Entre chien et loup
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MessageSujet: Entre chien et loup Mar 31 Jan - 20:34
Tu te demandes vraiment d'où vient cette couleur rubis.

Une souche d'arbre pour siège, tu essaies de percer du regard les profondeurs du lac sanglant. Dans ta région natale, les ruisseaux de montagne étaient si transparents que tu pouvais observer les alevins lutter contre les remous des cascades. La Garonne quant à elle transportait des tonnes et des tonnes de boues diverses qui la coloraient d'un vilain ocre terreux. Rien de comparable à ce lac si, si rouge qu'il semble empli de sang. Pourtant, ce n'en est pas. Tu l'as vérifié en lançant un caillou à sa surface plus tôt - et même si tu n'en as pas vraiment conscience, voir les ondulations rondes se répandre autour de son point de chute t'a vaguement rassurée.

Donc un lac empli d'eau, non de sang. Un vrai lac, empli de poissons, d'algues, de caillou, de boue. Tu fouilles dans tes vieux cours de biologie en quête d'une explication. Peut-être un microorganisme en suspens dans l'eau ? Ou des algues lâchant des spores colorées et teignant le tout ? Tu es à peu près certaine que la Mer Rouge tient son nom d'un phénomène de ce genre - mais la Mer Rouge n'est pas vraiment rouge elle. Alors peut-être... Explication après explication, tu perds la notion du temps sous ce soleil couchant. Pourtant tu ne sais vraiment pas grand chose sur le sujet et finalement, tu n'en as pas grand chose à faire. Le lac restera rouge quoique tu penses de lui. Il n'est même pas spécialement beau.

Oui mais tu es perdue. Tu as passé au moins deux heures dans cette forêt à chercher ton chemin jusqu'à tomber sur ce lac. Fatiguée, tu t'es posée ici et tu as commencé à penser. La simple idée de te relever pour te perdre dans ce labyrinthe végétal te démoralisait. Ca impliquerait de tourner le dos à cette vaste étendue sanginolente et l'idée te remplit d'un certain malaise - même si oui tu as bien vérifié il ne s'agit que d'eau, te rappelles tu encore une fois. Au moins, ici, tu es tranquille et en sûreté alors que dans les bois
(dans les bois)
dans les bois
(personne ne viendra te chercher)
tu ne sais plus. Tu n'as pas envie de chercher de toute façon, juste de réfléchir et d'attendre ici.

Alors tu regardes encore une fois le lac. Tu replies tes jambes sous toi pour te réchauffer tandis que la température chute et tu enfouis les mains dans les poches de ta veste.

Tu te demandes vraiment d'où vient cette couleur rubis.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup Mar 31 Jan - 23:51
Baskerville avait passé la nuit dehors à chasser avec ses compagnons et une bonne partie de la journée à dormir mais, vers midi, une odeur de steak frais venue lui chatouiller la truffe l'avait réveillé. Une de ses collègues, délicieusement attentionnée, lui avait posé son déjeuner avec un mot tout aussi charmant posé à côté.

La prochaine fois que tu passes la nuit dehors à hurler à tout va, ramener tout les lapins que tu croise droit sur les dortoirs et à te fatiguer suffisamment pour dormir le jour, on discutera avec l'équipe d'où est-ce qu'un tapis en poil de Baskerville sera le plus esthétique. Tu pourras toujours courir, mais je t'assure que tu seras nu comme un vers. Et là, tu comprendra pourquoi on met des fringues.  

Il grogna, mâchouillant sa viande d'un air renfrogné. Premièrement, celui qui le tondrait n'était pas encore né et deuxièmement, il n'avait pas fait que hurler à la lune, il avait aussi vaguement surveillé le périmètre.

Et puis ça va, merde, il était déjà presque tout seul pour assurer les horaires de nuit... Il avait le droit de dormir.  

C'est pas parce qu'avec ses sens diminués elle avait besoins de toute son attention ne serait-ce que pour repérer un élève que c'était le cas de tout le monde. Lui, les élèves il les repérait à des kilomètres ! A l'autre bout du pays ! OUI MONSIEUR ! PARFAITEMENT MONSIEUR ! Il était efficace lui au moins.

Il lui fallut dix minutes de machouillage et d'orgueil mal placé avant qu'il ne se remette de l'incident et décide de retourner patrouiller, un peu à contre cœur. Il avait emprunté un livre très intéressant sur l'histoire du Japon et voilà que les impératifs de son emplois le poussaient à reporter sa lecture. Comme quoi, ça serait pas de sa faute s'il le rendait en retard. Il avait tout une culture à se construire et peu de temps pour le faire, c'est pourquoi il s'appliquait à finir le plus rapidement possible tout livre qu'il empruntait à la bibliothèque mais, bien souvent, la fréquence de ses rondes l'empêchait d'être véritablement efficace. Comme ce jour là.

La majorité du campus était tranquille en cet après midi. Pas une bagarre, aucun monstres animaux égarés hors des bois... Le temps passa tranquillement, presque un peu trop. Il trouva même le moyen de charmer un étudiant, en se faisant passer pour un chien lambda, de manière à ce qu'il lui brosse le poil. C'était un désavantage majeur résultant du fait de ne pas avoir de mains : ne pas pouvoir se laver ou se brosser seul. Parfois il en faisait un sujet de punition, trois heures de colles composées d'un toilettage complet. Ça l'amusait beaucoup.

Bref. Une vraie aprem' détente. Ça valait bien la peine de le faire chier pour qu'il reprenne son service si c'était pour si peu, pensait le limier alors qu'il galopait en longeant le bois. Il commençait à se dire qu'il allait rentrer lorsqu'un léger parfum de peau sans poil et de vêtements lui effleura les narines. L'odeur était isolée et venait du lac. Enfin, de la direction du lac. Baskerville s'arrêta, prenant le temps de humer l'air plus avant. Pas de doute, élève, membre du personnel ou intrus, c'était une personne. Et il n'aimait pas que des personnes traînent près du lac... Avec les prédateurs pouvant sortir du bois un accident était si vite arrivé...

Il se dirigea en trottinant vers la source de l'odeur, se camouflant dans les buisson en se faisant le plus discret possible. Attentif, il était une ombre entre les branches. Sous ses pattes, feuilles et brindilles se cassaient en silence. Quelques arbres aux doigts crochus le débarrassèrent de poils morts, cherchant presque à retenir sa silhouette lupine.

Il s'arrêta dés qu'il eu un visuel. Une jeune fille se tenait assise sur une souche, les yeux perdus sur le lac. Elle s'était recroquevillée et semblait avoir froid... Elle paraissait ailleurs, un peu perdue dans l'espace et dans sa tête.

Le molosse s'arracha doucement à son écrin de verdure, s'avançant en silence vers la bipède. Arrivé à une distance qu'il jugea suffisante, il s'arrêta, prenant le temps de la regarder. Ses deux oreilles actives indiquait l'attention toute particulière qu'il donnait à tout ce qui l'entourait tandis que le reste de son être était calme et posé.

Il patienta quelques secondes puis il gémit pour indiquer sa présence à la jeune femme. Il avait décidé de ne pas parler : il serait un chien tout ce qu'il y avait de plus normal. Un gros chien noir qui ramènerait la jeune femme vers les dortoir, comme ces clébars d'histoires fabuleuses que l'on conte aux enfants où il y toujours un fidèle compagnon pour couvrir vos arrière.

Penchant la tête sur le côté, l'air un peu bête, il avait posé sur elle ses grands yeux de cabot intrigué. Et lorsqu'il sentis son regard il aboya, se mettant à remuer la queue et sortant la langue pour respirer.
Aller la puce. Vient me voir, on va rentrer à la maison.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup Mer 1 Fév - 11:13
Tes pensées n'ont que peu dérivé : tu es passée de l'origine de la couleur du lac à l'énumération de tout ce qui peut y vivre.

C'est qu'avec l'heure tardive, sa surface a commencé à s'agiter et de brouiller, laissant de temps à autre deviner des formes, des êtres, des mouvements. Près de la surface est apparue une myriade de bulles, similaires à celles que tu observais lorsque des bancs de poissons se décidaient à frayer au printemps dans les étangs du coin. Ailleurs, des mouvements lents et sinueux, groupés ; pour la tranquillité de ton esprit, tu as préféré croire qu'il s'agissait d'un groupe de poisson-chats et non pas de tentacules monstrueusement grosses. Mais le plus perturbant est cette silhouette gigantesque qui s'est laissée deviner au loin, transformant le rouge sanguin en cramoisi écoeurant ; silhouette monstrueuse, titanesque
(elle est dans tes cauchemars elle va t'attraper t'engloutir te noyer)
qui te met mal à l'aise par sa seule existence. Celle-là, tu ne l'as pas quittée des yeux jusqu'à sa disparition - et ton trouble n'a fait que se renforcer ensuite, maintenant que tu ignores où elle est passée. Peut-être est-elle partie. Peut-être se tient-elle tapie juste devant toi, bien cachée, prête à t'attirer dans les profondeurs si tu viens tremper ne serait-ce qu'un doigt dans l'eau rubis.

C'est un gémissement qui te sort de tes errances oniriques et fascinées ; avant même de l'avoir décidé consciemment, tu as quitté la morne étendue du regard pour te fixer sur l'origine du bruit. Un chien. Tu le savais déjà. Dans ton village, nombre de famille disposaient d'un chien de chasse ou de garde. Vous-même
(Toi-même)
aviez un chien quand tu étais enfant. Un bâtard baptisé Bururdi pour une raison qui t'échappe désormais mais semblait logique à l'époque. Rien n'était racé ou coordonné chez ce chien, même pas son caractère et son obéissance. Il adorait surgir au pire moment pour coller sa truffe froide sur ta peau nue et t'arracher un petit cri de dégout surpris, tu t'en rappelles. Sale cabot.

Un petit sourire éclaire ton visage alors que tu te relèves de ta souche - avec un brin de difficulté, il est vrai, tant l'inaction a ankylosé tes muscles. Cela fait longtemps que tu as dépassé la mort de ton chien, il est facile de se rappeler des bons moments sans se perdre dans la tristesse de sa disparition, contrairement à
(ta famille)
d'autres choses.

"Que fais-tu là, toi ?"

Tu observes avec attention sa réaction en entendant ta voix. Aussi contente que tu sois, tu n'oublies pas les réflexes élémentaires de sécurité. Ce peut être un chien sauvage, un monstre
(un élève)
ou toute autre chose. Tu ne sais rien de l'académie après tout. Rien ne dit que ce chien n'est pas un danger. Et puis ce n'est pas un petit caniche ce canidé, plutôt une bête de chasse lourde et musclée.

Mais sa réaction te rassure. L'animal n'est pas agressif ou peureux. Il te rappelle plutôt les chiens égarés qui échouaient dans votre
(ton)
village, tout penauds, et dont les maitres randonneurs ou chasseurs arrivaient quelques heures plus tard.

Aussi après quelques pas lents vers lui t'arrêtes-tu. Tu t'accroupis souplement et, une main au sol pour garder ton équilibre, tu tends l'autre vers lui, grande ouverte, afin qu'il se rapproche à son rythme et vienne la sentir. Tu as toujours éprouvé un rien de mépris pour ces gens qui imposaient de force leur contact aux animaux errants ou familiers sans songer un instant que l'animal n'appréciait peut-être pas leur compagnie.

"Viens me voir que je te caresse derrière les oreilles" dis-tu. Tu sais qu'il ne comprend sans doute pas ce que tu lui dis mais tu ne peux pas t'empêcher de lui parler.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup Mer 1 Fév - 23:01
La rêverie de la gamine était visiblement profonde et en sortir lui prit quelques secondes. Elle sourit lorsqu'elle le vit, cherchant à se lever... Basker faillit se précipiter pour l'empêcher de se casser la figure.

Bah alors, on tient plus sur ses jambes jeun fille ?

Pourtant elle avait l'air entière. P't'être qu'elle était restée assise trop longtemps ? Un truc qu'il ne comprendrait jamais : pourquoi les bipèdes prenaient-ils des positions qui leurs étaient si inconfortables ? Jamais il ne tordrait ses pattes comme eux le faisaient, fallait être stupide pour faire un truc pareil.

-Que fais-tu là, toi ?

En entendant la voix qui s'adressait à lui, il baissa la tête en mettant doucement les oreilles arrière et en remuant la queue. Il accompagna le tout d'un petit gémissement penaud à peine perceptible, histoire d'aller jusqu'au bout. Le pire c'est qu'il se forçait rarement à adopter ce genre de comportement. En fin de compte ça lui était plutôt naturel, il y prenait même un certain plaisir. Quémander avait finit par l'agacer mais si obtenir quelques caresses ne demandait qu'un regard coulé en coin ses réticences s'envolaient assez rapidement.

La jeune femme était prudente. Elle se rapprochait un pas après l'autre, respectant une certaine distance sécurisante. Le limier attendis qu'elle s'arrête avant de tendre la truffe dans sa direction et de humer l'air à quelques centimètres de sa paume. La fraîcheur de son parfum lui emplit les sinus. Elle était moelleuse, si discrète qu'elle s'infiltrait de partout et finissait par retenir toute votre attention. Une jeune fille à l'odeur de lame bleue, avec une pointe de rondeur terreuse. Peut être un morceau de chant sylvestre aussi, celui du vent dans les branches feuillues.

-Viens me voir que je te caresse derrière les oreilles.


Il tendit la tête, venant poser de lui même poser son crâne son sa main. Il renifla encore un instant le creux de son poignet, y apposant un coup de langue respectueux. Le goût était plus sucré qu'attendu. Penchant sa tête sur le côté il guida les doigts à l'angle de sa mâchoire, vers le cou, finissant par se rasseoir en tombant à moitié. Petit à petit, il sentis sa tête reposer contre la paluche du singe à tel point qu'il ne pu résister à l'idée de se mettre sur le dos et d'attendre plus de grattouilles.

Il était en train de s'allonger lorsque qu'un bruit le fit sursauter. Un craquement peu discret venant  des fourrés. Il se redressa subitement, se tournant vers les bois avec un grognement d'avertissement et le mouvement cessa brusquement. Il fit deux pas en avant, le poil dressé, l'air méfiant...

Mais rien ne se passa. Aucune information sonore ou olfactive ne lui parvenait, il n'y avait que le vent dans les branches et le fumet de la forêt. Pourtant le craquement ne venait pas de nulle part... Devant lui il n'y avait rien d'autre que l'obscurité de la forêt. Quelques corbeaux coassait mais à part cela le silence semblait peser comme une chape de plomb. Aucune information agressive ne lui parvenait, la chose cherchait à se camoufler, à ne pas être repérée... Il lui semblait même qu'elle agissait comme une proie, cherchant à faire le mort. Mouaif...

Trop tard l'ami, je t'ai repéré.... Qu'est ce qu'on fait maintenant, hein ?

Pendant de longue seconde, l'immobilité du chien était totale. Puis, agacé d'attendre, il bondit en avant en poussant un aboiement de tout les diables. Plusieurs dizaines de branches se rétractèrent et rampèrent le plus vite possible en direction des profondeurs de la forêt. Il grogna une dernière fois, regarda à droite, puis à gauche... Il ne lui semblait que la créature leur voulait du mal, elle devait seulement passer par là, mais il préférait ne pas traîner.

Il s'engagea sur le chemin pendant quelques mètres puis s'arrêta. Il jappa en direction de la jeune fille et s'assit pour l'attendre. Il allait l'escorter jusqu'aux dortoirs et s'assurer que rien de grave ne lui arriverait.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup Mer 1 Fév - 23:38
Tu ne le sais pas mais un sourire ravi courbe tes lèvres lorsque le chien s'approche de toi et accepte ton contact. Ce petit moment d'affection dénué de toute arrière-pensée fait du bien à ton petit coeur. Tu aimes les chiens pour leur loyauté et leur amour désintéressé et celui-ci te le montre bien.

Mieux encore, il s'approche et se presse contre ta main. Avec un geignement il réclame que tu le grattes sous le museau, sous les babines, derrières les oreilles. Tu lui accordes ce moment de caresse sans hésitation, commençant à te concentrer sur les zones qui faisaient craquer ton défunt Bururdi. Visiblement, ta mémoire ne t'a pas fait défaut. L'animal se serre d'autant plus contre toi et descend petit à petit. Sans t'en rendre compte, tu retrouves ce langage à base de claquements de langue et de sifflements étouffés que tu maitrisais enfant, celui que tu utilisais avec tous les animaux que tu croisais. Pas de mots, pas de termes, juste un rythme et une intention que tu croyais alors intelligibles par tout être vivant. Mais finalement, s'il fallait le traduire en langage humain, ce que tu dis en ce moment serait tout à fait banal : oh le beau chien, oh oui, tu aimes qu'on te gratouille là hein ? c'est ça, comme ça, ne me pousse pas, doucement... Le gagatisme n'a pas de langage.

Mais alors que le chien s'apprête à céder l'attrait du calinage incontrôlé, quelque chose craque dans les fourrés tout proches. Tu as une réaction instinctive et tu essaies de reculer : à genoux comme tu es, tu n'arrives qu'à basculer en arrière et finir postérieur dans la poussière. Le chien n'est pas du genre à s'emmêler les pattes lui et s'est relevé d'un bond. Fourrure dressé, regard vif ; tu remarques à ce moment précis sa taille et sa carrure massive. Il te dépasse en cet instant. Les crocs qui dépassent de sa gueule grondante te rappellent ceux des tigres à dents de sabre. Tu avales ta salive, priant pour que sous le coup de la folie il ne te saute pas au cou...

Mais rien : tel un chien de chasse bien dressé, il se contente de rester aux aguets de ce qui pourrait sortir de la forêt. Son unique mouvement ensuite est d'aboyer - et vu la taille de ce qui décampe en réponse, tu te relèves plus vite que tu ne l'aurais cru possible. Tu n'as aucune idée de ce qui traine dans ce coin-ci mais tu ne tiens pas à le découvrir. Tu prends à peine le temps de frotter tes genoux pour balayer quelques brins d'herbe accrochés à ta peau et tu suis le chien. Après tout, te dis-tu, il n'a pas l'air sauvage et son pelage est soigné ; son maitre ne doit pas être loin.

C'est vrai, mais ce n'est pas la vraie raison. Tu ne veux surtout par être là lorsque la chose sortira de la forêt. Imagine que ce soit un troll gigantesque, un sanglier blessé ou même la chose qui hantait le lac plus tôt. Cette simple idée te fait froid dans le dos. Tu poses une main dans le pelage du chien pour te rassurer.

"Allez, emmène moi à la maison..."

Qui essaies-tu de tromper ?Ta voix n'est qu'une suite de mots sans sens, même à tes propres oreilles. Tu espères juste te rassurer en faisant comme si la situation était sous contrôle.
(Elle ne l'est pas)
Résistant à l'envie de te retourner, tu suis le chien avec une attention presque religieuse.
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup Sam 11 Fév - 13:40
La jeune fille venait de se rapprocher comme pour se rassurer auprès du molosse. Elle semblait profondément mal à l’aise. Baskerville se colla contre sa jambe, marchant un peu penché.

Ne t’en fais pas la puce. Tout va bien, c’est rien, juste une plante qui a un peu trop la bougeotte.

Bien qu’il soit persuadé que ce qu’ils avaient croisé était inoffensif, le quadrupède restait aux aguets. Ses oreilles actives bougeaient rapidement en direction de tous les sons qu’il percevait mais son pas était calme.

Après un temps, il se sépara de la blondinette, passant devant elle pour la guider. Il trottinait devant, s’arrêtant de temps en temps pour attendre la jeune fille. Il reposait alors son postérieur dans la poussière et regardait dans la direction de l’élève, sentant le vent qui se rafraîchissait agacer ses poils. Puis, dés qu’elle était à sa hauteur, il lui léchait la main et recommençait son manège. Tout en marchant, le chien réfléchissait au chemin qu’il devrait emprunter : habitué à couper à travers les fourrés il ne connaissait pas bien la route à bipède.

Ils pouvaient ou bien contourner la forêt et en avoir pour une heure ou couper au travers et être arrivés en vingt minutes. Passer au travers ne devrait pas poser plus de problèmes que cela mais il y avait un risque que la petite panique. Bon. Au pire, ça valait le coup de tenter, il n’avait pas envie d’y passer la nuit et la jeune fille finirait par s’en remettre.

Une goutte tomba sur sa truffe. Il renifla, regardant le ciel. La pluie semblait vouloir s’en mêler sans aucune considération pour ceux qui se trouvaient encore dehors. Il respira profondément en bifurquant dans un petit chemin qui s’enfonçait entre les branches. Il était couvert de feuilles mortes qui estompaient les sons et les arbres formaient une arche loin de dessus des têtes des passants. Sur le sol poussaient quelques champignons dont se dégageait une légère lumière, balisant la route.

Rien ne semblait bouger. Baskerville s’engagea sur le chemin, reniflant le sol. Une odeur d’humus agréable titilla ses narines. C’était définitivement sécure mais il lui fallait un moyen de rassurer la jeune fille. Il la regarda pendant deux secondes avant de se baisser, les fesses en l’air comme un chien qui veut jouer. Il fit voler les feuilles, courant comme un dératé avant d’aller se rouler plus loin sur le chemin.

Aller… Vient… Que je dois avoir l’air ridiculement idiot là !
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MessageSujet: Re: Entre chien et loup Ven 17 Fév - 11:42
"Hey ?"

Tu l'appelles par habitude. Tu as vite compris que le chien n'essayait pas de te semer mais préférait jouer les éclaireurs. Et pourtant, dès qu'il est hors de vue plus de quelques secondes, tu le rappelles. Une habitude ; toujours rester à portée de voix des autres dans un groupe. Un instant, tu t'ébahis de toutes ces habitudes que tu croyais disparues à jamais et qui pourtant continuent à régir ta vie sans que tu n'en aies conscience. C'est un sentiment aussi confortable qu'opressant, comme si tous ces petits riens étaient un filet qui t'emprisonnait et te soutenait en même temps - mais tu oublies cette idée lorsqu'une branche rétive te fouette le visage.

Ce n'est pas le moment de philosopher, juste d'avancer.

Et avancer, vous ne faites que ça. Tu visualises ton trajet comme une suite de segments à la s uite les uns des autres et t'imagines remonter lentement l'encre du schéma, petit point perdu dans une grande feuille blanche. A l'autre bout, il y a... tu n'en sais rien. Mais au moins, ce ne sera pas le lac de sang.

Bruissement. Tu relèves la tête et place presque aussitot tes mains au dessus de ton visage pour faire rempart à la pluie. Le ciel s'est couvert, le soleil ne réchauffe plus rien. Il est donc si tard ? Il faut vraiment que tu rentres : on t'a maintes fois dit de ne pas trainer dans cette forêt de nuit. Ton pas se presse, tes yeux se baissent, tu avances presque au pas de course. Ce n'est pas le moment de tomber. Avec l'habitude de la randonneuse aguerrie - sans aucun sens de l'orientation mais aguerrie tout de même - tu scrutes le sol avant de poser tes pieds. Tapis de feuilles mortes et champignons, tu les foules de tes souliers ; tu n'aimerais pas être là lorsqu'il pleuvra pour de bon et que le tout se changera en bouillasse glissante.

Le chien t'a emmené dans une sente plus petite, plus étroite. Tu n'hésites quasiment pas avant de le suivre. Il t'a attendu jusque là et a suivi un chemin accessible ; tu n'as pas de raison de douter de son jugement - et puis, petit point ne sait de toute façon pas où conduit la ligne brisée, juste qu'il doit la remonter. Devant toi, tu l'aperçois faire le fou, chiot découvrant les joies des feuilles mortes ; tu ne peux t'empêcher de rire. Le contraste avec son comportement si sérieux est vraiment marquant.

- Allez, on y retourne cabot, lui dis-tu avec affection en le rejoignant puis en le dépassant. Tu sais qu'il va te dépasser en courant et filer t'attendre un peu plus loin. Tout ce que tu espères, c'est qu'il n'en profitera pas pour se rouler dans une flaque de boue...
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