What shall we do now ?
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MessageSujet: What shall we do now ? Ven 10 Fév - 23:59
Ta mâchoire te brûle ; tu tamponnes encore ta joue de la poche réfrigérante qu'on t'a confiée. Du bout de la langue tu passes encore et encore sur tes dents, cherchant d'où vient cet arrière-goût cuivré de sang. Tu ne t'es pas loupée. Tu as de la chance de t'en sortir avec quelques hématomes et un oeil au beurre noir. Qui aurait cru que tu avais autant de force ? Pas toi en tout cas.

Derrière toi, du bruit. Tu te retournes à demi, attendant que le professeur passe la porte. Le boucan se précise avant de s'éloigner ; tu as reconnu des élèves de ta classe. Les habituels retardataires. Sherman Fury ne devrait pas tarder à venir te rejoindre dans son bureau. Tu soupires et reviens à ta position initiale. Yeux rivés sur les photo vieillottes accrochées au mur, tu attends. Que vas tu lui dire ? Tu ne sais pas vraiment. Tu n'as pas compris toi-même pourquoi tu avais agi ainsi.

Tout ce que tu sais, c'est que les mauvaises blagues se sont succèdées depuis ton arrivée. Un stylo prêté cassé. Une trousse qui disparait. Une boulette de papier pleine d'encre dans le dos. Quelques rumeurs lancées. Un graffiti malveillant sur une porte de toilette. Un chewing-gum logé à l'intérieur de la serrure de ton casier. Rien de bien grave, vraiment. Rien qui vaille la peine d'être signalé.

Le pire, c'est que tu savais bien qui est l'instigatrice de ça. La Duchesse. Son nom est Esmeralda mais mentalement, c'est ce surnom qui te vient en tête quand tu la vois. Elle a tout de la duchesse dans le mauvais sens du terme : la prétention, l'élégance dédaigneuse, le ton de voix impérieux et suave, le regard vaguement dégouté de la personne obligée de cotoyer chaque jour la lie de l'humanité. Hélas pour toi, c'est aussi la représentante de la classe, une brillante élève qui sait exactement présenter les choses pour se donner raison. Pour parachever, c'est une élémentaire de sang, un de ces yokai qui peuvent faire agir le corps de quelqu'un d'autre sur un court laps de temps ; mieux valait être son ami que son ennemi. Un petit groupe composé des meilleurs éléments l'entoure en permanence, tout le monde dans la classe est enclin à lui accorder la présomption d'innocence tant qu'elle ne fait pas trop de vagues. Après tout, quelle importance que quelques élèves soient "mal à l'aise" tant que la Duchesse continue à défendre et représenter brillamment sa classe ? Ce n'est pas comme s'il y avait mort d'homme, non ?

Et aujourd'hui était un jour comme les autres. Vraiment.

Les cours se sont passés comme d'habitude. Tu es une élève dans la moyenne, capable mais trop ailleurs pour te donner à fond. C'est juste que tu ne vois pas à quoi bon faire des efforts. A quoi te serviront les félicitations du jury lorsque Murgleis passera à tes cotés ? Tu mourras jeune et seule de toute façon, bonne élève ou non.
Le cours de sport s'est passé comme d'habitude. Tu n'as que des capacités humaines, bien que tu sois officiellement connue comme une sorcière en devenir. Cela t'attire quelques remarques et rires, mais le professeur se limite à adapter les exercices à tes capacités. Cela ne t'empêche pas de chercher à en faire plus, toujours plus. Ce n'est pas la note qui t'intéresse, mais l'épuisement, l'épuisement qui t'empêche de ressasser toujours les mêmes pensées.
La douche s'est passée comme d'habitude. La meute gloussante de filles s'est précipitée sous l'eau ; tu en as profité pour faire quelques étirements supplémentaires. Une fois le gros du troupeau sorti, tu as saisi ta serviette et ton change et tu es allée rincer ton corps.
Le retour au vestiaire s'est passé comme d'habitude. Quelques chuchotements à ton passage. Une chaussure manquante, projetée plus loin. De l'eau sur ton sac - le bon vieux coup de la bouteille renversée "par accident".

Mais contrairement à l'habitude, ton sac était ouvert.

Ton sac était noyé.

Les filles ont continué à se préparer, mais toi tu t'es figée. Ta main était tremblante lorsque tu as ouvert en grand ton sac pour constater les dégats. Tout était trempé. Livres de classes, cahiers, porte-feuille. Tu as fouillé jusqu'à trouver ce que tu cherchais : ton agenda. Un carnet à la couverture personnalisée, quelques citations manuscrites et choisies à l'intérieur. Tu l'as pris. Il était spongieux. Les pages étaient bleuies de l'encre des petits mots en train de s'effacer.

Cet agenda, c'était Hadrien que te l'avait offert. Ton dernier cadeau d'anniversaire.
(il ne t'offrira jamais plus rien)

La Duchesse t'a regardée, une lueur goguenarde dans le regard. Elle a souri à une de ses camarades.

Tu ne sais pas ce qui s'est passé ensuite.

D'un coup, tu as vu rouge. Littéralement. Avant même de comprendre ce qui se passait, tu avais empoigné par le col la duchesse et tu la tirais vers toi.
Une gifle. Une empreinte de main s'est imprimée sur sa joue gauche. Elle a couiné de surprise plus que de douleur. Ses yeux se sont étrécis, emplis de peur et de colère.
Tu l'as lâchée. Ta main s'est repliée en poing, a foncé par deux fois vers ton visage. Un coup dans l'oeil. Un coup dans la mâchoire. Tu es tombée en arrière. Une décharge électrique traversait tout ton visage, ton oeil pleurait, le monde tournait.

Et tu ne sais plus. Tu te souviens vaguement qu'on t'a relevé, que la grosse voix du professeur de sport s'est faite entendre, qu'on t'a déposée ici, dans ce bureau, une poche de glace à la main et ordonnée d'attendre son retour. Mais à part ça...

Que peut-on te faire ? Tu n'en sais rien. Finalement, les faits sont risibles. Tu ne doutes pas que l'excuse de la bouteille d'eau sera acceptée par les professeurs. Un accident, un banal accident. Une réaction trop vive - ah, ces jeunes, tellement stupides. Tu es coupable de quoi ? D'une gifle ? Avec un peu de chance, le fait que tu te sois auto-frappée sous l'effet du pouvoir de la Duchesse atténuera la sanction. Quelques heures de colle, probablement. De toute façon, que pourraient-ils faire de plus ? Envoyer un mot à ta famille ?
Le cimetière n'a pas de boite aux lettres.

Tes pensées s'arrêtent là. Encore une fois, du bruit. Tu ôtes la poche de glace de ton visage et la pose sur la table avant de te retourner. La porte s'ouvre. Dans l'encadrement se tient une silhouette massive, effrayante.

Tu déglutis et sans un mot, attends son verdict.
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MessageSujet: Re: What shall we do now ? Sam 25 Fév - 14:20
Bon bon bon bon bon....

Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir y faire ?

Me voilà devant la porte de mon propre bureau, le menton dans la main, à réfléchir à la suite du programme. Je suis pris d'une grande lassitude. Les faits sont simples, pourtant. Je ne devrais pas avoir à me creuser la soupière comme je m'acharne pourtant à le faire. Pourquoi diable ? Est-ce ma conscience professionnelle qui me chuchote de ne pas aller trop vite en besogne ? Ou est-ce parce que je pressent quelque chose de foireux planqué sous les tentures apparemment désuètes de ce banal accrochage entre élèves ? Je me frotte les yeux en lâchant un léger soupir.

Récapitulons une dernière fois.

Le cours d'aujourd'hui s'est, somme toute, bien passé. Les habituelles chamailleries et resquillages étaient même en dessous des moyennes saisonnières, ce qui n'est pas pour me déplaire. J'aime à penser que c'est mon aura terrifiante qui pousse les jeunots à filer droit, mais je ne suis pas bête à ce point là. Enfin bref : Rien ne laissait présager un dérapage. Comme souvent.

L'incident donc. Aliénor vs Esmeralda

C'est peu de temps après la fin des combats, lorsque les troupes furent congédiées pour leurs ablutions. Aliénor, comme à son habitude, faisait du zèle tandis que le reste de ses camarades filaient promptement vers la liberté. Des capacités tout ce qu'il y a de plus humaines, et pourtant, une volonté de dépassement digne d'un régiment de Marines. Pour tout dire, je l'aime bien.

Donc, pendant qu'elle finissait de s'étirer et que déjà les plus prompts élèves courraient vers la sortie, j'entamais l'habituel rangement des équipements. La tête un peu ailleurs, le geste lent et assuré, comme à mon habitude, sans lui prêter plus d'attention que ça. Je crois bien ne même pas avoir remarqué le moment où elle s'est éclipsée à son tour.

Et c'est donc quelques minutes plus tard que, passant devant les vestiaires pour décharger mes bras encombrés de matériel dans le placard qui se trouve au bout du couloir, que j'entends un le bruit caractéristique d'un aller-retour à cinq feuilles sur une joue, suivi d'un petit cri à mi-chemin entre le couinement de surprise et de douleur, bientôt suivi par la clameur de spectatrices stupéfaites. Avant même que je n'ai le temps de réaliser que ça devait être une baffe magistrale compte tenu de l'épaisseur des portes, d'autres chocs de chairs me parviennent, étouffés par les clameurs féminines. Mon huile n'a fait qu'un tour et, laissant choir tout mon barda, j'ai réalisé qu'on ça se frittait méchamment là dedans.

Une fois n'est pas coutume, j'ai hésité pendant une grosse seconde sur la conduite à adopter : pouvais-je me permettre d'entrer, ou me ferai-je traiter de pervers pour cela ? C'est le bruit d'un corps contre le carrelage qui m'a fait reprendre mes esprits. Mais qu'est-ce que j'en avais à foutre, au fond ?!?

Je suis rentré comme un cow-boy dans un saloon, demandant de ma grosse voix la raison de ce bordel. Naturellement, un concerto de cris stridents m'a vrillé les tympans tandis que les quelques minettes effarouchées encore en petite tenue se précipitaient hors de vue. Mais que m'importaient ces pisseuses, je n'avais d'yeux que pour la scène de crime : la blonde au sol, visiblement à peine consciente, qui écrasait son propre poing sur sa figure déjà mise à mal. Et au dessus d'elle, les bras tendus, Esmeralda l'élémentaire de sang, aux yeux pourpres de colère. Mon irruption l'a fait se retourner vivement, et le bras d'Aliénor est retombé mollement.

Hélas, l'état dans lequel se trouvait la blondinette ne m'a pas laissé le temps de pousser l'investigation. Parant au plus urgent, j'ai relevé la gamine, ordonné aux autres de ne pas bouger, l'ai soutenu jusqu'à mon bureau ou je l'ai installé avec une une poche de glace, avant de lui demander à elle aussi de patienter. Quant je suis revenu, les filles avaient terminés de se changer, et m'attendaient de pied ferme, une lueur de défi dans le regard.

Leurs explications se sont révélées aussi brèves qu'évasives : C'est la sorcière qui avait pété les plombs et qui avait giflée Esmeralda sans aucune raison, et qu'elle était folle, et qu'elle l'avait menacé, et que la Duchesse n'avait fait que se défendre, et que tout ça c'était juste parce que Aliénor était jalouse... ça m'a pris cinq grosses minutes avant de comprendre que n'étant ni télépathe ni psychomancien, je n'aurais jamais de leur part que la version qu'elles voudraient bien me donner. Dire que je leur ai foutue une brasse serait un doux euphémisme. Légitime défense ou pas, il est interdit d'utiliser ses pouvoirs conte un autre élève, et que si ça ne tenait qu'à moi, je la catapulterai chez elle à coups de pompes dans l'oignon. Ne pouvant mettre cette menace à exécution pour des raison évidentes, je me suis contenté d'écrire un rapport bref de la situation sur un bout de mon calepin, de le donner à la gamine arrogante qui jouait très bien les victimes, et de lui dire d'aller voir le professeur Ogramman pour qu'il lui colle une punition adaptée, en soulignant évidemment que je ne manquerai pas d'aller m'en assurer moi-même.

C'est donc fulminantes qu'elles sont sorties. Et que je me suis retrouvé comme un corbeau sur un champs de bataille, seul dans mon froc, à devoir démêler toute cette merde à laquelle je n'entrave que pouic. Mon seul indice pour l'instant est le dernier sac de cours d'un élève, trempé et chiffonné. Un bref examen m'apprend qu'il s'agit de celui d'Aliénor. Très bien, nous avons donc un mobile. Maintenant, reste à comparer les témoignages.

Bon bon bon bon bon....

Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir y faire ?

C'est ce que je me dit en poussant la porte de mon bureau, faisant craquer ma nuque raide. La blondine aux yeux de jade semble avoir recouvré l'essentiel de ses capacités, ce dont je me réjouis. Je ne doute pas une seconde que l'élémentaire de sang n'aurait eut aucun mal à la tuer si elle l'avait voulu, et sans trop se forcer. Je m'arrête à sa hauteur, la dévisageant un instant de toute ma stature avant de poser à ses pieds son cartable en piteux état. Je fais le tour de la pièce, ouvre la grande fenêtre qui laisse entrer un air frais mais doux qui me picote brièvement les joues. J'extirpe une cigarette que j'allume aussi sec, tire une grande bouffée avant de relâcher un nuage de fumée blanche dans un grand soupir tandis que mon regard se perd parmi l'agitation qui règne sur le campus.

Je fais volte-face, et viens m'asseoir lourdement sur mon fauteuil avant de planter mon regard d'encre dans les yeux émeraudes de la jeune fille. C'est d'une voix calme rehaussée d'un petit levé de sourcil que je lui demande :

"Alors ?"
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MessageSujet: Re: What shall we do now ? Dim 26 Fév - 20:58
Il te parle. Tu réagis avec un petit temps de retard. C'est que tes yeux se sont malgré toi rivés sur le sac qu'il a laissé tomber à tes pieds à son arrivée. Ton sac : nul besoin d'être sorcier pour le reconnaitre. Son tissu est d'une nuance plus sombre que d'ordinaire, tu devines que l'eau a continué son petit bonhomme de chemin en ton absence. Du haut vers le bas, du dedans vers le dehors.. Tu n'oses imaginer l'état de son contenu. Le papier a dû boursouffler, le plastique poisser et l'encre, l'encre, elle...

Ton attention revient à lui. De l'autre coté de son bureau, il est grand, massif. Malgré toi, tu le trouves rassurant. Depuis ta naissance, on t'a ressassé que les hommes se battaient pour protéger les autres et cet homme est un battant. Les cicatrices, on t'a appris à les estimer au lieu de les fuir. Même son odeur de tabac froid, tu la trouves vaguement réconfortante. Elric avait la même et elle était synonyme de famille
(mort)
de retour à la maison, de sécurité.

- Je regrette.

Ton regard tente de se recouler vers tes affaires, mais tu clos un bref instant les yeux, secoue la tête, te force à le fixer en les réouvrant. C'est vrai : tu regrettes.
Tu regrettes de l'avoir frappée. Tu ne sais même pas pourquoi tu l'as fait, juste que ton corps a pris la décision tout seul. Jamais tu n'aurais dû te laisser aller ainsi : les règles sont importantes. En tant que femme, tu aurais dû faire bonne figure ; en tant qu'Héritière, tu aurais dû prendre sur toi, humain négligeable comparé à la grandeur de Murgleis. Tu as échoué à tout point de vue.
Et maintenant, à froid, tu réalises que tu n'as fait qu'empirer les choses. En agissant vite, tu aurais pu sortir tes affaires et peut-être les sauver. Un séche-cheveux, un bon buvard, un restaurateur, quelque chose aurait probablement pu t'aider ici. Pire encore -du moins tu sais que c'est pire même si tu ne le ressens pas ainsi : la Duchesse ne prendra plus de gants avec toi. Les prochains mois vont être un calvaire.

Tu regrettes. Tellement.

Alors tu tamponnes machinalement ta joue de la poche de glace en réfléchissant. Vaut-il mieux en parler ? Mieux se taire ? Sherman Fury a-t-il une chance de pouvoir empêcher ce harcélement - tu as du mal à nommer ces petits riens si anodins ainsi mais tu ne vois pas de meilleure façon de le désigner. Tu aimerais le croire. Vraiment. Les
(guerriers)
hommes ne sont-ils pas censés protéger les femmes ?
Mais la Duchesse est une femme aussi. Tu n'es pas dans ta famille, vous n'êtes plus complémentaires. Et puis, n'es tu pas l'Héritière désormais ? N'es tu pas censée protéger au lieu de subir ? Si tu es dans cette situation, c'est que tu es trop faible pour exercer ce rôle... Tu te sens soudainement si honteuse. Mal à l'aise. Il ne reste que toi des Echavarren et tu n'arriveras jamais à en être digne.

Un filet d'eau gelée te dégouline le long du poignet ; tu saisis l'occasion pour tourner le visage vers la goute vagabonde et fuir son regard scrutateur. Ton autre main vient essuyer la piste humide du bout des doigts et faire fuir la sensation de froid brûlant.

- Je l'ai frappée, elle s'est vengée. Je n'aurais pas dû.

Tu dis ça comme si ça t'échappait. Tes mots ne portent que peu d'émotions. UN pointe de regret peut-être - regret véridique.

Tu n'aurais pas dû.
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