[Terminé] This is what I'm made of
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MessageSujet: [Terminé] This is what I'm made of Dim 20 Nov - 23:04


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Un grand verre d'eau. Vite, boire l'eau, et remplir à nouveau son verre. Trois, ou quatre fois de suite.
Être accro à l'eau. Il faut le faire, quand même. Et pourtant, l'eau, ça remplit sacrément bien l'estomac. Il n'y a rien de plus sain qu'un grand verre d'eau, il paraît. Mais, il n'est pas dit qu'il suffit de se contenter d'un verre d'eau, tout de même. Enfin. Raven s'accroche au lavabo, dans les toilettes de l'université. Elle regarde son reflet dans le miroir. Elle voit alors un visage fin, triste et fatigué, des cheveux en bataille. Sur le bord du lavabo, un rouge à lèvres. Il ne lui appartient pas, mais l'étudiante le saisit et se maquille rapidement les lèvres. Hop, voilà comment donner une autre allure à sa face. La brune prend le verre en plastique, l'écrase entre ses doigts et le jette dans la poubelle, avant de sortir des toilettes. Le robinet d'eau automatique coule encore, est-ce qu'il a envie de remplir un autre verre d'eau ?

Raven croise deux ou trois filles, en sortant des toilettes. Elle les évite du regard. Aucune envie de regarder des filles jolies et bien dans leur peau. Quand ça respire trop la joie de vivre, la jeune brune préfère déguerpir. D'ailleurs, elle a une destination précise en tête.

***
- Tu me racontais quoi, tout à l'heure ?
- Ah, oui, le loup.
- Le loup, voilà. Il courrait, tu disais... Dans la forêt.
- Il courrait, mais je te jure, trop vite.
Raven avait tendu l'oreille, plus tôt, entre deux cours. Elle se sentait étrangement concernée par la conversation de deux étudiants.
- Et alors ? Un loup qui court, c'est normal.
- Non mais lui, il était ridicule... Genre, on aurait dit qu'il avait un court-circuit ou quelque chose comme ça. Ou alors, il était bourré ! J'avais jamais vu un loup si bête. Il fonçait dans les arbres, tournait en rond... C'était limite dangereux. Je vais te dire un truc : je suis pas resté bien longtemps. Je tiens à ma vie, moi !
La description faite par l'élève correspondait à presque 100 % au comportement de Raven sous sa forme animale, les soirs de pleine lune. Elle n'a jamais aucun souvenir de ses transformations, mais elle sait bien que le loup est aussi taré, voire bien plus taré qu'elle. Parce que quand Raven se réveille en pleine forêt, au petit matin, après avoir laissé le monstre gambader toute la nuit, elle est... exténuée. Et pleine de courbatures.
- C'était peut-être pas un loup.
- Si, c'était carrément un loup-garou.
- Mec, tu aurais dû rester. Les loups-garous, quand ils se réveillent, ils sont à poil, souvent. Imagine, si c'était une fille.
Raven avait piqué un fard et avait baissé la tête pour s'intéresser soudainement à ses chaussures. Des espèces de baskets qu'elle avait dénichées quelque part, probablement très démodées, mais à sa pointure. Devant elle, les deux étudiants continuaient à marcher en direction de la salle de classe.
- Ouais, et ben, vu le loup, j'ai pas envie de savoir qui est la fille. Elle doit être dérangée.

***
Il fallait peut-être que Raven entende des choses déplaisantes sur elle pour qu'elle se décide à en apprendre plus sur elle-même. A cause de ces garçons, elle a envie de savoir. D'avoir des preuves. De s'assurer qu'elle n'est pas la seule à ne jamais se souvenir... Je ne dis pas qu'elle souhaite tout connaître de A à Z sur sa race. Mais, en tous cas, dans l'immédiat, quelque chose la pousse indéniablement vers la bibliothèque de l'université. Elle y va d'un pas pressé, déterminé, sans regarder autour d'elle. Le soir commence à tomber. La bibliothèque ne sera pas ouverte toute la nuit, mais l'étudiante s'en fiche un peu.

Quand elle franchit la porte de l'antre des livres, Raven ne se sent plus aussi déterminée... Le lieu jette un froid sur son corps tout entier. Elle n'est plus vraiment certaine de vouloir en découvrir autant sur les loups-garous. C'est souvent comme cela que les choses se déroulent. Vous êtes plus motivés que jamais à l'idée de faire quelque chose, vous êtes impatient jusqu'au moment clé. Et là, quand c'est l'heure d'y aller, vous n'en avez plus envie...
Chez Raven, on appelle juste ça de la peur.
Ou alors de la faiblesse.

Malgré tout, elle marche entre les allées d'étagères remplies de livres. Certains se mettent à voler avant de retrouver leur place. C'est comme ça qu'on fait le rangement ici. Raven avance d'un pas lent, elle traînerait des pieds si elle n'avait pas peur d'abîmer ce joli parquet. A vrai dire, elle ne sait pas tellement vers quel rayon se diriger. Elle n'a que rarement mis les pieds dans une bibliothèque, et on comprend pourquoi.
La louve se met alors à parcourir chacune des allées scrupuleusement, en scrutant les livres. Cela lui prend bien trente minutes, mais ça passe le temps. Elle apprend des mots, des noms de races, mais elle n'a pas envie d'ouvrir les livres pour en savoir davantage.
Jusqu'au moment fatidique. Loup-garou. Plusieurs dizaines de livres arborent cette inscription sur la tranche. Raven penche la tête sur le côté pour regarder longuement ce mot qu'elle n'arrive pas à prononcer, même intérieurement. Elle perd l'équilibre, peut-être parce qu'elle est choquée, ou alors parce qu'elle n'a pas mangé depuis deux jours. Machinalement, elle se rattrape à l'étagère derrière elle. Elle s'y appuie pour reprendre ses esprits. Et elle reste là, longtemps, à fixer l'étagère de l'enfer. Et c'est comme si un duel de regard s'installait entre la jeune femme et l'étagère. Le meuble lui dit : "Viens, ouvre les livres, vois ce que tu es, découvre le mal que tu peux faire." Raven entend presque l'étagère murmurer dans ses oreilles. Elle le supplie du regard, et s'imagine des dons de télépathie : "Par pitié, je ne veux pas. Je ne veux pas savoir. Je veux continuer à me mentir, à me voiler la face. Je ne suis pas de ces monstres... Je ne veux pas."

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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Mar 22 Nov - 14:03
Plus Greg exerçait son métier d'enseignant, plus il réalisait que finalement il n'était pas si bizarre que ça. Sa classe tenait plus de la Cour des Miracles Kamouloxienne que d'autre chose.

Le dernier en date, c'était Âdhavan, un malheureux adolescent efflanqué qui tentait toujours de se faire plus discret qu'un chat perdu dans un concours canin. Manque de chance, son pouvoir ne l'aidait pas vraiment à s'affirmer.
-Bah moi, je peux me changer en un animal que vous n'avez jamais vu. Mais je ne sais pas lequel ça va être. Et du coup, j'arrive pas à me contrôler quand je me transforme...
-Sérieusement ?
-Sérieusement.
-...
-...
-Ah oui quand même.
-Oui...
-Vous me montrez ça ?
Aussitôt dit, aussitôt fait. Effectivement, Greg n'avait encore jamais vu de moule plumeuse armée de trois tentacules jusque là. Il n'avait jamais eu à se défendre contre une tentative de ventousation non plus. Deux grandes premières en un laps de temps de quelques secondes, donc.
- Ca m'arrive tout le temps, se désola Âdhavan après s'être confondu en excuses au sujet de la bave qu'il avait répandue sur le pantalon de son professeur. Le pire, c'est que du coup, la prochaine fois, je serai autre chose...

Sans rire, si son métier ne le désespérait pas aussi souvent, Greg passerait sans doute ses journées à glousser comme un clown shooté au gaz hilarant. Il avait l'impression d'être recruteur pour la pire entreprise de super-héros au monde...

Quoi qu'il en soit, il s'était engagé à essayer d'aider cet élève au pouvoir pour le moins incongru. La procédure standard était de l'aider à se calmer à ce sujet, l'amener à controler où et comment activer son pouvoir en l'autoconditionnant à certains stimuli précis puis lui apprendre à exercer ses capacités dans diverses situations plus ou moins stressantes. Sauf que tant qu'il ne savait pas en quoi il se transformait, le tout restait impossible à mettre en place.
Là, tout de suite, il voyait deux possibilités : arriver à orienter la transformation en fonction d'un critère (prédateur/proie, lent/rapide, volant/rampant, ...) et prévoir avant coup le comportement à adopter le temps de réaliser ce qu'il était devenu ; ou augmenter sa vitesse de perception et de réaction de façon à se transformer, savoir presque à la même seconde ce qu'il était devenu, agir en conséquence. Dans les deux cas, des heures et des heures de travail pénible en perspective. Première tâche, donc : choisir de l'axe à prendre. Il avait besoin de plus d'informations sur ce sujet pour juger de la difficulté de chacune des pistes et des outils adéquats.

Et donc, comme trop souvent à son goût, il se retrouva dans l'antre de l'horreur de l'élève moyen : la bibliothèque universitaire de l'académie.Tremblez pauvres adolescents, du haut de ces étagères deux millions de livres affamés vous contemplent. Si vous ne les dévorez pas, c'est eux qui auront votre peau... ouuuuuh !
Le soir tombait. Tant mieux. Il était toujours mal à l'aise à l'idée de s'aventurer dans l'université. Certaines des personnes qu'il avait cotoyé au lycée y étudaient toujours et il se sentait rapetisser sous leur regard. Prof, toi ? semblaient ils penser. En maitrise des pouvoirs ? Quelle blague !

En passant devant le bureau de la bibliothécaire, il la vit aux prises avec deux élèves forte-gueule. Une histoire de trace de bave sur des livres en retard, semblait -il - du moins, il espérait pour une question d'hygiène qu'il s'agissait de bave. Il lui lança un vague signe de tête en passant - qu'elle ne remarqua pas de toute façon - et disparut dans les rayonnages, laissant avec bonheur derrière lui les piaillements de leurs voix en pleine mue.

Direction : le rayon lycanthropie. Le sujet avait été bien plus étudié que en ce qui concernait les autres animorphes, faute au folklore qui avait donné aux loup-garous une publicité dont ils se seraient fort bien passé. Pour ce passage, il comptait s'intéresser au sujet des premières transformations des jeunes loup-garous qui s'ignoraient (mordus notamment, ou gène récessif surgissant après des générations de silence) et à la façon dont ils apprenaient peu à peu à se gérer en tant que bête. Ils se plongeraient ensuite dans les travaux associés des auteurs autour de ce thème jusqu'à trouver la solution pour aider Âdhavan à se contrôler - pour ce qu'il en savait, sa prochaine transformation pouvait bien aller forer dans un mur porteur de l'école ou aller pondre dans son voisin de chambre donc c'était relativement urgent.

Hélas, quelqu'un occupait déjà le rayon sur la lycanthropie. Il ralentit en s'approchant de la jeune femme have qui se tenait dans le passage, lui laissant le temps de s'écarter de son chemin. Malheureusement, soit qu'il soit trop discret, soit qu'elle soit trop dans ses pensées, elle ne bougea pas d'un pouce.

Il toussota nerveusement pour attirer son attention mais resta en retrait. Il détestait se tenir trop proche des gens, encore plus de personnes qu'il ne connaissait pas.

-Excusez moi, j'aimerais passer.

Tout en lui parlant à voix basse, il essaya furtivement de la replacer. Hélas, il n'était pas très bon pour ce qui concernait le visuel, fonctionnant beaucoup plus à la voix pour ce qui était de se rappeler les gens. Ses traits tirés ne lui disaient rien, sa maigreur non plus. A la limite, sa façon de fixer les livres comme un renard au milieu de la route défiant du regard une voiture de lui foncer dessus à pleine vitesse lui évoquait.. bah.. ledit renard, mais rien de plus. Il espérait vraiment qu'elle n'était pas une ancienne du lycée, sinon la situation risquait de devenir encore plus bizarre.
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Mar 29 Nov - 11:12


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La voilà face à elle même, devant ces dizaines de bouquins. Comme un miroir, Raven sait que ce qui se cache dans ces encyclopédies ne lui fera pas plaisir. Bien sûr qu'elle n'a aucune envie de lire cela. Qu'est ce qu'elle fait là, d'abord ? Elle était si déterminée, avant de franchir les portes de la bibliothèque. Ce qu'elle voudrait, maintenant, c'est se réfugier dans sa chambre, sous sa couette, jusqu'à demain matin, ou alors jusqu'à après demain, ou alors pour toujours. Elle est bien, ici dans cette académie : elle a le couvert, bien qu'elle ait un appétit de moineau, et elle a aussi le logis. Si elle trouve un moyen de se cacher dans un tout petit endroit de sa chambre, elle passera inaperçue. Peu de personnes se rendront compte de son absence, d'ailleurs. 

Oui, mais l'étudiante est figée ici, peinant à reprendre son équilibre. Elle est peut-être devenue toute blanche, tout à coup. Elle est tellement concentrée sur sa propre crainte qu'elle oublie complètement les autres èmes studieux qui passent leur fin d'après midi à la bibliothèque. Oui, on peut appeler ça de l'égoïsme. La jeune femme se fiche complètement des autres, elle a ses propres problèmes à régler. Et, là, il est difficile de déterminer le vrai problème. Est-ce que c'est le fait qu'elle soit un monstre, ou le fait qu'elle ne l'accepte pas ? 

Quand quelqu'un se met à toussoter, à deux pas de Raven, celle-ci ne réalise pas tout de suite que c'est à elle qu'on s'adresse. Il lui faut quelques secondes pour sortir de ses pensées, lorsqu'elle entend vaguement quelqu'un s'excuser et demander à passer.
Quand elle balaye des yeux à droite et à gauche, la brune tombe nez à nez avec un parfait inconnu. Un inconnu qui a, quand même, un air de déjà vu. Cependant, impossible de mettre un nom sur ce visage. Il est possible qu'elle n'ait, en réalité, jamais vu cet homme, aussi.
Ah, oui. Il veut passer, le garçon. Raven se décale au maximum contre l'étagère derrière elle.

- Pardon, glisse-t-elle aussi, d'une petite voix pas forcément très audible.

Mais, le jeune homme ne part pas très loin dans le rayon. Il semble intéressé par la même étagère que Raven. Il regarde, lui aussi, les livres qui arborent le triste titre Loup-garou. Et si lui aussi, était un loup ? Quelle genre de réponses cherche-t-il dans ces ouvrages ? 
Raven continue de scruter les tranches, mais son esprit est ailleurs. De toute évidence, elle se trouve juste à côté d'un monstre, peu importe lequel. Et même si un ou deux mètres séparent les deux jeunes gens, la brune ne se sent vraiment pas à l'aise. Le tout dans une allée de livres dédiés aux lycans, histoire d'en rajouter un peu.

D'un geste brusque et pas très naturel, Raven prend le premier livre qui se présente à elle, sans même prendre la peine de lire ce que propose la couverture.

- Voilà, je vous laisse, lance-t-elle à l'attention du jeune homme, croisant rapidement son regard. Puis, elle fuit de l'autre côté, marche d'un pas pressé et s'arrête un peu plus loin, pour s'installer à une table. Une table en bois massif, qui doit certainement peser des tonnes. Heureusement, il n'y a personne à cette table. Autrement, la brune ne s'y serait jamais aventurée. Une fois assise, elle pose le livre sur la table vernie, la couverture cachée. Elle pose ses mains de chaque côté de celui-ci. Le bouquin est aussi menaçant que l'étagère toute entière, Raven n'a toujours pas envie de l'ouvrir. Elle jette un oeil autour d'elle. Il y a encore quelques élèves par ici. Elle attendra peut-être qu'il n'y ait plus personne avant de commencer à lire... Histoire d'être tranquille, seule avec ses peurs et sa haine envers elle-même.

Mais, ses yeux finissent forcément par tomber sur à quatrième de couverture, marron et ressemblant à celle d'un grimoire. Avant de détourner son regard, Raven a le temps d'apercevoir quelques mots qui lui donnent froid dans le dos. Par quel miracle (ou malédiction) est-elle tombée, sans même le vouloir, sur le livre qui correspond parfaitement aux questions qu'elle se pose ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Sam 3 Déc - 0:25
Elle se décala d'un geste maladroit. Trop ample pour son corps. Le mouvement lancé avait été trop rapide pour un simple pas de coté et s'arrêta brusquement, la faisant chanceler. C'était le genre de mouvement qu'aurait pu avoir un adolescent pendant une poussée de croissance, lors de cette période où ses membres amincis ne savaient plus trop où se positionner par rapport à l'image rêvée et périmée de son corps enfantin.

Etrange comportement, mais pas plus que celui de la moyenne des élèves ici. La gardant sur le coté de son champ de vision - juste au cas où - il la dépassa pour s'approcher du rayonnage. Loup-garous, lycanthropie, controle, bestiaire, guide d'extermination, atlas, ... Du bout du doigt, il effleura la tranche des livres les plus anciens, chassant du cuir de leur reliure le peu de poussière qui ternissait leur titre. Les livres les plus intéressants étaient généralement les moins empruntés. Coup de chance pour lui - et coup de malchance pour le reste des concernés, probablement.

Il la sentit bouger plus qu'il ne la vit bouger et tourna la tête vers elle. Bras trop tendu, doigts crispés, regard paniqué ; difficile d'imaginer qu'elle n'était qu'une étudiante venant faire ses devoirs. On aurait cru qu'elle venait de commettre un acte atroce - atroce dans la catégorie "meurtre", pas dans la catégorie "souillure de livre emprunté", n'en déplaise à la bibliothécaire et à son sens des priorités tout personnel - et que sa terreur à l'idée d'être démasquée n'avait d'égale que sa maladresse à feindre l'innocence. Elle balbutia quelque chose tout en agrippant le livre saisi puis se sauva plus avant dans le rayon. Vraiment étrange. Il se demanda ce qui pouvait la mettre dans cet état. Sa proximité? Un passé douloureux ? Une timidité maladive ? Quoi ?

Non, non. Il secoua la tête pour lui même comme si cela pouvait en chasser l'inquiétude. Ca suffisait de vouloir sauver tout le monde. Il était censé avoir dépassé ça. Focalise toi sur Âdhavan plutôt, Greg. Lui, tu peux l'aider. Go go go !

Il sélectionna quelques ouvrages, grimaça devant d'autres - qui avait eu l'idée de laisser Danse avec les Loup-garous de Lockhart dans le rayon lycanthropie ? Pourquoi pas Twilight comme ouvrage de référence au sujet des vampires tant qu'on y était - et soupira devant l'absence de la bible du genre : Loup-garou : premières transformation de Lee K. Rope. Dommage. C'était à peu près le seul auteur du genre qui ne se réfugiait pas dans le fantaisiste pour s'éviter la réflexion.

Un autre livre à ajouter à sa pile. Par le trou libéré, il aperçut un groupe d'étudiants se diriger vers son rayon. En tête, trois des terreurs avec qui il avait eu quelques retenues en tant que membre du comité, lorsqu'il était encore élève. De mémoire, des histoires de fumette et d'alcool léger consommé dans l'établissement. Vu les rires étouffés qu'ils échangeaient avec le reste de leur groupe et leurs sacs lourdement chargés, il n'était pas difficile de comprendre qu'ils n'étaient pas ici pour faire leurs devoirs. Greg soupira, fatigué d'avance.
Bien sûr, il était professeur maintenant. Il aurait pu les faire taire d'une retenue ou deux, voire les éjecter de la bibliothèque avec perte et fracas sans que personne n'y trouve quoi que ce soit à redire. Sauf qu'il n'en avait pas envie. Pas envie d'essuyer les regards incrédules ou méprisants, pas envie de hausser le ton, pas envie de jouer à celui qui a la plus grosse (voix).
Non, vraiment, pas envie. La bibliothèque devait fermer dans moins d'une heure. Il avait des recherches à faire, pas envie de jouer de son autorité. Ces élèves enfreignaient le réglement mais sans danger pour personne à part eux-mêmes. Honnêtement... Pas vu, pas pris.

Il se cala les livres sous le bras -ça pesait, le papier - et jeta son sac sur son épaule, puis partit. A l'instant même où il tourna au détour du rayonnage voisin, il entendit quelqu'un glousser derrière lui et murmurer d'une voix embrumée "Là, y'a personne. On s'pose ?". Juste à temps, décidément.

Il s'éloigna d'encore de quelques rayonnages encore afin d'être hors de portée de voix d'éventuelles infractions au réglement et posa avec soulagement sur la première table à portée la pile de livres. Le bois rendit un bruit sourd, le faisant grimacer. Il détestait l'idée d'abimer du matériel. Il entreprit de se masser les avant-bras du bout des doigts, essayant d'en chasser la sensation de lourdeur tout en jetant un regard curieux alentour... Encore elle ? Raide comme la justice, un unique livre fermé posé devant elle, elle avait l'air à deux doigts de s'enfuir en courant. Il lui fit un bref signe de tête signifiant "Je t'ai reconnue, tu m'as reconnu" et s'immobilisa, la main sur le dossier d'une chaise.

- Je peux m'asseoir ?

Question de politesse mais honnêtement, au vu de son attitude, il n'aurait été qu'à moitié surpris qu'elle l'envoie se faire voir ailleurs. Si c'était le cas, il n'aurait plus qu'à dire adieu à ses bras. Qui aurait pensé que la culture pesait aussi lourd ?

Et d'ailleurs, en parlant de culture. Son regard vola du livre à son visage puis y revient. Elle avait pris un livre dans le rayon tout à l'heure. Et d'aspect, il lui semblait bien que ... Si oui, il gagnerait un temps précieux. Sourcils froncés, il désigna l'ouvrage de la main.

- C'est Loup-Garou : Premières transformations que vous avez devant vous ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Jeu 15 Déc - 14:40


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Les premières transformations, donc. Raven ne s'en souvient pas, ni des premières, ni des dernières. En revanche, elle se souvient bien du moment où sa demi-soeur, Keylana, s'était introduite dans sa chambre, quelques heures après que la brunette avait complètement saccagé la pièce, à l'occasion de cette fameuse première fois. Elle avait 15 ans, elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer, puisqu'elle n'avait jamais entendu parler des loups-garous, sauf dans les contes de fées, quand il y avait besoin d'un méchant. Par contre, Keylana avait l'air parfaitement au courant des choses, elle. C'est pourquoi Raven a longtemps cru que tout ça n'était qu'un complot de sa belle-mère pour la virer de la maison. De toute façon, elle déteste Jenny et Keylana, et puis c'est tout. Point à la ligne. Rien à ajouter. Mais... Mais elles, elles ont tellement de choses... Elles sont belles, elles ne se transforment pas en une ignoble créature à la tombée de la nuit. 
Stop. Tu les détestes, ça s'arrête là.

Alors, puisqu'elle ne se souvient de rien, ses transformations les plus récentes ressemblent sans doute à celles des débutants : un loup un peu trop fou et bête, des gestes maladroits, une transformation laborieuse. Et, même si Raven se réveille régulièrement en pleine nuit ou au lever du jour dans l'herbe, dans la boue ou au bord du lac sanglant, elle a toujours autant de mal à admettre que ce n'est pas à cause d'une innocente balade nocturne. Elle est dans le déni, tout à fait. Au fond d'elle, elle sait. Mais elle ne veut pas.
Raven a peur des monstres, et donc des loups-garous aussi. Ça rend la chose un peu plus compliquée.

Il était presque évident que leurs regards allaient à nouveau se croiser, et que de nouveaux mots seraient échangés. Sinon, ça aurait été trop facile. Le garçon demande s'il peut s'asseoir, Raven tourne la tête de l'autre côté en guise de réponse. Tu fais ce que tu veux. Tant que tu gardes une distance de sécurité. Non, mais, dit comme ça, cela peut paraître menaçant. Mais le jour où Raven mettra à exécution ses menaces, le jour où elle s'attaquera vraiment à quelqu'un, alors on pourra faire une croix sur le calendrier et déclarer une fête nationale, un jour férié ou quelque chose dans le genre.

Quand le jeune homme prononce avec exactitude l'intitulé du livre que la louve tient en face d'elle, un frisson lui parcourt le dos. Il a prononcé le mot interdit ! Loup-garou. Raven ferme les yeux un long moment, en se disant que peut-être elle se réveillera et sortira joyeusement de ce cauchemar qui dure depuis bien trop longtemps. Mais, elle finit par les ouvrir puisque l'obscurité lui donne le vertige. Et n'a pas bougé, elle est toujours là, dans cette bibliothèque, entourée d'autres monstres. Le cauchemar continue.

- Je ne sais pas. Peut-être, répond-elle d'un air nonchalant, presque froid.
Elle n'a pas envie de retourner le livre. Ni même de le toucher, en fait.
Sur une autre table, des étudiants ricanent. Raven ne les voit pas, mais elle les entend et c'est déjà suffisant, même trop. La jeune femme lève les yeux au ciel, comme si elle était effarée que des jeunes se permettent de communiquer à voix haute dans un lieux de culture et de savoirs. Elle se demande ce qui peut bien les faire rire, et c'est sans doute de la jalousie, puisque ça fait un moment que plus rien ne l'amuse. Qu'est-ce que ça fait, déjà, d'exploser de rire ? De se retenir tant bien que mal parce qu'on est dans un endroit studieux, mais que la blague était bien trop drôle pour ne pas s'esclaffer ? 

- Si vous le voulez, allez-y.
Raven pointe le livre du menton, les mains sous la table, posées sur ses genoux faiblards. Elle jette ensuite un oeil à la cargaison que le garçon a apporté sur la table quelques minutes auparavant. Mais quel genre de personne est capable de lire tant de livres ? Tant de pages ?
- Mais donnez-moi un de vos bouquins en échange, histoire que j'aie l'air de travailler.
Oui. Parce qu'elle ne va pas rester assise ici, à se tourner les pouces. Il suffirait qu'un professeur quelconque ou qu'un autre genre de surveillant s'amène. Il faut que Raven passe inaperçue,  elle y veille à longueur de journée afin de ne pas se faire remarquer. Ce n'est pas parce que les cours sont terminés qu'il faut relâcher l'attention... 
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Mar 20 Déc - 14:51
Pas de réponse, juste la tête qui se détourne. Traduction ? "Fais comme tu veux. C'est ta vie." Du moins, c'est ainsi que Greg le comprit. Peut-être était il un peu biaisé par les nombreux kilo qui pesaient sur ses bras. Peut-être. Il se laissa donc tomber à deux chaises d'elle ; juste assez loin pour ne pas être stressé par sa proximité, juste assez proche pour qu'elle ne pense pas qu'il la fuie. Désireux de ne pas empiéter sur son espace personnel, il entassa ses livres le plus loin possible d'elle. Hey, on peut être un ours et attentionné, l'un et l'autre ne sont pas incompatibles.

Quant à son livre... Il la regarda frissonner puis fuir son regard - du moins telle était l'impression qu'il en avait. Oh. Soit cette jeune fille avait un gros souci avec les loup-garous - d'ailleurs, c'était lui ou l'immense majorité des élèves de cette académie avait un passé traumatisant et triste à en faire pleurer un oignon ? - soit elle en était un et n'appréciait pas qu'il le sache. Bizarre, cela dit. Les loup-garous étaient plutôt bien vus ici et vu son âge, elle aurait dû être habituée à son état. A moins qu'il ne s'agisse d'une nouvelle venue mordue récemment, ça n'avait pas de sens.

Sa voix froide le ramena à la situation actuelle. Il se reprit mentalement. Non, Greg, arrête de chercher. Pas ton élève. Si tu as un doute à son sujet, tu n'auras qu'à poser la question à Luminaria. Concentré. Âdhavan. Elève. Recherche. Il tourna instinctivement la tête en direction des rires étouffés qui filtraient à travers les rayonnages. Et puis, il n'avait pas tant de temps que ça avant que la bibliothèque ne ferme - ou qu'une employée à la voix de baryton amateur de cigares cubains ne les prie bien aimablement d'aller se faire pendre ailleurs.

Il jeta un oeil à la jeune femme, sagement assise sur sa chaise façon poupée de porcelaine au teint pâli par le soleil, avant de se pencher pour attraper son livre et le ramener à lui. C'était bien Loup-Garou : premières transformations réalisa-t-il avec un soupçon de soulagement. Voilà qui allait lui faire gagner du temps. Les pages parcheminées craquèrent sous ses doigts tandis qu'il feuilletait l'ouvrage jusqu'à arriver à la table des matières. Durée... Déclencheur... Orientation... Contrôle. Page à retenir, chapitre annexe, sous-catégorie. Le tri se fit presque instantanément, l'habitude des longues recherches l'ayant maintes et maintes fois conduit à ce genre de lecture.

Mais sa voix lui fit lever la tête de son livre. Un livre ? L'air de travailler ? Quel problème ? Il saisit en repensant aux rires, aux voix. La bibliothécaire viendrait tôt ou tard et risquait de renvoyer dans leurs pénates tout ceux qui n'auraient pas l'air absorbés par leur lecture, histoire de rentabiliser son bonus temporaire en agressivité. Il acquiesça et, la tête déjà tournée vers sa pile de livre, glissa un stylo pour garder sa page. Voyons voir. Donc il lui fallait... Tiens. Elle ne le lui avait pas dit d'ailleurs.

- Sur quel sujet, le livre ? lui demanda-t-il en reportant son attention sur l'étudiante. Si elle cherchait quelque chose de particulier, il pourrait sans doute l'aider à choisir le bon. Il doutait qu'elle ait envie de s'attarder ici, vu son malaise apparent.
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Sam 24 Déc - 18:43


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Dehors, la nuit s'est déjà installée depuis un petit moment. La bibliothèque n'est plus ouverte pour très longtemps. D'ailleurs, quelques étudiants commencent à ranger leurs affaires, à remettre les livres à leur place (même s'ils savent très bien le faire tout seuls). La fermeture presque imminente commence bientôt à angoisser la jeune louve : que va-t-elle faire, après ? Et si elle croisait à nouveau les deux garçons qui ont parlé d'elle sans le savoir, tout à l'heure ? Comme d'habitude, Raven ira certainement se réfugier dans sa petite chambre, profitant d'avoir, pour le moment, zéro colocataire. Pourvu que cette situation idéale dure le plus longtemps possible.

Alors, le jeune homme prend tout simplement le livre, en tendant le bras. Et voilà. Ce n'était franchement pas si compliqué. Il a pris le livre dans ses mains, il l'a même ouvert. Et rien ne s'est passé, tout va bien. La brune est parfois victime d'une anxiété absurde...
Et puis il se met à lire les pages, à les parcourir plus ou moins rapidement. Il cherche quelque chose comme on cherche une définition dans un dictionnaire. Visiblement, il est bien plus intéressé par ce livre que par tous les autres qu'il a emportés ici. Heureusement, Raven n'est pas dans la classe de ce garçon, car il a l'air d'avoir des devoirs bien compliqués.

Minute. Il ne porte pas l'uniforme des élèves. C'est donc certainement un professeur ou un membre du personnel. Cuisinier ? Pion ? Agent quelconque ?
Il n'y a que les profs pour lire tous ces livres. Il est peut-être en train de préparer un cours, en fait, la jeune femme ne tient pas forcément à savoir. Un prof. La représentation de l'autorité, une chose qu'elle déteste particulièrement. Et elle qui vient de lui dire qu'elle voulait avoir "l'air de travailler"... Voilà, grillée par elle-même. Elle pourrait même tendre l'autre joue du coup.

Raven regarde derrière elle. La petite bande d'élèves bruyants est toujours là, le petit brouhaha la stresse davantage, mais a bibliothécaire les regarde de loin, et pas d'un air agréable. Pendant ce temps, l'adulte lui demande quel livre elle souhaite. Non mais, c'est urgent, on n'a pas le temps de choisir le titre, l'auteur, tout ça. L'étudiante de gratte nerveusement le front en regardant la pile de livres. Elle n'arrive même pas à lire les titres. Elle choisira donc à l'instinct, pourvu qu'il soit meilleur que celui qui l'avait, quelques minutes plus tôt, amenée à choisir un livre sur les transformations des loups-garous.

- Le premier qui vient. Vous n'avez qu'à me donner... Celui-là, le jaune.

Et puis, comme une blague pas drôle du tout, le livre qui atterrit devant elle porte le terrible nom de "Tout savoir sur l'alimentation des loups-garous". Bon... Celui-là non plus, on ne risque pas de l'ouvrir. Le sort s'acharne. Mais pour faire bonne figure, puisque Raven se trouve à deux chaises d'un professeur, elle prend le livre entre ses mains et regarde la couverture pendant quelques secondes. Dans le fond, elle n'a pas besoin de savoir ce que mangent les loups-garous, puisque sous sa forme animale, elle ne maîtrise rien, et une fois réveillée elle ne conserve aucun souvenir. Si ça se trouve, elle a déjà mangé des choses terribles, des animaux sans défense, ou pire, des êtres humains.
Le livre ne mentionne certainement pas ce qu'il faudrait faire en cas de louve-garou qui se force à ne pas manger lorsqu'elle est humaine. Alors, ça ne doit pas être si horrible de parcourir les pages de cet ouvrages avec la même facilité que le professeur.

- Je devrais l'emprunter pour quelques jours, car j'ai de la lecture, dit-elle en affichant un très léger sourire (et très faux aussi), tenant entre ses fins bras le manuel épais de plusieurs centaines de pages, avec toujours l'objectif de fuir. Espérons qu'il y ait des images, histoire de faire passer le temps. Euh... Finalement, non, pas d'image. Pas envie de voir à quoi elle ressemble quand elle se transforme.

D'un pas rapide et assuré, cette fois, l'étudiante rejoint l'allée centrale de l'antre des livres pour se diriger vers le bureau de la bibliothèque. Mais après quelques pas, elle se fige et se retourne illico-presto. Là, à cette table, il y a les deux fameux élèves. Ils ne l'ont pas vue, évidemment, et ils se fichent probablement d'elle. Mais Raven ne peut pas les affronter, même si les affronter revient simplement à passer à côté d'eux. Alors, aussi vite qu'elle est partie, elle revient à sa place. Elle pose le livre, le pousse en avant et prend sa tête dans ses mains, les coudes posés sur la table. Elle supporte de moins en moins cette peur panique qui s'empare d'elle sans prévenir, et de manière de plus en plus fréquente.

Respire... Respire...

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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Lun 2 Jan - 13:16
La bibliothèque commençait à frémir des bruits légers des étudiants sur le départ. Froissements de feuilles, zips de fermeture, couinements de chaises, baillements en coin. Qui avait donné le signal de la quille ? Aucune idée. Il restait pourtant quelques minutes encore avant la fermeture.

Et pourtant, elle ne semblait pas concernée par cet accès de relaxation. Au contraire même. Chaque minute sa fébrilité s'accroissait. Avait-elle peur que les livres se ruent sur elle pour la dévorer ? Ou était-ce les lecteurs qui l'effayaient ? Greg ne savait pas. A en juger pas ses regards effrayés, tout était dangereux. Pourquoi même était elle venue ici, si ce lieu lui faisait si peur et qu'elle ne savait pas ce qu'elle voulait lire ? Le livre à la couverture jaune, peuh. Autant dire n'importe quoi. Perplexe, il le fit glisser sur la table vers elle. Regard. Nouveau danger. Il la vit se forcer à le saisir, à le contempler. Pas à l'ouvrir. Le livre dans ses bras ensuite, étreint comme si à la moindre faiblesse il se jetterait à son cou et quelques mots de justification. Son ton était aussi faux que son sourire.

Le doppleganger la regarda se lever, vaciller sous le poids du livre, et s'éloigner. Il avala sa salive, grimaça. Bouche séche. L'anxiété était contagieuse surtout sur quelqu'un d'aussi empathe que lui. Il se força à revenir à son livre. Adhavan, Greg. Adhavan. Son regard glissa sur les mots. Controle, contrainte, clef... Ah, facteur déclenchant. Rope abordait l'aspect des transformations conditionnées, façon de contourner le problème de..

Mais pas le temps de se replonger dedans. Il relèva la tête lorsque la table trembla à son retour. Elle de nouveau, mais cette fois-ci elle ne tentait plus de faire semblant. Rien que de la voir se prendre la tête dans les mains, Greg sentit son gosier se serrer. Il avait vécu assez de crises de panique dans sa vie pour savoir les reconnaitre. Savoir aussi qu'il n'y a pas de remède magique à ça. Son regard vola alentour dans la seconde, cherchant une cause à ce bouleversement. Quelques élèves plaisantant au fond, la bibliothécaire s'approchant d'eux. Plus loin, une porte s'entrebaillant par accès sous un courant d'air. Normal. Rien d'évident en tout cas. Rien de dangereux non plus.

Il ne soupèsa même pas l'idée de la laisser là ou d'appeler la bibliothécaire à la rescousse. C'était juste comme ça qu'il fonctionnait ; à l'empathie d'abord, à la logique ensuite. Il ne devrait pas s'impliquer - et il s'en voudra sans doute plus tard - mais comment faire autrement ?

- Respirez calmement. L'air gonfle vos poumons. Reste. Ressort. Sentez le.

Sa voix était basse, hypnotique, à peine au dessus du murmure. Clairement compréhensible, néanmoins. Il avait instinctivement pris le ton qu'il employait en plein cours pour gérer ses élèves paniqués. Les mots pourraient presque être n'importe quoi ; il usait en cet instant du sous-texte, pas du texte.Il doit être l'ancre qui empêcherait son élève de dériver loin de la réalité. Qu'elle se raccroche à la présence, à la la conviction de sa voix, juste le temps de quelques secondes, le temps de quelques minutes, le temps de rester sur place et de laisser le monde redevenir ce qu'il est réellement.

- Maintenant, concentrez-vous sur vos mains. Le bois contre votre peau, rêche. S'agrippe. Vous supporte. Il est plus chaud que l'air. Plus chaud que le dessus de votre main. Vous n'avez pas envie de bouger, juste d'avoir chaud.

Il continue ainsi, au même rythme, guettant avec attention les mouvements de ses yeux sous ses paupières closes et l'amplitude de sa respiration. Le but n'est pas de l'endormir, juste de lui permettre de passer la vague de panique , dès qu'elle sera calmée, il la fera revenir à elle.
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Dim 8 Jan - 22:20


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L'aiguille des secondes avance à un rythme régulier, trop régulier, et de manière irréversible. Raven aimerait arrêter l'aiguille, la prendre dans ses mains et la briser en deux, afin que le tic-tac ne résonne plus jamais dans sa tête. Les secondes qui défilent l'angoissent, tout comme les gens qui passent à côté d'elle, les regards qui se posent sur son corps ou les feuilles qui tombent des arbres. Des choses inévitables qui lui rappellent qu'il n'y a également aucun moyen d'empêcher ce qu'elle est. Le pire, ce sont ces horloges où l'aiguille des secondes n'avance pas par secousse, mais glisse carrément sur le cadran. Avec ces horloges-là, impossible de suivre l'aiguille du regard : elle court sans jamais s'arrêter. La louve voudrait lui dire "Attends, ralentis un peu, je n'ai pas le temps de suivre la cadence". Mais l'aiguille s'en fiche. Elle te laisse là avec tes problèmes.

Fermer les yeux, ou pas ? Raven se souvient de ce cours de mathématiques au cours duquel elle s'était forcée à ne pas cligner des yeux, de peur de tomber à tout jamais dans le trou noir qui se créait à chaque fois qu'elle fermait ses paupières. La brune presse ses tempes avec ses mains, comme si cela pouvait chasser la panique. Elle fronce les sourcils et fixe nerveusement une trace de crayon laissée sur la table. Et... Et la voix du professeur s'avance vers elle, comme une main tendue au cœur d'une foule en contresens.

- Respirez calmement. L'air gonfle vos poumons. Reste. Ressort. Sentez-le.

Une consigne pourtant simple, évidente, mais c'est comme si la jeune femme n'y avait pas encore songé. Elle se concentre sur le fonctionnement de sa respiration, et cette tâche s'avère plus compliquée que prévu. Raven pense aux étudiants de l'autre table, qui sont peut-être en train de rire d'elle et ses folies passagères. Non, en réalité, ils sont plongés dans leurs lectures ou dans leurs conversations, rien de transcendant. L'étudiante n'est au cœur d'aucune attention, et il faudrait qu'elle s'en rende compte pour qu'elle se sente mieux.

Quelques secondes plus tard, il reprend et se met presque à hypnotiser Raven. Et on peut dire qu'elle y est plutôt réceptive. Ses sens obéissent aux paroles de son voisin. Elle sent ses nerfs, ses muscles se détendre, comme un bébé qui s'endort après un gros chagrin. Mais la louve ne s'endort pas. En revanche, sa tête tombe lentement sur la table, ses bras étant désormais trop faibles pour la soutenir. Ses coudes glissent sur les côtés et ses mains, paumes contre le bois chaud et réconfortant, accueillent sa joue droite dans un soupir. Toutes ses inquiétudes sont toujours dans son esprit, mais elles se sont estompées. Les rires et moqueries qu'elle craint tant semblent venir de très loin. Le dégoût qu'elle ressent envers son instinct animal est derrière une paroi de verre : enfermé mais toujours à deux doigts d'exploser. Raven se sent tout simplement... stone, et il n'est pas dit que son anxiété aura disparu une fois que le professeur sera parti.

Ses yeux se posent sur ce jeune homme. Elle vient de lui faire perdre un temps monstre, avec ses états d'âme. En même temps, il n'était pas obligé de l'aider. Ou, peut-être que si. En tant que membre du personnel, laisser une élève dans la galère lui aurait peut-être coûté un avertissement...

Des dizaines de pensées traversent l'esprit de l'étudiante, ou du moins essaient. Le livre sur les transformations, son ventre qui gargouille, la bibliothèque qui se vide doucement, le livre jaune, le professeur qui doit sans doute la prendre pour une folle, les étudiants qui ont tous l'air menaçants. Toutes ses pensées se heurtent à un nouveau sentiment que Raven ne saurait définir. Aucune émotion ne se lit sur son visage. Son regard fatigué ne transmet pas grand chose. Elle ne pense à rien. Sa tête est vide. Complètement manipulable, décidément...

- Je vais rester ici, finalement, dit-elle au jeune homme, vraiment pas décidée à se lever et à quitter la pièce.  Vous ne direz rien à la bibliothécaire, hein ?

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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Jeu 12 Jan - 21:40
Revenue à elle et pourtant toujours ailleurs, la jeune femme. Pas qu'il en soit particulièrement étonné. L'hypnose n'était pas sa spécialité surtout sur sujet non mis en confiance et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'etait pas du tout rassurée. Dans le meilleur des cas, elle etait anesthésiée. En l'état actuel, il ne pouvait que l'aider à mettre à distance les symptomes et rien de plus.

- Pas de souci. Je reste encore là un moment de toute façon.

Son regard fouillèrent ses yeux un court instant, cherchant à y lire ce qu'elle ressent. Peu de choses - ou au contraire trop de choses. Ses pupilles distordues scintillaient au milieu d'iris égarés, animés de légers à coups malgré l'apaisement relatif qu'elle devait ressentir. Une boule de nerfs à vif.  Savait-elle encore dans quel état elle est ? Ce qu'elle ressentait ? Arrivait-elle à dire si elle était heureuse ou triste, énervée ou apeurée ? Il en doutait. Arrivait un stade d'épuisement nerveux et émotionnel où tout devenait à la fois douloureux et anodin, douleur comme plaisir, frôlement comme coup brutal. Il le savait. Il l'avait vécu. Il se souvenait trop bien de comme le temps donait l'impression de s'étirer quand on se trouvait dans ce moment infini de vulnérabilité absolue, que le passé n'offrait plus d'ancre et que le futur n'était même plus une idée, juste un mot à la sonorité absurde. Même le corps devenait ennemi, étranger hurlant ses sensations à l'intention d'un cerveau absent. J'ai faim. J'ai froid. J'ai mal. J'ai dur. J'ai là. J'ai. Jai. Jaijaijaijaijai. Plus de suis, plus de corps. Juste des idées folles rebondissant sous les parois d'un crâne de verre.

Craquement. Il reporta son regard vers son crayon à papier, entre ses doigts. Serré, compressé en être courbé. Bientôt cassé. Se rappeler de ça était... douloureux. Pour son corps encore plus que son esprit. Pire encore de savoir qu'il ne pouvait rien faire pour elle. Dans cet état, l'élan devait venir de l'intérieur pour avoir une chance d'en sortir. Tout ce que les autres pouvaient faire, c'était offrir une chance à cet élan de naitre ou de se manifester.

A regret, il tira vers lui l'épais ouvrage qu'il avait clos un peu plus tôt. Les pages défilèrent sous ses doigts tandis qu'il cherchait la bonne page. Conditionnement, facteurs d'influence... voilà. Calepin, stylo bille, il rapprocha tout ça du livre.

- Qu'est ce qui a déclenché tout ça ? demande-t-il presque négligemment.

Il ne précise pas plus le "ça". La crise, la recherche à la bibliothèque, sa fatigue, tout ce qu'elle veut. D'instinct, il sait que s'il se montre trop insistant, elle se fermera comme une huitre. Pareil s'il donne l'impression de donner de l'importance à ça. Sa voix reste neutre, presque distraite et il ne lui accorde qu'un vague regard avant de replonger dans son livre. Juste de quoi lui montrer qu'il ne va pas en faire tout un drame mais que oui, il l'écoute.

Peut-être restera t elle muette. Probablement, même, si on tient compte de son comportement précédent. Mais il lui offre ainsi une porte de sortie, une solution pour rompre le silence entre eux qui, tendu comme il est, risque de faire monter une fois de plus son angoisse. Peut-être même une chance de demander de l'aide.
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Ven 13 Jan - 18:30


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Le calme après la tempête, du moins en surface, et puis chacun retourne vaquer à ses occupations, y compris le professeur. Pendant ce temps, la brune continue à respirer calmement, toujours un peu à l'ouest. Elle pourrait s'endormir là, peut-être, quand tout le monde aura disparu et qu'elle sera vraiment seule, hors de danger.
Le regard dans le vague, comme si elle sortait d'une anesthésie, Raven observe le jeune homme. Il reporte toute son attention sur ses lectures, manipulant son crayon avec cruauté. Le pauvre va bien vite finir brisé en deux, ou en miettes. La louve imagine, à la place de la mine, l'aiguille des secondes. Et pouf, le temps s'arrête, tout explose autour d'elle, elle se retrouve flottant dans une atmosphère apaisante, confortable comme un nuage. Il n'y aurait plus personne autour pour l'embêter, juste le calme reposant et son esprit qui se vide de toutes ces pensées négatives.

Il ne casse pas, le crayon, et pourtant il a mal. Son propriétaire aussi, visiblement. Cela ne crève pas les yeux pour autant. Il gribouille sur son carnet, avec un air très sérieux. Quand tout à coup, l'air de rien, il lui demande la cause de ses tourments, aussi facilement qu'un gamin demandant à sa mère ce qu'ils mangeront ce soir. Raven cligne des yeux, surprise, et le trou noir qui apparaît telle une image subliminale la ramène à elle-même. En fait, elle n'est pas du tout détendue. Elle aurait pu l'être, s'il n'avait pas posé la question. Elle le dévisage, les parois de verre se brisent, sa haine revient en héros.

- C'est vous, répond-elle dans le plus grand des calmes, sur le même ton que la question.
Allons, Raven, ne sois pas bête...
Elle ne comprend pas ce qu'il cherche : l'embêter avec ses questions ? Lui faire comprendre qu'elle tourne en rond ? Il soulève un point sensible. Pour contourner le sujet, la brune a trouvé l'excellente idée de défigurer la situation et se mettre en position de victime, plutôt que le remercier pour avoir calmé ses peurs. Raven a souvent été une boudeuse, adolescente, mais apparemment ce n'était pas seulement la crise de la quinzaine. Ce n'était pas juste des caprices. C'est juste... elle. Ou alors, elle n'a pas encore tout à fait grandi.

- C'est vous, qui m'avez dérangée pendant que je cherchais mon livre.
Raven, tu étais calme il y a deux minutes. Reste le encore un peu... Juste le temps que la bibliothèque ferme ses portes. Cela ferait plaisir à tout le monde.
- Et puis, vous vous êtes assis à ma table.
Non mais. Personne ne s'assoit à sa table, à dame Raven. Allez, on arrête de faire la grande, maintenant.
- Et qu'est-ce qui vous a pris de jouer les hypnotiseurs ? Qu'est-ce que vous voulez ?

Raven s'est redressée, bras croisés, voix fragile, yeux colériques rivés sur son voisin. Une vraie dure à cuire, dis donc. Elle est là, sa ligne de défense, quand quelqu'un dépasse les bornes. Le bouclier s'est renforcé, le livre de son cœur s'est fermé à double tour, la clé s'est jetée par la fenêtre de la bibliothèque. Par la même occasion, ses mensonges grandissent, encore et encore, ils enfouissent la vérité. Il est probable que ce professeur voulait simplement aider. Il ne connaît vraiment pas l'étudiante. Pourtant, il semble que les conversations à son sujet aillent bon train, entre les profs. Car tout le monde est au courant pour sa maigreur alarmante. Et pour son comportement changeant, agaçant, menteur et égocentrique. Une girouette. C'est ça, quand on finit par vivre dans ses mensonges.

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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Ven 13 Jan - 19:37
Elle explosa d'un coup. Il n'avait pas prévu ça. Il relèva les yeux, tendu. L'état cotonneux dans lequel elle était, elle s'en était arraché à grands renforts de nerfs et lui en jetait les lambeaux à la figure. Ses yeux cherchaient à le foudroyer, sa bouche lui crachait ses quatre vérités. Du moins, sa version de la vérité. Oh le vilain Greg qui harcèle une pauvre élève, qui l'empêche de travailler, qui envahit son espace vital. Toujours aussi incapable d'aider. Toujours aussi envahissant. Jamais à sa place. Dégage le monstre, laisse les autres respirer.

Sans même s'en rendre compte, ses machoires se crispèrent. Trop d'écho dans ce qu'elle disait. Et dire qu'il s'était justement fait discret pour que les anciens ne lui lancent ce genre de remarque. Tout ça pour qu'une inconnue qu'il avait voulu aider s'en prenne à lui. Vraiment, son passé devait lui coller à la peau...

Mais il y avait une différence notable par rapport au lycée, se rendit-il compte alors. Il avait grandi. Changé. Mûri. Il était désormais professeur. Son rôle était d'enseigner, pas de se faire aimer. Cette jeune femme, il ne devait pas s'en faire une amie. Peut importait qu'elle l'apprécie ou pas. Ce qui comptait, c'est qu'il lui apprenne quelque chose. Et aujourd'hui, elle apprendrait que le monde n'avait pas à se plier à ses caprices de drama-queen.

- Taisez-vous, lui ordonna-t-il de sa voix la plus froide, celle qu'il réservait non pas aux cancres de la classe mais aux petits tortionnaires qui se croyaient supérieurs au reste du monde.

D'autorité, il fit glisser Loup-garou : premières transformations sur la table jusque devant elle. Geste presque brutal. La papier vélin est léger, quelques pages se tournent. Devant ses yeux, un nouveau chapitre en grosses lettres. L'homme est un loup pour l'homme.

Parfois, la pire punition était d'obtenir exactement ce qu'on disait vouloir.

- Voici votre livre. Lisez.

Son ton autoritaire n'admettait pas d'excuse. En cet instant, il n'avait aucune envie de se montrer doux et compréhensif. Elle le traitait comme un tyran ? Et bien soit. Qu'elle obéisse ou s'en aille. Tant qu'elle agirait comme cela, il ferait de même. Yeux rivés aux siens, de la glace dans le regard, il la mit au défi. Prends le livre. Vas-y. Montre au grand méchant loup que tu peux le faire. Sors de ton rôle de pauvre agneau maltraité par la vie. En es-tu capable ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] This is what I'm made of Sam 14 Jan - 23:48


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"Lisez", dit-il, après avoir balancé le livre juste devant elle. Il ne rigole pas. Ce n'est ni un conseil, ni une demande, mais bel et bien un ordre, chose à laquelle la jeune femme est peu habituée. En tous cas, pas à de telles injonctions. Il n'a visiblement pas apprécié ses petites remarques. Mais Raven s'en fiche pas mal, et elle ne compte évidemment pas se laisser faire. Elle s'imagine qu'il ne sait pas à qui il a à faire, alors qu'il s'adresse tout simplement à une étudiante, et rien de plus.

Voir le livre ouvert sur sa table est comme une claque en pleine figure. Un geste qu'elle trouve particulièrement méchant et gratuit. Ce jeune homme ne sait rien d'elle, puisqu'il ne connaît même pas son nom, alors comment peut-il lui parler sur ce ton, comment peut-il... Mais pour qui il se prend ?! Même l'infirmier n'a pas encore été aussi méchant avec elle. Et pourtant, il ne fait que lui rendre ce qu'il lui a emprunté. Là encore, elle devrait le remercier, logiquement.

Si le regard du professeur est glaçant, celui de l'étudiante est brûlant de colère. Elle n'en démord pas, trop persuadée qu'elle ne mérite pas qu'on s'adresse à elle comme il l'a fait. Elle n'a rien demandé, après tout. Les flammes se cognent contre la glace dans le silence, un combat sans fin, qui tourne autour du pot, rage contre rage sans même savoir pourquoi ni comment. Mais entre le feu et la glace, y a-t-il vraiment un gagnant ? Chacun n'a-t-il pas ses raisons, ses forces et ses faiblesses ?

Oh, pour lui, la raison doit être tout à fait claire : cette élève insolente n'en fait qu'à sa tête et dérange tout le monde. Dans quelques minutes, elle sera aussi en train de désobéir à un professeur. Par contre, la raison de la colère de Raven est moins évidente. Il doit simplement penser qu'elle est une gamine capricieuse, ce qui n'est pas complètement faux. Dans son élan de colère, elle a peut-être énervé ou blessé inutilement le professeur, mais elle n'y prête pas attention dans l'immédiat, trop choquée par les attaques dont elle se sent forcément victime.

Quand les pages se tournent, la louve regarde ailleurs, dirigeant son attention à l'opposé de son voisin, pour le fuir par la même occasion. S'il est si agressif, qui sait de quoi il peut être capable... Elle n'oublie pas où elle est : dans une académie pour monstres.
Au fond d'elle, la haine d'être confrontée à un représentant de l'autorité se mêle à la peur de ce qui pourrait bien lui arriver, si elle continue comme ça. Et pourtant, elle ne veut pas se calmer. Raven referme le livre dans un geste sec, se recule en faisant grincer sa chaise contre le sol. Elle jette l'ouvrage dans son sac dépourvu de cahiers et autres blocs notes, puis glisse son sac sur une épaule. Hé, ce n'est quand même pas le moment de se défiler. Elle a fait la maline au sujet de ce bouquin, et même si en vérité elle n'en veut pas, elle ne va pas le laisser ici : cela laisserait croire à cet homme qu'il a eu raison.

La jeune femme s'avance vers lui, sans pour autant le toucher, mais assez prêt pour lui faire comprendre qu'elle n'est pas, mais alors vraiment pas contente. Et les flammes, oscillant entre férocité et effroi, s'approchent du givre menaçant, jusqu'à seulement quelques centimètres de l'impact.

- Je fais. Ce que. Je. Veux.

L'épreuve de la traversée de la bibliothèque se présente à nouveau à elle, mais elle n'a pas le choix : elle ne peut pas faire demi-tour, car cette fois, il ne cherchera pas à l'aider si elle panique. Oh, et de toute façon elle n'a pas besoin d'aide ! Fixant le sol, ses pas se fond de plus en plus rapides, jusqu'au moment où elle sort enfin de cette pièce étouffante, oubliant même de signaler un emprunt à la bibliothécaire. Dehors, elle ne prend pas de pause : elle marche à toute allure en direction du dortoir, traverse le hall et monte les escaliers en bousculant peut-être quelques autres élèves sur son passage. Elle entre dans sa chambre, jette son sac par terre, qui laisse entrevoir la couverture du livre, avant de se réfugier de la tête aux pieds sous sa couverture. Seule avec ses problèmes.

claude gueuse

_________________
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We are a hurricane drop our anchors in a storm. they will never be the same, a fire in a flask to keep us warm cause they know, i know that they don't look like me oh they know, i know that they don't sound like me (@astra)
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