’elle.

☁ « Kei… tu as peut-être raison… enfin … j’ai … Kei… reprend la suite. »

Je n’eus pas le temps de saisir si elle avait peur ou trop honte, mais elle m’envoya sans me le demander sur le devant de la scène.  Que c’était-il passé dans la tête de Keiko ? Quel événement ou phrase avait provoquer une retraite anticipée de la petite ? Je n’eus pas le temps de s’attarder sur ces questions, c’était à moi d’entrer en scène. Le temps du changement, le corps et ses muscles c’étaient relâchés une fraction de seconde, laissant ma tête s’affaisser, comme si je regardai le sol. Peut-être que cela alarma la geisha, la poussant à se répéter.

-  Kei-san ? Vous sentez-vous bien ?

Je relevai alors doucement la tête, un peu déboussolée du changement soudain. Apparemment, cette femme était très à cheval sur l’éthique et les bonnes manières. Je m’efforçai de ne pas trop faire remarquer le changement. Allez ça se joue entre toi et moi, Madame danger. Maintenant que Keiko nous avait embourbé dans cette situation, c’était comme d’habitude à moi de sauver les meubles.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, Setsuna-san, je ne mérite pas tant de manières, chuchotai-je un sourire en coin. Je suis simplement fatiguée de mon voyage jusqu’ici. Pouvez-vous m’en apprendre un peu plus sur ce lieu ? Normalement, je devrai être inscrite comme future surveillante, si les choses se sont déroulées comme elles devaient. Alors… vous voulez bien m’aider ?  

Je penchai la tête, après m’être redressée. C’est pas simple de parler normalement tout en imitant Keiko… Avais-je réussi ?  Je n’en étais pas si sûre. Il n’y avait plus qu’à espérer.

☁ «Tu as de la chance microbe que ton corps soit le mien, sinon je t’aurais éclatée à me faire des coups pareils ! » , pestai-je intérieurement, alors que Keiko se faisait aussi petite que possible.
☁ Ceci représente les dialogues internes entre Kei et Keiko

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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Sam 21 Jan - 19:36
Un goujon,
Une grenouille, un héron.
Instant suspendu.


Ce silence en devenait inquiétant. La jeune femme était jusque là une tornade d'énergie se retenant à grand-peine de valser en tout sens. Pourquoi se taire ? Pourquoi se figer ? Etait-elle indisposée ? Setsuna pouvait-elle faire quoi que ce soit pour l'aider ? L'inquiétude augmenta dans son aura lorsque la nouvelle-venue laissa subitement tomber sa tête en avant. Le seule fois où quelqu'un dans son entourage avait eu ce type de comportement erratique, dynamique puis subitement relâché, c'était un client épileptique. Est-ce que Keiko était...

Non. Setsuna ramena sa main vers elle et la referma contre son coeur sans y prêter attention. La jeune femme relevait la tête. Elle devait aller mieux malgré son air... perdu ? Etrange impression que de sentir une chose différente chez elle tout en la voyant identique. Setsuna ne savait même pas vraiment ce qui la gênait. L'anxiété devint distance tandis qu'elle se reculait mentalement à défaut de pouvoir le faire physiquement. La geisha était être d'habitude ; tout changement imprévu ou inexpliqué la mettait très mal à l'aise.

Son discours ne fit rien pour arranger la situation. La voix tout d'abord : identique mais avec quelque chose de différent. Le souvenir lui revint de cette soirée où elle avait écouté un enregistrement audio d'un récital de Tomoko : les notes étaient justes, la voix était juste, les paroles étaient juste et pourtant c'était... Différent. Elle qui d'ordinaire écoutait avec plaisir son ainé s'entrainer avait dû quitter la pièce, perturbée par cette absence indescriptible. Et les paroles étaient trop... directes. Ou l'imaginait-elle ?

Penchant légérement la tête sur le coté, la geisha laissa ses yeux courir un bref instant sur le visage de son interlocutrice avant de ciller et de se redresser un peu plus. Bien que perplexe, elle força ses lèvres à remonter jusqu'à former un léger sourire de politesse. A moins d'être un expert en matière de dissimulation, personne n'aurait pu se douter qu'elle feignait la bienveillance mais Setsuna fit néanmoins légérement fluctuer son aura pour corroborer son comportement. Faire au mieux n'était jamais un mal, comme elle l'avait appris très tôt.

"Le directeur a son bureau installé dans les étages supérieurs du lycée derrière nous. Je peux vous y mener de suite si vous le désirez, Keiko-san. Néanmoins, peut-être préféreriez-vous vous restaurer au préalable ?"

Impassible, la geisha attendit la réponse de la supposée surveillante. Son rôle était d'accueillir, non de juger. Bien qu'il lui semble étrange qu'une telle personne soit employée pour surveiller les élèves, elle n'avait aucune preuve du contraire et estimait que le directeur serait le mieux à même de gérer cette étrange situation.
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Mar 24 Jan - 17:09

~Là où les rêves se meurent~

~à petit feu~




Setsuna Matsumoto | Kei Maou


░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░




A l’entente de ma voix, mon instinct animal perçu l’espace d’une fraction de seconde un mouvement de recul, peut être due à de la surprise ou de la peur. L’instant dura si peu de temps que je ne pouvais pas être certaine de ce qui l’avait amenée à réagir de cette manière. Apparemment, mon coup de bluff n’était pas assez probant à son goût.  Cette femme était impressionnante, car bien qu’elle ait compris que quelque chose avait l’air bizarre, mais n’avait nullement changé son attitude envers moi. Je pense que si je n’avais pas eu des gênes me reliant à ce petit animal roux, je n’aurai jamais su qu’elle avait eu cette semi-réaction.  

☁ « Keiko, tu es là ? » lançai-je dans le vide de notre zone de contact interne.

Aucun mot ne sortit de sa part, mais j’avais l’habitude d’être à l’affut de tout mouvement et soupir interne. Elle n’avait beau pas répondre, je sentais qu’elle m’écoutait, tel un enfant replié sur lui-même relevant la tête pour mieux suivre ce qu’il se passe.

☁ « Toi aussi tu l’as senti ? »  Demandai-je dans l’espoir d’un appui.

☁ « De quoi ? » répliqua une toute petite voix étouffée.

☁ «  Rien rien… » soufflai-je

Keiko ne posa pas plus de question, elle avait l’habitude que je n’y réponde pas, préférant plongé sans retenue dans mes pensées et interrogations. Dans cette situation, il y avait deux possibilités : ou Keiko s’était totalement bloquée de manière à ne plus s’impliquer dans ce qui se passait entre son corps et l’inconnue, ou j’avais imaginé ce mouvement de recul, trop obnubilée par l’idée que cette femme nous cachait quelque chose. Pourtant, sa courtoisie et sa politesse constante ne me rassuraient guère.  A nouveau, la voix de la jeune geisha vibra jusqu’à moi, me rappelant à la réalité que je ne devais pas avoir quitté depuis plus d’une minute.

- Le directeur a son bureau installé dans les étages supérieurs du lycée derrière nous. Je peux vous y mener de suite si vous le désirez, Keiko-san. Néanmoins, peut-être préféreriez-vous vous restaurer au préalable ?

Mon cœur frappa un coup violent contre ma cage thoracique. Le directeur m’aurait semblé être une bonne idée en temps normal, mais je ne m’étais pas annoncée comme corps comportant deux personnalités et je préférais que nous fassions nos preuves avant d’en parler. De plus, si notre dualité était pressée à jour, il risquait bien de se rendre compte de mon amnésie… et je ne souhaitais en aucun cas qu’ils nous prennent comme objet d’étude. Si je réagis de la sorte, c’est dû au fait que nous avions déjà été confronté à une situation similaire au début de notre cohabitation, lorsque nous cherchions des explications à ce dédoublement de personnalité, ainsi que notre amnésie… mais ceci est une autre histoire, dont je me garde bien de parler. Pour résumé, il fallait que je nous éloigne, cette femme et moi, du directeur. Si ça ne tenait qu’à moi, je lui aurais déjà asséné un coup bien placé avant de m’enfuir pour nous protéger, mais rien ne m’affirmait que cette personne nous ait cerné. Sur deux choix qu’elle m’offrait, il ne m’en restait plus qu’un… la décision ne fut donc pas difficile.  

- Hé bien… J’aimerais volontiers que vous me fassiez visiter, ou du moins que je puisse manger. Mais pas seule … seule dans un nouvel endroit j’ai peur… Vous vous êtes gentille … vous voulez bien Setsuna-san ?

Comme cela sonnait faux venant de ma bouche, mais je ne pouvais décemment pas lui offrir l’opportunité de découvrir l’existence de deux âmes. Un de ces jours, elle et Keiko me le payeraient, mais ça ce n’était pas encore pour tout de suite…

☁ Ceci représente les dialogues internes entre Kei et Keiko

Kei ◐ ◑ Keiko
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MessageSujet: Re: Là où les rêves meurent à petit feu Mer 25 Jan - 19:03
La feuille d’érable
En tombant montre l’envers
Autant que l’endroit.


D'où venait ce papillonnement à peine perceptible ? Un très bref instant, la nouvelle arrivante lui apparut de deux façons totalement opposées. Agressive et timide, sûre d'elle et craintive, renfrognée et amicale. Endroit et envers, Yin et yang. Mais l'image s'envola au gré d'un simple battement de ses paupières, laissant pour unique trace de son passage un vieux haiku sur l'éphémérité et la dualité du monde. Ressaisis-toi Setsuna, se morigéna la geisha en chassant le poème inadapté de son esprit.

Ses mots lui semblèrent cette fois-ci moins étranges. Les pauses se laissaient entendre, les hésitations ressentir. Ainsi donc c'était son imagination qui lui jouait des tours ? Ce n'aurait pas été la première fois hélas. Il lui faudrait faire attention les prochains jours à ne pas s'emballer au sujet de n'importe quoi. Vraiment, pourquoi craindre ou s'interroger au sujet d'une simple surveillante égarée ? Setsuna inclina donc encore une fois la tête, accusant réception des paroles de son interlocutrice. Une parfaite hôtesse japonaise ne devait jamais heurter de front un invité : tel était le premier commandement de la geisha. Son imperceptible crispation se relâcha tandis qu'elle se redressait, sa main libre tira négligemment sur le pan lâche de sa veste d'uniforme, restaurant sa tenue impeccable. Surveillante, avait noté un coin de son esprit. En sa présence, elle devait d'autant plus respecter impeccablement les règles de l'académie que ce soit au niveau habillage ou comportement. Sans règles, points de courtoisie et point d'art.

- Accepteriez-vous de me suivre, Keiko-san ? Je peux vous mèner au réfectoire.

Par habitude, ses yeux allèrent se poser derrière elle et confirmèrent ce qu'elle avait cru comprendre auparavant. La jeune femme avait pour tout bagage son sac à dos. Etrange façon d'arriver sur son nouveau lieu de vie. Peut-être celle-ci avait-elle fait envoyer auparavant ses affaires jusqu'à l'académie mais cela semblait peu probable au vu de son comportement en découvrant les lieux. Qui plus est, si les autorités avaient été mises au courant de son arrivée, nul doute qu'elles auraient dépêché à sa rencontre un membre du personnel. Setsuna se garda bien de faire le moindre commentaire sur ce dénuement, estimant qu'il serait inconvenant de le faire remarquer à Keiko.

Et cette jeune femme... malgré elle, elle inclina légérement la tête en revenant à elle. Devrait-elle se placer à ses cotés comme une connaissance ? La tenir par le bras, comme le faisaient certaines de ses condisciples proches par l'âge ? Quelques minutes plus tôt, elle aurait sans doute spontanément choisi de rester au contact de la surveillante mais ce léger décalage de comportement la décontenançait assez pour qu'elle hésite à se rapprocher d'elle. Alors devait-elle ouvrir le chemin, au risque de passer pour impolie en la laissant en arrière ? Quelle solution était la plus bienséante ? Elle ne savait trop étant donné les circonstances. Se décidant pour un compromis elle invita Keiko à la suivre d'un geste de la main droite tout en se retournant, son shamisen calé au creux de son bras gauche. Tout en avançant à petits pas afin de permettre à la jeune femme de soutenir son allure, elle laissa son membre libre dépasser. Si celle-ci voulait se tenir à ses cotés, qu'elle le fasse. Setsuna lui laissait le choix.
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MessageSujet: [Fin/ Terminé] Ven 27 Jan - 16:20

~Là où les rêves se meurent~

~à petit feu~




Setsuna Matsumoto | Kei Maou


░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░░




Comme je pouvais m’y attendre, Setsuna avait entièrement retrouver cette aura de paix. Elle était tellement réconfortante que s’en était déconcertant. Le mélange entre son physique de beauté froide et son aura d’une immense chaleur et douceur me déconcertait. J’étais curieuse de savoir comment elle faisait cela. Lorsque nous échangions nos personnalités tout changeait. Effectivement, bien que nous ayons le même corps, le changement s’avère être radical en fonction de qui a possession du corps. Keiko par exemple dégage cette chose enfantine que l’on retrouve chez tous les petits êtres humain à ce que j’avais pu constater. Elle ne sait pas se tenir tranquille sur ses jambes et affiche spontanément un sourire digne des publicités pour dentifrice. Quant à moi, je dégage à ce qu’il paraît une aura beaucoup plus froide, qui se confondrait presque avec un sentiment de malaise. Physiquement, notre corps est bien plus encré au sol et plus « imposant », même si au vu de notre taille le mot imposant n’est peut-être pas le mieux choisi. Tout cela pour dire que nous n’avions pas d’aura stable, même si celle-ci différerait un peu de notre mental ou, comme Setsuna, de notre physique. Il est vrai que nous n’avions jamais essayé de nous uniformiser. Nous étions toujours restés au stade de deux âmes dans un même corps et c’est tout.

☁ « Faudra qu’on parle minus un de ces jour… j’ai trouvé une piste pour encore mieux nous cacher »

☁ «  Humhum » acquiesça sans trop m’écouter la petite chose.

☁ « Toujours aussi convaincue.»

☁ « Toujours très convaincante  » soupira-t-elle sans que je ne l’entende vraiment.

Il est vrai qu’elle s’en fichait de se faire percer à jour. Je pense même que ça la soulagerait par moment. Elle n’avait jamais aimé se cacher. Après tout, passer inaperçu allait à l’encontre de son mode de vie. Elle qui aimait les gens ne pouvaient pas ne serait-ce que s’imaginer traverser les temps telle une ombre.  
Le vent effleura mon visage comme pour annoncer que Setsuna-san voulait parler.  

- Accepteriez-vous de me suivre, Keiko-san ? Je peux vous mener au réfectoire.

J’en avais presque oublié notre conversation ! Ma mission actuelle était de ne pas la laisser filer, car si elle s’en allait trop loin de moi avant que je ne sois sûre de son innocence et de sa réelle bonté je serai amenée à lui faire passer un mauvais quart d’heure. … Oh c’est bon ! Je vous entends déjà « Mais ça ne se fait pas ! ». Ce n’est pas vous qui êtes en danger à l’heure actuelle. Enfin danger… cela pouvait être relatif en fonction des intentions de cette chère geisha… Ah attendez je vous laisse elle avance d’un pas…

- Euh…mais vous restez avec moi hein ? Parce que j’ai peur moi… Je peux vous donner la main ?

☁«Et vas-y, prends encore un petit coup d’innocence et de gaminerie dans ta face ! Tu es faites comme un maki ma jolie ! »  

☁ Ceci représente les dialogues internes entre Kei et Keiko

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