Paranoia paranoia everybody's coming to get me
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MessageSujet: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mer 7 Déc - 12:56
Vingt heures trois. En retard...

- ... certain que ces ennuis vont s'arranger conclut Greg en ouvrant la porte pour faire sortir Elsa. En attendant, continuez le yoga. Laissez vous du temps, vous y arriverez.

Il n'y avait pas foule dans le couloir, juste quelques élèves en goguette.  La pluie abondante les empêchait de sortir marcher aussi venaient ils user leurs semelles dans les couloirs de l'établissement. Et ce d'autant plus qu'une partie des professeurs restaient dans leur salle à la disposition des élèves, que ce soit pour éclaircir un point de cours ou juste pour leur accorder un peu d'attention. La  situation était censée être temporaire, le temps que l'équipe éducative soit au complet et Greg espérait que ce soit rapidement le cas. Il avait hâte qu'un psychologue soit recruté. Aussi bienveillant qu'il soit, il ne pouvait pas aider tout le monde comme il aurait fallu. Pas le temps, pas la bonne relation, pas forcément les bonnes compétences non plus... Certes, il aurait pu faire intervenir les autres - Amina pour ne citer qu'elle - mais c'était épuisant nerveusement

Au bout du couloir surgit le surveillant. Un couple d'élèves obliqua subitement à sa vue - le look mafieux ne devait pas lui valoir que des admirateurs. Greg leva la main pour lui faire signe de l'attendre tout en terminant de rassurer son élève. Oui, elle avait les capacités pour réussir. Elle n'était pas la première Yuki-onna à perdre les pédales dans son sommeil. Ils allaient trouver une solution, oui. Un mot-clef, probablement. Ou un signe. Quelque chose, pas de souci. Mais demain. Oui, demain. Dix heures, avec deux autres élèves. Là, Elsa, il devait vraiment s'occuper de quelqu'un d'autre. Oui, vraiment. Non, même pas le temps pour une autre question. Bonne nuit. Bon vent. Be cool.

Avec un geste d'excuse, il fit entrer Sven dans sa salle et l'y suivit, après avoir vérifié que le panneau "Ne pas déranger" était toujours en place à l'extérieur de sa porte. Ses élèves savaient qu'ils pouvaient venir frapper à sa porte à n'importe quel moment, sauf quand justement ce panonceau était visible. Personne n'avait envie de tomber sur un loup-garou déchainé ou de faire peur à un pyromant maladroit, n'est-ce pas ?

Il claqua la porte derrière lui et enclencha le verrou pour faire bonne figure. Soulagement. Le moment de panique était passé - Millie était farceur mais pas cruel et de toute façon, il était trop fatigué pour penser à ce genre de chose là tout de suite - et il avait faim. Et sommeil. Vivement le week end. Il désigna une chaise à Sven tout en allant fouiller dans un tiroir. Il ne se sentait pas de passer une autre heure à parler sans rien manger.

- Prends donc un cookie, ils sont excellents, dit-il au surveillant en revenant auprès de lui. Il lui tendit la boite pleine de cookies maison que Yuko lui envoyait toutes les semaines - à croire qu'elle voulait le remplumer. J'ai du café aussi, si tu n'as rien contre le jus de chaussette macéré.

Il se laissa tomber sur une chaise à coté de lui et se massa les joues du plat de ses gants. Donc Sven, Sven, Sven... il voulait le voir pour ? Un instant, son cerveau tourna à vide avant de buter le nom-clef. Aliénor. Arme maudite, Kullis. Ah oui. Il releva la tête et se retint à grand-peine de bailler.

-D'solé. Donc, confidentialité, tout ça. Attends.

Il étendit mollement une main en direction du bureau, prononçant mentalement la formule permettant leur transfert vers son kekkai personnel. Rien ne changea visiblement autour d'eux : ils se trouvaient dans une copie  conforme de sa salle de classe. Mais instinctivement, la différence se sentit tout de suite. Plus aucun bruit extérieur, atmosphère plus lourde. Ils étaient désormais totalement isolés ; sans son accord personne ne pouvait entrer, personne ne pouvait sortir. La porte donnant sur le couloir menait sur un néant infranchissable, les fenêtres étaient incassables. Sûreté totale. Il esquissa un sourire de contentement fatigué avant de se rappeler que son interlocuteur était du genre paranoiaque et qu'il ne l'avait pas prévenu de ce qu'il faisait. Oh. Euh...

- Grosso modo, on est hors du lycée. Seul le directeur et quelques membres du comité pourraient nous rejoindre et ils ne le feront pas sauf si nous sommes absents trop longtemps. Tu es certain de ne pas vouloir un cookie ?
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Ven 9 Déc - 22:48
Vingt-heures trois … Greg était en retard. Faisant face à cela, le surveillant faisait les cents pas dans le couloir. Rien ne l’énervait plus, dans une situation normale, que la personne avec qui il avait rendez-vous soit en retard. C’est dans la mafia qu’il apprit le bien-fondé de l’horaire, comme le stipulait la page 3 du Manuel du bon petit mafieux : « Si vous avez rendez-vous avec une personne, soyez à l’heure. C’est une marque de politesse envers la personne que vous allez tuer. Nous ne sommes quand même pas des animaux ! ». La ponctualité, c’est sacré. Le retard, c’est rageant. Déjà passablement énervé par les « révélations » succinctes de Greg, Sven prenait ce retard comme une épreuve supplémentaire. Comme un manque de respect. D’ailleurs, cette rage transparaissait tellement que les rares élèves qu’il croisait dans les couloirs faisaient de grands détours pour l’éviter. Oui, il ne fallait pas venir le faire chier. Pas maintenant. Pas avant d’avoir discuté avec Greg.

Vingt-heures cinq. Toujours dans l’attente de Greg, le suédois recommençait à réfléchir à l’attitude à adopter. Etre agressif ou plutôt psychologue ? Il ne s’était toujours pas décider sur la manière à adopter. Sa dernière vision de Greg lui donnait envie de jouer le psychologue, de soutirer les informations petit à petit, sans forcer. Mais le fait de savoir que c’est un doppelganger, que la personne en face de lui n’était peut-être qu’une personnalité faite uniquement pour l’amadouer lui faisait dire que la force était la meilleure solution. La chose qui l’importait sur ce point-là, c’était de découvrir la personnalité originale de Greg. Du coup, quid d’une psychologie forcée ? Ce n’était pas sa méthode. Obtenir des infos par la torture n’était pas du gout du suédois. En clair, il était toujours dans le flou.

Vingt-heure sept. La porte du professeur s’ouvrit. En sorti une élève suivit de Greg. Ce dernier lui fit un signe de la main pour lui demander d’attendre avant de se pencher légèrement en direction de l’élève et de lui parler. Sven regarda la scène avec un double sentiment. D’un côté, l’élève semblait quelque peu rassuré par les dires qui venaient du professeur. Mais d’un autre, rien ne lui assurait que l’élève soit en sécurité. Pas après avoir appris le secret de Greg. Ne pouvant agir ici dans tous les cas, le surveillant attendit (encore un peu plus) que Greg termine son discours. L’élève partie les larmes aux yeux et le jeune homme de 42 ans se redressa pour faire signe à Sven de rentrer dans sa salle. Ce dernier s’exécuta sans toutefois retirer son regard de la raison de sa venue. Greg lui emboita le pas, vérifia quelque chose puis ferma la porte en enclenchant le verrou. Le professeur désigna une chaise au surveillant qui alla s’assoir tout en réfléchissant. La psychologie. Sven allait le jouer psychologue. Après avoir vu la scène entre lui et l’élève, quelque chose disait au surveillant que c’était la meilleur chose à faire même si cette solution ne paraissait pas rationnelle du fait des capacité du professeur. Dans le même temps, Greg prit la direction d’un tiroir et en tira une boite.

Greg : Prends donc un cookie, ils sont excellents. J'ai du café aussi, si tu n'as rien contre le jus de chaussette macéré.

Le suédois déclina l’offre. Deux choses étaient à prendre en compte. De un, Greg semblait calmé, presque à l’aise. Certainement dû au fait que ce soit un doppelganger, il avait dû modeler sa personnalité pour paraitre assuré face au suédois. Ce qui était une mauvaise chose, car il semblait prêt à jouer avec lui et à lui tenir tête. La solution psychologique, déjà peu rationnelle, et le changement de personnalité du tout au tout effectué en quatre heures le conforta dans cette idée. De deux … même sans les manger, les cookies présentés dans la boite étaient ceux de Yuko. Sans la moindre hésitation possible. Ils dégageaient cette odeur caractéristique qu’il connaissait tant, lui qui était le colocataire de la kitsune lorsqu’ils étaient au lycée. Leurs présences ici, et le fait que Greg lui en propose, n’était certainement pas le fruit du hasard. Le suédois fit le vide dans sa tête et repensa à Yuko. Elle était tellement niaise (niaise est le synonyme de gentille dans le dictionnaire de poche Alexanderson) qu’elle était capable d’envoyer des cookies à toute ses connaissances. Lui aussi en recevait. Et les mangeaient en marmonnant toujours un truc comme « Quelle chiante celle-là, heureusement qu’elle n’est plus dans mes pattes », ce qui, vous l’aurez compris, est un synonyme pour « Elle me manque un peu quand même. ». Cependant … soit il était parano, soit il y avait anguille sous roche. Dans le même temps, Greg se jeta sur une chaise en face du surveillant, parla de confidentialité dans leur discussion puis commença à étendre une main. L’atmosphère changea alors. Passant de lourde du fait de la situation, elle devint lourde de nature. L’extérieur de la salle semblait proche et à la fois lointain. Comme s’ils étaient isolés du reste du monde. Le suédois ne savait comment réagir, entre la satisfaction de se savoir libre de ses mouvements dans cet espace et l’impression d’être tombé dans un piège. Le professeur prit la parole.

Greg : Grosso modo, on est hors du lycée. Seul le directeur et quelques membres du comité pourraient nous rejoindre et ils ne le feront pas sauf si nous sommes absents trop longtemps. Tu es certain de ne pas vouloir un cookie ?

Piégé. Sven était piégé. Cependant, il n’était pas le seul à en croire les dire de Greg. Lui aussi s’était enfermé dans cet espace étrange. Si ce qu’il déclarait était vrai, tout ce qui allait se passer ici était enfermé ici. Et en cas d’absence prolongée, il y aura quelqu’un de haut placé pour venir vérifier. En somme, le lieu parfait pour discuter en toute sécurité, la solution violente semblant être totalement impossible dans ce lieu. Sven ne se sentait pas en sécurité pour autant. Dans cette situation, Kulis était en danger. Et en cas de soucis, Greg, qui semblait contrôler la situation, devait avoir un crédit total. En somme … il était en danger. Genre vraiment. Le suédois souffla après avoir fait cette constatation. Il lui fallait agir rapidement. Etre prêt à toutes les éventualités. Essayer de retourner la situation à son avantage. Pour le moment, le doppelganger n’était pas agressif. Mais rien ne lui assurait que cela n’allait pas changer rapidement. Il fallait donc jouer le jeu. Discuter sans le froisser. Apprendre les choses, lentement mais surement. Le suédois se redressa sur la chaise, et fixa Greg dans les yeux.

Sven : Comment connais-tu Kulis et quelles informations à-tu sur elle ?

Bon. Pour ce qui était d’y aller doucement, c’était raté. Par contre, le côté mafieux était bel et bien là. La question était simple et efficace. La réponse allait donner directement des indications sur comment Sven devait réagir face à Greg. L’ancien mafieux avait un carré de 10. Quel était le jeu de Greg ?
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Sam 10 Déc - 15:30
C'était donc ça la pokerface suédoise ? Greg observait Sven et s'étonnait qu'il ne bouge pas d'un cil. Face de marbre. Error 404, brain not found ? Ou saturé ? Encore une fois, il se maudit de ne pas avoir pensé à le prévenir avant. Bon, ça n'aurait peut-être rien changé mais au moins, il aurait essayé. Parce que là... il avait freezé le Sven, non ?

Juste au moment où il ouvrait la bouche pour lui demander si ça allait, celui-ci se se redressa sur sa chaise et le fixa dans les yeux. Du moins il l'imaginait, vu qu'celui-ci portait encore ses sempiternelles lunettes de soleil. Ca lui donnait l'air classe en temps normal mais dans l'esprit un peu embrumé de Greg, ça le faisait surtout ressembler à une grosse mouche.

"Comment connais-tu Kulis et quelles informations as-tu sur elle ?"

Bon, bah, au temps pour les cookies et la politesse. Il  piocha dans la boite une poignée de biscuits, la referma puis et la posa soigneusement sur la table à coté de lui. Il entreprit d'en grignoter un tout en lui rendant son regard. Réfléchis Greg, réfléchis... Comment faire ?

Parce que bon, concrétement, il ne voulait pas grand chose de Sven en fait. Juste savoir s'il avait des connaissances générales au sujet des armes maudites - ce qui serait déjà bien - et ensuite découvrir s'il savait quoi que ce soit sur Murgleis. Les derniers porteurs ayant été tués avant de transmettre leur savoir et toutes leurs archives détruites, il n'en savait que ce que les livres de contes et légendes destinaient aux non-méta-humains en relataient ; une masse d'informations floue, fragmentaire et probablement ponctuée d'intox. Avec un peu de chance, le porteur de Kulis, qui était une arme maudite tout comme Murgleis, en saurait un peu plus sur elle.

Non, ce n'était pas ce qu'il voulait de lui qui risquait de poser problème - hey, au pire il refuserait de l'aider et basta ! C'était plutôt comment lui déballer ce qu'il savait de Kulis sans le paniquer. La majeure partie des gens avaient tendance à être agressifs quand ils découvraient que vous connaissiez leurs petits secrets - et ils sortaient carrément les fourches et torches quand ils découvraient que vous l'aviez appris en le lisant dans l'esprit de quelqu'un d'autre. Bon, dans le cas de Sven, il éviterait au moins l'incendie - a moins que Kullis n'ait une forme de lance-flamme ? Ca n'aurait pas été plus insolite qu'un marteau après tout - mais un coup d'épée dans la face, ça picotait toujours.

Il aurait aussi pu mentir ou prétendre n'en savoir que peu mais, en dehors du fait qu'il doute que le Suédois le croie, il se refusait le tromper. Il ne savait rien de lui ; peut-être un des renseignements en sa possession pourrait-il lui être utile. A quoi ? Oh, bah... A tout et à rien. A retrouver d'autres porteurs d'armes. A se débarrasser de sa malédiction. A mieux arriver à utiliser Kulis. Aucune idée. Il n'avait qu'un faisceau d'informations et ne disposaient pas du recul nécessaire pour juger de leur pertinence. S'il y avait une seule chance que ce qu'il ait appris lui soit utile, Greg se sentait obligé de partager ses connaissances à ce sujet.

Biscuit fini. Il prit le temps d'épousseter les quelques miettes tombées sur son pantalon avant d'en reprendre un. Allez, tu le mangeras une fois que tu auras parlé. Crois y Greg ! Motivé ! Du bout des doigts, il commença à le tripoter machinalement tout en lui répondant.

"Un témoignage visuel et des recoupements via quelques livres. La légende de Kulis a été transmise oralement et est à la source de certaines légendes yokai et humaines. Il faut juste savoir où chercher. Il y a de rares traités théoriques  yokai aussi - mais les auteurs sont des gens assez... bizarres. Du genre à prétendre qu'Elvis est un incube et que l'Orangina Vert c'est des gens. Personne n'y a vraiment prêté attention. Si tu veux, je dois pouvoir retrouver les références. Par contre, tu as intérêt à réviser tes runes et le danois ancien pour les lire."

Coup de dents dans le cookie ; la pâte sablée lui fondit dans la bouche. Machonnant, il pencha légérement la tête, essayant juste de prévoir au vu de sa tension si l'homme allait être agressif ou non à son égard. Il doutait que Kulis soit bien loin de lui, vu la paranoia qu'il montrait à ce sujet ; au premier geste suspect, il sauterait de sa chaise pour se mettre hors de portée. Fatigué mais pas fou le Greg.

Il se frotta la bouche du dos de sa main gantée avant de reprendre. Il préférait ne pas lui laisser le temps de se demander d'où venait le "témoignage visuel". C'était toujours compliqué d'aborder ce genre de sujet et vu qu'en plus il s'agissait de Luna, il ne le ferait vraiment pas de gaieté de coeur.

" Pour ce donc je suis certain, briévement : Kulis est une arme à multiples formes, liée à un seul porteur. Puissance énorme correctement manipulée. Maudite. Pour les suppositions : la raison de cette malédiction, les conditions de transfert, les différentes formes, l'effet de cette malédiction sur toi. Comme je t'ai dit, les sources sont vagues et souvent contradictoires."

Cette fois-ci, il se tut un peu plus longtemps, lui laissant le temps de récupérer. Découvrir qu'un inconnu sait autant de choses sur vous, ça avait des chances de vous laisser knock-out. Ou de vous faire péter un plomb. Si Greg avait insisté pour qu'ils se rencontrent ici, c'était en partie pour ça ; si jamais Sven faisait une crise de nerfs ou perdait le contrôle sous le coup de la panique, il n'y aurait pas de blessés parmi les élèves. D'un geste, il ramena la cafetière vers eux, versa le jus de chaussette dans deux mugs avant d'en tendre un à son interlocuteur. Après une café tiéde et dégueulasse, tout semblait aller mieux - et il savait de quoi il parlait.

"Tiens, bois. Je crois que tu en as besoin. Toujours pas de cookie ?"

Cependant, toute la gentillesse du monde ne pouvait pas l'empêcher de rester sur ses gardes au sujet de Sven. Ca ne se présentait pas très bien... mais ça ne se présentait pas si mal non plus. Déjà, aucun d'entre eux n'était en train de menacer l'autre de mort. Ensuite... Euh... Ensuite, il lui restait une demi-boite de cookies. Voilà. C'était pas si mal.

Enveloppant sa tasse a peine tiède de ses deux mains, il souffla dessus par habitude, avant d'en boire une gorgée. Ses yeux s'égarèrent sur la frise de cartes de bataille qui en décorait le porcelaine avant de revenir se poser sur le surveillant. Deux petits Greg le dévisageaient depuis ses verres de lunettes teintés. Tiens, pensa t il sans aucun rapport, je me demande s'il sait jouer au poker ?
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mar 13 Déc - 18:00
Tapis. Greg venait mettre sur le tapis ses connaissances sur Kulis et comment ils les avaient eues. Son témoignage semblait sincère au vu du ton employé et de toutes les petites mimiques qui transparaissaient du professeur : mouvements de doigts nerveux, grignotage tout aussi nerveux des cookies, jambe droite qui tremblait frénétiquement … Autant de signe qui, en temps normal, signifie que l’interlocuteur est mal à l’aise. Dans ce moment-là, mentir n’est pas une bonne solution. Cela se voit directement. Cependant … La personne en face de lui était un doppelganger. Moduler sa personnalité pour tromper l’ennemi, passer pour quelqu’un de gentil pour amadouer sa cible avant de la frapper dans le dos … une technique qu’utilisent régulièrement les mafieux. Les doppelgangers devaient certainement agir de la même manière. Et être diablement plus efficace qu’un humain. Méfiance donc.

Le professeur lui tendit une tasse de café. Le suédois l’accepta pour ne pas froisser l’entité en face de lui. Pour le moment, il se devait de rentrer dans son jeu afin de savoir qui il était réellement. Alors qu’il approcha la tasse de sa bouche, le suédois repensa aux dires de Greg. Il ne savait rien. Sur le papier, ce n’était juste qu’un prof recherchant des informations, surement pour ses cours. Il a été lire des livres relatant les mythes et légendes autour des armes maudites. Kulis y était à coup sûr. Cependant, les livres sont souvent aux antipodes de la réalité. Comme l’a justement dit le professeur, « … les sources sont vagues et souvent contradictoires. ». Les livres relatant des armes légendaires ne sont que des points de départs faussés. De ce côté-là, le suédois était plus ou moins rassuré. D’un côté, les légendes ne sont que des légendes. Mais d’un autre, ceux qui commencent à creuser dedans se rendent compte que celles-ci existent. Loin de celles décrites dans les livres. Mais existent bel et bien.

Le suédois fit semblant de prendre une gorgée. Il n’était pas fou. Il ne pouvait pour l’instant pas avoir confiance en Greg. De plus, il est si simple d’empoisonner une boisson et de s’être inoculé un antidote avant pour en boire afin de montrer qu’il n’y a aucun danger à en boire que la précaution était de mise. Après avoir faussement bu une gorgée à la manière d’un acteur, formation de mafieux oblige, le suédois repris le cours de ses pensées. Sur Kulis, là encore, le professeur n’en savait presque rien. Tout du moins il en savait autant que quelqu’un qui commençait à se renseigner dessus. Et encore. Cependant quelque chose embêtait le suédois. Greg avait parlé d’un témoignage visuel. Qui cela pouvait-il être ? Dans quelle mesure eu lieu le témoignage ?  Quand et comment cette personne l’avait vu avec Kulis en main ? Est-ce Yu ou Yûko ? Le suédois était gêné par cette seconde pièce manquante à son puzzle. La première étant l’identité réelle de Greg.

Sven se leva de la chaise, déposa la tasse dessus, et commença à marcher dans la salle de cours. Chaque détail serait bon à prendre. Chaque information serait bonne à prendre. Quelle soit vrai ou fausse.

Sven : Merci de ta … sincérité. Cependant, laisse-moi te poser deux trois questions. Histoire de savoir si je peux te faire confiance.

Le surveillant regarda Greg avec défi. Lui aussi savait son secret. Il l’avait murement réfléchi. Personne n’aurait envie de cacher un pouvoir aussi fort. A moins de vouloir être tranquille pour en cacher un plus grand. Donc soit c’était un vrai doppelganger, soit c’était quelque chose de pire encore. Il ne fallait pas brusquer son interlocuteur dans ce cas-là. Il fallait y aller doucement pour soutirer les informations et pour faire croire qu’une possible relation de confiance pouvait s’instaurer.

Sven : Tout d’abord, qui est le témoin visuel et comment as-tu eu sa déposition?

La première question était simple. Savoir qui était le témoin était obligatoire pour Sven. Tout le monde sauf Yu et Yûko. Voilà la réponse qu’il attendait. Ainsi, la première pièce manquante du puzzle serait retrouvée. La seconde pièce manquante, quant à elle, allait être plus dure à trouver. De plus, il voulait voir jusqu’où irait la prétendue sincérité de Greg. Le surveillant mit son bras droit sur le rebord de la chaise et installa sa main non loin de Kulis. Au cas où. Dans tous les cas, la réponse à la seconde question allait certainement être incomplète. A moins qu’une nouvelle fois Greg fasse tapis. La, peut-être, daignera-t-il donner une ou deux infos sur Kulis. Du coup, sans attendre la réponse à la première question, Sven enchaina avec la suivante.

Sven : Mais surtout, qui est-tu réellement, doppelganger ? Et pourquoi veux-tu autant connaitre Kulis ?

Le suédois était prêt à se battre le cas échéant. Il ne savait pas à quoi il avait à faire. Il ne savait pas à qui il avait à faire. Il ne savait pas, concrètement, ce qui allait se passer. La faute à la pièce manquant du puzzle. Quels sont les intentions dudit Greg ? Juste en savoir plus sur Kulis, ou lui prendre Kulis ? La réponse du professeur allait certainement définir la suite de la partie. Comme le dirait un pilier de bar jouant au 421, les dés sont jetés.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mar 13 Déc - 22:08
Greg ne put s'empêcher de décocher un coup d'oeil admiratif à Sven. C'était bien la première personne qu'il croisait à ne pas réagir même malgré lui à l'infâme magma que le doppleganger baptisait "café". Il détestait cette boisson. Cordialement. Et elle le lui rendait bien. Elle lui tordait l'estomac, il la changeait en bourbasse amère ; il oubliait de changer le filtre, elle rongeait ses mugs en plastique. Une vraie histoire de haine entre eux. Raison pour laquelle il continuait à en boire finalement : après y avoir goûté, tout semblait meilleur. Au sens premier du terme. Et puis au moins, elle ne le décevrait jamais, cette horrible bouillasse !

Mais quand même... Nez au dessus de sa tasse, il renifla. Aussi amer et chargé que le goût.  Comment avait-il pu ne pas tiquer face à ça ? S'il avait été anglais, il aurait encore pu comprendre, mais suédois... La nourriture suédoise n'était pas si horrible que ça. Enfin, si on supportait le haddock. Et les navets. Enfin bref, s'il en avait vraiment bu, son estomac devait être en béton armé doublé de crouton de pain de cantine - la matière la plus dure au monde. Incroyable. Les biologistes tueraient pour observer ça. De quoi isoler les marées noires, les concerts de Justin Bieber et Fukushima.

Sven se releva, relativement agité - 'fin, sa pokerface avait dérapé un instant quoi. Il commença à faire les cents pas. Greg reposa son mug sur la table voisine, veillant à ne pas en renverser sur la plateau. Juste au cas où. Son café n'aimait pas toujours le contact avec le plastique. Le prof de chimie lui avait recommandé de garder un masque à gaz à portée, juste au cas où il recréerait encore par accident du gaz moutarde. Allemand, gaz moutarde ; ce jour là son collègue avait gagné un point Godwin en moins de trois minutes. Ca aurait peut-être fait rire Sven ce genre de remarque, du moins s'il était capable de rire. Greg était incapable de se rappeler l'avoir vu rire un jour et vu la tête qu'il tirait en cet instant, ce curieux mélange de défi et de méfiance, il doutait presque qu'il en soit capable.

- Merci de ta … sincérité. Cependant, laisse-moi te poser deux trois questions. Histoire de savoir si je peux te faire confiance.

Merci ? Waouh. Venant de la part de ce paranoiaque, ça équivalait presque à une ola. Greg sentit ses lèvres se relever en un léger sourire. Sincérité ? Hey, ça faisait du bien de croiser quelqu'un qui ne le considère pas comme un sale mouchard parce qu'il était professeur ou un traitre parce que "doppelganger oh la la !". Il lui fit signe de faire d'un léger signe de la main. C'était compliqué d'accorder sa confiance, et il en savait quelque chose.

- Tout d’abord, qui est le témoin visuel et comment as-tu eu sa déposition?

Ah. Ca. Son sourire s'effaça aussitôt. Bien sûr qu'ils allaient forcément y venir, mais ça ne lui faisait absolument pas plaisir. Luna, Bruna, tout ça. Expliquer. Tempérer. Faire face à une toute nouvelle suspiscion. Relancer la paranoia. Ou mentir et du coup justifier une future paranoia. Génial. Rien que d'y penser, il sentait l'énergie le fuir un peu plus. Il baissa la tête, souffla. Se saisit la tête des deux mains. Ses doigts s'emmêlèrent dans ses cheveux et lui massèrent le cuir chevelu. Comme si ça pouvait soulager un tant soit peu la tempête qui sévissait sous son crâne...

- Mais surtout, qui est-tu réellement, doppelganger ? Et pourquoi veux-tu autant connaitre Kulis ?

La phrase le stoppa net. Doppelganger. Figé sur place, doigts encore plongés dans sa chevelure. Il releva lentement la tête pour regarder Sven qui s'était subitement rapproché de lui. Tendu lui aussi. Tendus tous les deux en fait. L'orage planait juste au dessus d'eux. Greg fixa Sven. Sven fixa Greg.

- Registre ?

Le mot claqua comme un coup de tonnerre. La voix de Greg était séche, bien plus qu'elle ne l'avait été depuis leur entrée dans la salle. Sven venait de le prendre en traitre et ce mot... doppleganger. Sale mot. Encore plus sale lorsqu'on venait de passer six ou sept ans à lutter pour se créer une identité autre que "celui-là", "le monstre" ou "le fou". Il s'était habitué à ce qu'on le désigne ainsi, mais qu'on le lui jette ainsi à la figure... Maintenant en plus. Alors qu'il faisait tout son possible pour aider les autres. Qu'il acceptait de demander de l'aide au lieu de se débrouiller seul. Il n'y aurait pas pu y avoir de pire moment.

-Je te demande comment tu as su ça. Par le registre ? Ou autrement ?

Voix froide. Paranoia on. Ses synapses s'étaient remises à fonctionner toutes en même temps, lui donnant l'impression qu'une machine infernale s'était rallumée dans sa tête. D'où savait-il ça ? Il n'en parlait jamais. A part à quelques personnes. Dignes de confiance - du moins le croyait-il. Presque toutes étaient mortes ou loin du lycée. Il ne voyait que Vika. Il refusait de croire que ça vienne d'elle. Ses élèves croyaient qu'il était sorcier, bien qu'il ne l'ai jamais vraiment affirmé. Ses collègues aussi. Sauf... Ades. Luminaria. Qui d'autre ? Le directeur ? Le comité ? Les avait on mis en alerte à son sujet ? Sans qu'il soit au courant ? Etait il encore considéré comme un danger ? Il avait envie de hurler.

Non. Le registre. Ca devait être ça. Personne n'y songeait jamais, mais il existait. C'était obligatoire. Parce que si ce n'était pas ça, c'aurait été comme si ces dernières années n'avaient servi à rien. Malgré lui, il sentait les pensées s'accélérer, se presser, hurler entre ses oreilles. Lui signalant la posture de Sven. Le fait qu'il soit à portée. Qu'il semble prêt à dégainer. Que depuis le début de leur entrevue, il n'avait rien dit, lui laissant tout le temps de se dévoiler, de s'avancer, de se montrer vulnérable. Que sous ses lunettes noires puissent se cacher n'importe qui, n'importe quoi.
Chrysanthème.
Sursaut brusque. Pendant un instant, Greg se sentit incapable d'inspirer. D'expirer. De penser. Puis redémarra. Le flux de pensées, il l'arrêta avant que lui ne puisse le submerger de nouveau.
Merci Millie.
Jamais encore il n'avait été aussi content d'avoir donné ce mot-clef à la copie du petit sorcier. Si jamais Greg partait totalement en vrille, le sorcier n'avait qu'à laisser tomber cette pensée et le doppelganger arrêtait automatiquement tout ce qu'il faisait. Un genre de mode sans échec, finalement.

Greg inspira profondément. Expira. Une fois. Deux fois. Se focalisa sur son calme intérieur. Se força à relacher ses poings et sa posture. Il gérait la situation. Tout à fait. Quoi que Sven fasse, il pouvait y répondre. D'une simple pensée, il pouvait le coller à sa chaise. L'obliger à se taire. L'enfermer dans le kekkai et s'en aller. Se regénérer si jamais il y avait besoin. La panique n'était nullement utile alors il devait la laisser s'écouler. Inspiration. Expiration. Jusqu'à pouvoir s'exprimer sans donner l'impression d'avoir mangé un Terminator. Il surarticula chacun de ses mots, s'obligeant à être factuel. Calme. Pas accusateur.

- Je sais ça par Bruna. Tu te doutes bien de comment. Quand à Kulis, je n'ai aucune intention de te la prendre. Je veux des informations. Je suis prof de maitrise des pouvoirs. Relie ces éléments ensemble, méta-humain.

Il stoppa là. Ses derniers mots contenaient bien plus de rancoeur qu'ils n'auraient dû. Le simple sarcasme sonnait comme un cri refoulé de rage venant d'un enfant en bas âge. Il se mordit la lèvre inférieure, compta jusqu'à 10 à l'envers en détournant légérement le regard, jusqu'à être certain de se contrôler. Il le fixa de nouveau - ses mâchoires menacèrent de se bloquer mais il se força à se relâcher.

-Je suis moi. Greg Ogramann. C'est ce que je fais qui importe, pas ce que je suis. Compris ?

Quitte ou double, Sven ? A trop tenter ta chance, tu risques d'y perdre des plumes...
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Ven 16 Déc - 19:17
Greg : Je te demande comment tu as su ça. Par le registre ? Ou autrement ?

Bingo. La fléchette venait de toucher le centre de la cible. 100 points pour Gryffondor. Le professeur venait de changer de changer de visage. Froid. Distant. Quelque peu apeuré. La dernière question du surveillant venait de rabattre les cartes. Ou plutôt d’éclaircir quelque peu le brouillard de guerre. Doppelganger. Le suédois regarda le visage de Greg se décomposer tandis que l’atmosphère passa du malsain au violent. Cependant, la situation fit plaisir à Sven. Greg était un doppelganger. Il ne cherchait pas à cacher un pouvoir encore plus grand. Néanmoins, il était toujours impossible de savoir si la personne en face de lui n’était qu’une facette ou bien l’original. « La colère révèle tout d’un homme. Tout ce qui est ou peut-être caché peut être découvert sous le coup de la colère. En clair, personne ne peut mentir sous le coup de la colère. Même les meilleurs d’entre nous.» Les dires de Smitherson lui revinrent en tête. C’était bien le moment. Cependant, c’était bien une des seules choses que Sven acceptait en Smitherson. Sa vision de la colère. La colère rend vulnérable. Et la vulnérabilité rend violent. Voilà comment fonctionne la colère. Il l’avait testé. Deux fois. Il savait ce que c’était de se retrouver dos au mur, tel une bête voyant sa mort arrivée. Il comprenait Greg. Beaucoup plus que ce dernier pouvait le penser. Le professeur ne pouvait plus se cacher. Sa colère l’enveloppa. La froideur de son visage ne laissait que peu d’opportunités de pousser plus loin. Non. Pas besoin. Le suédois venait déjà de mettre en échec le roi adverse. Cependant, le fou était toujours là pour veiller. Allait-il se révéler ou bien disparaitre ?

Le suédois était prêt à toutes les éventualités qu’il venait de créer. Comment allait réagir le professeur ? Par la raison ? Par la violence ? Tout dépendra de ce qu’il lui reste à cacher. En face de lui, Greg semblait perdre la raison. Il y avait de quoi. Il ne devait pas afficher son pouvoir tous les jours à tout le monde. Là encore, Sven se reconnu en lui, et cela il n’y a pas si longtemps que cela. Au moment où Greg lui murmura Kulis, il c’était sentit nu face à lui. Comme un nouveau-né. Lui aussi cherchait à cacher son pouvoir. Lui aussi avait demandé comment il avait eu les informations dessus.  Quelque part, à ce niveau-là, les deux hommes se ressemblaient. Cette fois-ci, c’était à Greg d’être en colère. D’être mal à l’aise.

Le professeur réussit tant bien que mal à se calmer un peu. Cependant, la froideur de ses paroles et de son visage rappelait que lui aussi était prêt à tout. Il respira et expira grandement deux trois fois puis reprit la parole. Bruna. Voilà comment Greg connaissait l’existence réelle de Kulis et le fait que ce soit le surveillant qui la porte. Quelque part, Sven était soulagé d’entendre cela. Yu et Yûko n’étaient pas en danger ou en cause. Mais d’un autre, il ne savait pas à qui Bruna en avait parlé. Surtout que cette dernière était désormais introuvable. A croire que le surf n’était pas son sport favori. Pour le surveillant, le spectre d’une révélation de masse via le bouche à oreille le titilla. Cependant, il l’aurait déjà su si c’était le cas. Dans ce cas, pourquoi Bruna en avait-elle parlé à Greg ? Ou alors Bruna n’est-elle qu’une des facettes du doppelganger lui faisant face ? Cette hypothèse, plus que probable en mettant en lien toutes les informations qu’il avait à sa disposition, ne lui plut que moyennement. Dans ce cas-là, encore une fois, il lui était impossible de savoir les intentions qu’avaient Bruna au moment de leur rencontre. Cependant … Cependant, elle n’avait aucun moyen de savoir qui il était. Personne ne le savait à part Anod. Il venait tout juste d’arriver. Dès lors … si Bruna et Greg ne sont qu’une seule et même personne, alors pourquoi Greg lui demandait ici et maintenant des informations ? Pourquoi ne pas être venu plus tôt ? Pourquoi avoir attendu plus de deux ans pour remettre la situation sur le tapis ? Le temps de faire les recherches ? Non, les informations sont bien trop faibles. En six mois le tour est fait à peine. Pourquoi dans ce cas-là ne pas faire apparaitre Bruna devant lui ? Cela l’aurait rassuré quelque peu, et il aurait accepté directement d’en discuter quelque peu avec elle. De toute manière il n’avait pas grand choses de plus à lui cacher à part son histoire personnelle. Mais non. C’est Greg et non Bruna. Avec la colère, le professeur aurait pu, de plus révéler une autre forme. Cependant, ce dernier assura n’être que lui-même et personne d’autre. N’être qu’un humain et non un monstre. Avec la pique lancée un peu plus tôt, Greg aurait pu perdre les pédales et se révéler au grand jour. Sauf s’il est vraiment un maitre dans l’art de mentir … ou qu’il ne ment pas.

Le suédois le regarda droit dans les yeux. Il avait gagné le défi. Il savait presque tout ce qu’il voulait savoir. Greg est un doppelganger qui, tout comme Sven avec Kulis, cherche à trouver sa définition entre l’humanité et la monstruosité. Tout comme lui, la peur de savoir son pouvoir s’ébruité le terrorise, le rend violent. Sa colère montre ses vraies intensions : il n’en a pas après Kulis. C’est juste un professeur avec beaucoup de curiosité. Si la théorie Bruna égal Greg était véridique, il aurait déjà pu, sous les traits de Bruna, venir chercher deux trois infos en plus. Il s’était plus dévoilé que lui. Il avait l’avantage. Et maintenant il savait que Greg n’était pas dangereux … juste paranoïaque. Tout comme lui.

Sven : Si tu tiens tant à cacher ton pouvoir, fait en sorte de ne pas le rendre accessible aux yeux de tous. En soit, le registre est ton plus grand ennemi. Savoir détourner des informations te semble être étranger. Vois cela avec le directeur, je suis sûr qu’il empêchera d’autres personnes de trouver aussi facilement des informations sur toi.

Le suédois se redressa et revint s’assoir sur sa chaise. Il allait lui donner des informations. Oh, pas grand-chose, lui non plus n’en savant pas plus que cela. Cependant, il se devait de le faire. Tout comme il se devait de rester sur ses gardes. La colère rend vulnérable, mais aussi ingérable. Impossible de savoir ce qui allait se passer à l’avenir. La main droite du suédois toujours non loin du fourreau de Kulis, il prit avec sa main gauche une cigarette et l’alluma.

Sven : Que veux-tu savoir ? Je te préviens, je n’en sais pas beaucoup plus que toi. Peut-être deux ou trois choses, mais cela s’arrête là. Etre possesseur d’une arme maudite ne donne pas beaucoup plus d’informations, je m’en excuse d’avance.

Le surveillant prit une bouffée et regarda Greg.

Sven : Bien ! Par où commençons-nous, professeur ?
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Dim 18 Déc - 16:21
Les verres de ses lunettes renvoyaient l'éclat de la lumière provenant des fenêtres factices, empêchant Greg de distinguer ses yeux à travers. Cela ne l'empêchait pas de sentir son visage cuire, tant de colère que de honte, sous son regard. Il en était intimement persuadé : Sven l'observait. Le dévisageait. Le jaugeait. Le doppelganger lui rendit son regard, buté, refusant de lui céder le terrain. Jugement contre jugement, regard contre regard ; qui céderait le premier face à l'autre ? Qui serait mettre au clair les armes... ou tendre une main secourable à l'autre ? Lui ne se sentait pas capable de le faire pour le moment. Et à vrai dire, ne voulait pas choisir entre les deux options. Ca aurait été renoncer à sa juste colère ou à sa tendance à donner une chance aux autres et il ne savait pas laquelle des deux il voulait voir triompher en cet instant. Pas du tout. La tension se faisait incroyable. Ils se regardaient et...

Le premier de nous deux qui rira aura une tapette !

Greg cilla lorsqu'une petite pensée parasite perturba sa concentration. Un quart de seconde peut-être, le temps renvoyer l'enfant en lui bien loin de la surface. Sauf que le temps de se recentrer sur la situation, tout avait changé. Et rien n'avait changé en même temps. C'était juste... différent. Il cilla des yeux, plusieurs fois, essayant de comprendre. Etait-ce que Sven ? Quelque chose dans sa posture un rien plus relâchée, dans l'angle de réflection de ses lunettes ? Ou lui, Greg ? Un signal inconscient capté ou relâché ? Ou la salle ? Pourquoi pas, c'était tout aussi plausible. Il lança un coup d'oeil rapide à droite, à gauche, s'attendant presque à voir les tables se déplacer ou un chandelier à l'accent français se mettre à chanter sur le bureau. Rien, bien sûr. C'était la vraie vie, pas un Disney.

- Si tu tiens tant à cacher ton pouvoir, fait en sorte de ne pas le rendre accessible aux yeux de tous. En soit, le registre est ton plus grand ennemi. Savoir détourner des informations te semble être étranger. Vois cela avec le directeur, je suis sûr qu’il empêchera d’autres personnes de trouver aussi facilement des informations sur toi.

Le Suédois se rassit en face de lui comme si de rien n'était. Tout est normaaaaal. Absolument normaaaaal. Ils ont juste failli s'étriper un bref instant et maintenant, il lui donne des conseils. Et... "savoir détourner des informations te semble étranger" ? Hein ? Quoi ?

Greg sentit la tension s'évanouir dans une bulle d'hilarité qui lui remontait à l'instant le long de la gorge. Etranger. S'il savait. Depuis son arrivée il avait fait inscrire deux squatteurs au lycée en tant qu'élèves, utiliser un "projet pédagogique" pour monter des cours de soutien que la direction n'aurait probablement pas apprécié et détourner au moins trois pochettes de feutres pour sa propre classe - ce qui, bizarrement, avait été le plus compliqué à mettre en place, les fournitures scolaires étant rares dans l'établissement. Oh, et avant de s'enfuir, il avait allumé un bon gros méchoui dans la salle des archives pour protéger le maximum d'élève venant de familles humaines de représailles de l'AT. Totalement étranger. Totalement. Innocent comme l'agneau qui venait de naitre. Il se mordit les lèvres, essayant de réprimer le rire qui menaça d'exploser lorsque le visage de Nemesis Xeno contemplant l'incendie lui revint en mémoire. Tantale en train de contempler la grappe de raisin lui frôlant les lèvres ne devait pas avoir l'air plus torturé.

Il baissa la tête, souffla et se frotta les yeux du dos de la main, craignant que son fou-rire contenu ne les fasse pleurer. Ce n'était pas le moment d'en rajouter niveau émotions ou de brouiller les cartes. La tension était redescendue, alors stop aux montagnes russes de la paranoia !

- Je verrai ça, se borna t il à répondre d'une voix rauque.  Mais comment ? Aucune idée. Il n'allait pas fournir encore plus d'informations là dessus à Sven et lui dire que le directeur avait été d'une instransigeance absolue quant à la teneur des informations du registre. "Confiance en l'équipe pédagogique", "nécessité de la clarté des renseignements fournis", "modèle à suivre" et autre blabla pouvant être résumés comme "Shut up bitches !". Il avait bien tenté le coup en  rendant un formulaire truffé d'informations bidons (avait-il vraiment l'air d'avoir 46 ans et de venir du Groenland ? En tout cas les secrétaires n'avaient pas tiqué) mais visiblement, ça n'avait pas fonctionné. C'était en partie pour ça qu'il avait usé des capacités de Millie dès son premier cours ; qui irait consulter le registre pour quelqu'un que tout signalait comme sorcier ? Enfin, à part un humain paranoiaque aux lunettes de mouche ?

Yeux encore un peu humides, il suivit du regard une volute de cigarette s'étendre au dessus d'eux. Calumet de la paix des temps modernes, ce truc là, décidément. Oh, et faudra penser à aérer, ne pas oublier. La pensée lui sembla incroyablement futile après le déferlement de tension par lequel ils venaient de passer.

- Que veux-tu savoir ? Je te préviens, je n’en sais pas beaucoup plus que toi. Peut-être deux ou trois choses, mais cela s’arrête là. Etre possesseur d’une arme maudite ne donne pas beaucoup plus d’informations, je m’en excuse d’avance.

Il revint à Sven. Il avait tout l'air d'un mafioso dans cette posture faussement avachie, une cigarette maintenue du bout des doigts, regard bleu iceberg sous ses verres teintés. Quelque chose le gênait dans sa posture, mais il n'arrivait pas à déterminer quoi. Ca lui viendrait peut-être plus tard.

Ce qu'il voulait savoir ? Bonne question. "Tout" aurait il spontanément répondu mais comment savoir si le Suédois n'allait pas encore prendre ça comme une marque d'agression ? Le souci était que finalement, il ne savait pas ce qu'il cherchait. Pas exactement. Juste toute information pouvant venir en aide à Aliénor quant au contrôle de Murgleis. Ou plus exactement, toute information sur Murgleis - il ne désespérait pas de trouver une solution pour empêcher ce transfert.

Sauf que. Que que que.. que sans même tomber dans la paranoia, vu le comportement de Sven, le sujet des armes maudites était fort sensible. Est-ce que lui apprendre qu'une autre arme maudite existait de façon avérée et que sa propriétaire légitime se trouvait dans l'enceinte de l'établissement était une bonne idée ? Qui lui disait qu'il ne risquait pas de la tuer pour en obtenir la garde ? Ou de l'éliminer lui au nom d'une quelconque code du secret ? Bon, ça, c'était peut-être un peu trop paranoiaque pour être vrai. Peut-être.

Greg grimaça légérement de contrariété. Cotoyer un paranoiaque quand on essayait de se soigner, c'était décidément pas l'idée du siècle. Non, il valait mieux gagner du temps et trouver soit un moyen de pression, soit s'assurer qu'il puisse contrôler le comportement de Sven ensuite vis à vis de Murgleis.

- Commen...

Il s'étrangla. Gorge séche, trop de stress. Il lui fit signe d'attendre une seconde, le temps d'attraper son café sur la table de droite et de s'en humecter les lèvres et le gosier. Toujours aussi mauvais. Et c'était lui ou le liquide était en train de creuser la porcelaine ?

- Commence pas me dire ce qu'il en est de ce dont je ne suis pas certain. Malédiction, effet sur toi, conditions de transfert notamment.

Le temps de rassembler des informations. Rien que ça pourrait être utile. Si Kulis était transferable en dehors de lien de sang et de façon volontaire, Aliénor pourrait en refuser la charge.

Il allait reposer sa tasse lorsqu'il s'arrêta, comprenant ce qui l'avait fait tiquer quant à Sven. Greg était droitier. Sa tasse allait à droite. Sven était droitier. Sa tasse aussi était à droite. Alors pourquoi tirait il sur son mégot de la main gauche ? Ses yeux descendirent le long de sa hanche. Sa main droite était posée sur sa cuisse. Bras tendu, prêt à se mouvoir dès que besoin. Maintenant qu'il y songeait, tout au long de la conversation, le Suédois s'était toujours débrouillé pour...

Le doppleganger revint au visage de Sven. Son reflet distordu dans les lunettes lui renvoya un regard perplexe. Pourtant, Greg avait au contraire l'impression d'en savoir bien plus sur l'homme qu'à son entrée dans cette salle. Paranoiaque et prêt à combattre. Il ne gardait pas l'arme près de lui par acquis de sécurité, il était prêt à s'en servir. Et vu son calme et sa façon de bouger, il savait s'en servir. Pourtant, jamais encore il ne l'avait vu au club d'arts martiaux, seule raison à priori innocente pour qu'un humain sache combattre. Jamais même il ne l'avait entendu discuter art martial avec un membre du comité. Et des raisons pour qu'un humain aie l'occasion d'utiliser une arme de guerre jusqu'à la maitriser - hormis raisons geeko-comiques comme sabre laser, convention et jouer à Robin des Bois - il n'en voyait pas beaucoup. En fait deux : vengeance ou occupation criminelle.

Greg dans les reflets avait l'air plus assuré d'un coup. Plus concentré en tout cas. Son cerveau additionnait un et un, recollant ensemble tous les petits détails bizarres au sujet du Suédois tandis qu'il le fixait. Son isolement: mesure de sécurité. Sa paranoia : des gens lui en voulaient vraiment. Sa place au comité malgré son humanité ? Il était bien placé pour savoir que les gens "à surveiller" avaient une place réservée au comité, histoire de garder l'oeil sur eux. Sa façon de l'interroger : récupération d'information, une procédure habituelle. Sa maitrise : il avait l'habitude des situations tendues et pas uniquement dans le cadre d'un face à face de chaque coté d'un bureau. Il avait pensé à un policier mais à moins d'être en face d'une incarnation de Mad Max, le profil correspondait plutôt à un criminel. Ou à un membre des forces spéciales - de son point de vue, la seule différence c'était que l'un était rémunéré par l'état et pas l'autre.

Quelque chose rechangeait dans la pièce. Suspiscion, tension ? Il ne savait pas, mais savait juste que tant que ces non-dits resteraient entre eux deux, la moindre remarque risquait d'être prise de travers et l'affrontement de reprendre. Le simple fait de lui demander de lui montrer sa lame risquait de passer pour une agression. Presque malgré lui, il s'entendit parler d'une voix calme, sereine.

-Je viens de comprendre. Ce n'est pas le fait que je sois un doppleganger qui te pose problème. Tu pensais que j'étais quelqu'un d'autre. Ou que je travaillais pour quelqu'un d'autre. Je ne sais pas. Alors si tu me disais ce qui te pose problème, histoire qu'aucun de nous ne se jette à la gorge de l'autre ?

Avant de lui laisser le temps de répondre ou de réagir, il continua tout en pointant du menton son coté droit, là où son arme devait se trouver dissimulée.

- Avant de m'attaquer, pense juste que je sais que tu as ton arme avec toi, mais que je n'ai rien fait pour m'en emparer ou t'en éloigner. Et que le directeur sait parfaitement qui je suis. Tout comme toi, non ? Tu as dû montrer patte blanche.

Main révélée au grand jour. Impossible de faire plus monter les paris. Alors Sven, tapis ?[/color]
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mar 3 Jan - 17:53
Greg : Commence pas me dire ce qu'il en est de ce dont je ne suis pas certain. Malédiction, effet sur toi, conditions de transfert notamment.

Directement dans le vif du sujet. Pas de détour. Le suédois regarda le professeur avec pression. Ce dernier venait de passer de la colère à un air faussement amusé en peu de temps. Il était concentré de nouveau. Ses émotions ne semblaient plus le dominer comme ce fut le cas cinq minutes avant. Sven avait marqué un point, puis venait de redonner la balle à Greg, qui ne savait pas vraiment quoi en faire. La réponse directe du professeur le démontrait. L’ancien mafieux leva rapidement les yeux en l’air et prit une bouffée de cigarette. Comment en dire suffisamment pour satisfaire sa curiosité sans pour autant tout dévoiler ? Cette question lui trottait dans la tête. Cependant, Greg en savait déjà pas mal à son sujet. Il n’avait qu’à lui sortir deux trois vérités banales histoire de le forcer à aller plus loin. Cependant, il se doutait que cela n’allait pas suffire. En effet, le surveillant sentait qu’il y avait une raison autre que la curiosité derrière la demande du professeur. En soit, pour un non possesseur de lame maudite, Greg en savait déjà beaucoup. Qu’il cherche à assouvir sa curiosité était une chose. Mais il semblait y avoir anguille sous roche. Comme s’il cherchait les informations pour quelqu’un d’autre que lui. Ses dires, ses retenues, même sa colère, n’arrivait pas à enlever ce sentiment. Greg en demandait à la fois trop et pas assez. Trop par le côté direct des questions. Pas assez dans le sens où il ne s’arrêtait qu’à des détails. Et en cela, toutes ses questions ou demandent suivaient cette logique. Jusqu’à la demande sur les conditions de transfert. Greg était-il lui aussi un possesseur d’arme maudite en plus de son pouvoir ? Si oui, cela en faisait un monstre horrible. Cherchait-il à avoir des informations pour quelqu’un d’autre ? Possible, surtout qu’il semblait avoir la confiance des élèves. Cela voudrait dire qu’un élève est possesseur d’une arme maudite. Le pauvre. Enfin, Cherchait-il à connaitre les conditions de transfert afin de prendre par lui-même une arme ? Kulis ? Celle du possible élève ? Tant de réponses qui pour le moment restaient sans réponse. Cependant, le surveillant aller rentrer dans son jeu et lui répondre.

Alors que Sven se préparait à parler, il sentit l’atmosphère changer. Cette atmosphère allait de pair avec le regard de Greg. La suspicion. La tension venait de remonter d’un cran sans qu’aucune parole ne soit prononcée. Les regards en disent souvent long sur une situation. Le professeur semblait réfléchir de manière méthodique. Comme s’il venait de comprendre quelque chose d’important. Ou de réaliser que quelque chose lui échappait depuis le début. L’ancien mafieux regarda la situation en silence afin de voir ce que lui préparait le professeur. La réponse attendra. Alors que la pression se fit de plus en plus forte, Greg se redressa et commença à parler avec calme et sérénité.

Greg : Je viens de comprendre. Ce n'est pas le fait que je sois un doppleganger qui te pose problème. Tu pensais que j'étais quelqu'un d'autre. Ou que je travaillais pour quelqu'un d'autre. Je ne sais pas. Alors si tu me disais ce qui te pose problème, histoire qu'aucun de nous ne se jette à la gorge de l'autre ?

Le suédois regarda le professeur avec un œil intéressé. Sa déduction était la bonne à une exception prête : sa condition de doppelganger. Néanmoins, Sven concéda que Greg était beaucoup plus fort qu’il le laissait présager. Il avait su retourner la situation en deux temps trois mouvements. La pression venait de changer de camp. De nouveau. Sven tira une bouffée de cigarette et baissa les yeux en direction du regard de Greg. Kulis. Il s’était rendu compte qu’elle était là et que l’ancien mafieux était à tout instant prêt à la dégainer. Le professeur lui expliqua ensuite que lui aussi avait eu à montrer patte blanche devant le directeur. Histoire de les mettre sur un pied d’égalité. Et de prouver sa bonne foi par la même occasion. En effet, lui aussi avait dû se mettre à nu devant l’ancien directeur du lycée. C’est ce dernier qui l’avait forcé à rejoindre le Comité afin qu’il puisse garder Kulis avec lui. Et aussi être surveillé. Le surveillant prit une nouvelle bouffée et se mit à réfléchir. Que répondre ? Il venait d’être mit dos au mur. Non pas que cela le dérangeait, il en avait eu l’habitude dans Hemlig, mais la situation demandait une solution claire et concise.

Sven attrapa le fourreau de Kulis, ce qui eut pour effet de la révéler aux yeux de Greg, puis utilisa son pouvoir en forme katana pour la pointer tout aussi rapidement que calmement en direction du professeur. Il n’y avait aucune agressivité dans le mouvement, tout étant maitrisé à la perfection. Là où l’action pouvait cependant être perçue comme une agression, elle était réfléchie dans l’esprit du suédois. Greg savait que Kulis était là. Il en connaissait les grandes lignes et avait déjà des récits, que ce soit des vrais dires ou des informations récupérés par son pouvoir. Laisser Kulis caché n’avait plus de sens, d’autant plus que le surveillant venait de cerner son interlocuteur avec précision. Il ne mentait pas sur son pouvoir. Il essayait de lui montrer patte blanche. C’était à son tour de rentrer dans le jeu afin de soutirer d’autres informations. Quitte à se faire un peu mal.

Sven : Sache que je n’ai aucune intention de te faire du mal. Tout du moins si tu ne m’en fait pas. Dis-moi la vraie raison de ta demande. Que ce soit par curiosité est valable. Mais quelque chose me dit qu’il y a une raison sous-jacente. Si tu veux que je mette les cartes sur la table, soit totalement franc avec moi. Et au cas où tu te posais la question, je sais m’en servir. Et je n’hésiterais pas le cas échéant.

Le surveillant ramena Kulis vers lui et installa la lame sur ses jambes, la main droite toujours sur le fourreau. Les deux pouvoirs étaient désormais révélés. Il n’y avait plus de surprises à ce niveau-là. Sven sentit du sang couler le long de son bandage. La cause à l’utilisation de Kulis. Mais il était encore loin du point de rupture. D’ailleurs, il ne pensait pas l’atteindre maintenant que les deux hommes étaient à égalité. Tout du moins sur la question des pouvoirs. Le suédois ramena sa cigarette à la bouche et prit de nouveau la parole.

Sven : Je ne te demanderai pas grand-chose de plus. Cela ne suffira certainement pas à ce que j’ai confiance en toi mais disons que cela sera suffisant pour que je te donne des informations au vu que ta … relative bonne foi. Pour qui sont ses informations ? Pour toi ? Ou pour quelqu’un d’autre ? Sache cependant que je le saurais si tu mens …

Cette dernière affirmation n’était pas véridique à cent pour cent. Et le suédois le savait. Cependant, il espérait que ceci fasse pencher de nouveau la situation en sa faveur. Dans tous les cas, ils venaient de rentrer dans le money time. Il n’y avait désormais plus aucun moyen de reculer. Soit les informations allaient s’échanger … soit le combat allait s’enclencher. Sven ne voyait pas cette situation arriver en priorité. Néanmoins, il se tenait prêt à toute action de Greg. Après tout, il venait de lui pointer Kulis dans sa direction. Et vu que le professeur semblait tout aussi professionnel que lui, pour ne pas dire paranoïaque dans le cas de Greg, qui sait quelle réaction allait avoir le professeur. Après tout, même si c’était plus une démonstration qu’une agression, rien ne dit que Greg ne l’ai perçue d’une autre manière. 6-5. Jeu Sven. Service Greg.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mer 4 Jan - 1:58
C'est étrange, mais alors même qu'il venait de mettre son interlocuteur au pied du mur, Greg eut l'impression qu'il venait de marquer des points. Quelque chose dans son regard sans doute, comme un vague sentiment de reconnaissance. Le regard qu'un professeur lancerait à l'élève moyen après qu'il ait obtenu on ne sait trop comment un A+. Sans trop savoir pourquoi, le doppelganger ressentit un vague sentiment de fierté mêlée de gêne qu'il s'empressa de repousser le plus loin possible. Se sentir flatté n'aiderait en rien à la discussion. Cela risquait même de le desservir. Chaque flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute, cette leçon vaut bien un fromage sans doute comme disait le Goupil. Et puis il ne connaissait pas ce type. Qu'il se préoccupe de son opinion à ce sujet était inutile, non ?

Petit moment de silence donc, le temps que l'Etna suédois se décide à cesser de téter sa cigarette et que d'un geste fluide, il empoigne ce que le doppelganger avait deviné à sa droite. Sursautant malgré lui, Greg se tendit, prêt au moindre soupçon d'agression à se protéger d'un sort de bouclier. Cela dit, il n'en montra pas grand chose, se contentant d'observer avec soin Sven. Pas l'arme, non ; Sven. Le plus dangereux dans l'arme, c'était son manieur, pas sa lame. Mais celui- ci se contenta de la dégainer et de la pointer dans sa direction. Bien que tendu, Greg se força à ne pas réagir : e n'était pas un mouvement d'attaque, cela se sentait à la tension de son corps. Non, il se contentait juste de la montrer. Voilà voilà, j'ai ça et toi t'as ce truc, fit une voix puérile dans sa tête. Qui c'est le plus fort du coup ?

Bien lui en prit en tout cas puisque Sven se contenta de poser la lame dénudée sur ses genoux tout en lui expliquant que ce n'était pas la peine de la lui faire à l'envers. Ca, il s'en doutait vaguement. Tout comme du fait qu'il sache manier son arme. Vu les réactions du porteur et sa façon de se comporter, il doutait qu'il utilise Kullis comme décapsuleur.

Cela dit, il lâcha un soupir un peu perplexe et amusé à cette vision du Suédois papotant tranquillement, son arme posée sur ses genoux. Ca avait un petit coté mafiosi du dimanche ; ne lui manquait que le petit chapeau, l'accent ensoleillé et qu'il caresse du plat de la lame l'acier. Oh, et un bon gros cigare aussi au lieu de ce mégot de clope qu'il aspirait du bout des lèvres comme s'il l'avait personnellement offensé. Bien sûr. La taille du cigare importait.
Cela dit, c'était quand même surprenant. Lorsqu'Aliénor parlait de Murgleis, sa voix devenait... tremblante. Effrayée, bien sûr, mais pas que. L'arme était une épée légendaire, un conte devenu réel. La malédiction et son âge la rendait presque divine. Bien qu'elle s'en défende, l'esprit de l'adolescente était encore imbibée de cette vénération enfantine à son égard. Alors que Sven faisait preuve de compétence mais certainement pas de vénération à l'égard de sa lame. On le sentait à sa façon de l'évoquer et surtout de la manier. C'était un outil, utilisé pour menacer, trancher et tuer. Un outil extrêmement puissant, mais un outil quand même.
Réalisant cela, Greg sentit une étincelle d'espoir rejaillir en lui. Cette simple différence prouvait bien que tous les méta-humains n'étaient pas élevés de la même façon. Aliénor avait peut-être grandi dans l'inconnu le plus total au sujet des autres armes maudites, mais ce n'était pas forcément le cas de Sven. Peut-être trouveraient ils des informations, à défaut d'une solution.

Tête légérement penchée en avant, Greg se mordit la lèvre inférieure quelques secondes en réfléchissant à la formulation de ce qu'il allait dire. Identifier les mensonges ? Probablement. Pas comme pouvoir - enfin, il doutait que Kulis apporte ce genre de compétence bizarrement spécifique mais après tout, sait-on jamais - mais s'il était un criminel, il devait avoir de l'expérience en matière de fraude et mensonge. Autant rester le plus proche de la vérité dans le doute. Et en profiter pour peut-être semer quelques doutes dans cette caboche - ok, c'était mesquin, mais pour le moment il n'était pas totalement certain que Sven prenne bien ce genre d'information et... et puis merde, il le rendait totalement parano alors il pouvait bien au moins lui rendre la pareille !

Du bout des lèvres, comme à regret, il lâcha : "Quelqu'un dans cette école a été désigné contre son gré comme futur porteur d'une arme maudite. Il m'a demandé mon aide dans l'espoir d'empêcher ce transfert."

Clair, concis, efficace. Aucun mensonge dans ses paroles mais il avait pris soin d'y semer quelques fausses pistes. L'emploi du masculin déjà, qui l'orienterait instinctivement vers la piste d'un porteur masculin. Et cette formulation : "quelqu'un dans cette école". Pas "un élève", mais quelqu'un. Qu'un prof reformule ça de cette façon, ça voulait forcément dire que ce n'était pas un élève, non ? Tout comme le "il m'a demandé mon aide" qui sous-entendait que Greg n'était pas tenu par son rôle de professeur ?

- Tu comprends donc que ce soit un peu compliqué d'en parler comme ça... Avant d'aller plus loin, je veux t'entendre me dire, face à face, que tu ne t'en prendras ni à cette personne ni à moi, directement ou indirectement, et que tu garderas pour toi toute information que je te livrerai à ce sujet.

Yeux dans les yeux, il effleura mentalement Luka tout en prenant garde à rester en position. Le contact fut tout aussi désagréable que d'ordinaire, bien que léger. Juste suffisant pour user de sa vision des aura. Son oeil droit papillonna, douloureux, mais il réussit à apercevoir entre les larmes qui lui montaient à l'oeil la fine aura cramoisie qui cernait Kullis et la reliait à son porteur via ce qui semblait un fin tentacule venant se fixer à son avant-bras droit. Sangsue, pensa-t-il instinctivement, avant de percevoir la lente pulsation qui agitait le tube. Organique. Comme si elle lui suçait le sang, comprit-il. Kullis était peut-être un outil, mais elle restait malgré tout une arme maudite. Un parasite, aspirant la vie de son porteur. Pourvu qu'Aliénor échappe à ce sort.

Cependant, là n'était pas le but de la manoeuvre. Vu le karma affreusement bas de Luka, ce simple contact faisait chuter celui de Greg. Pas énormément, mais cela s'en ressentait tout de suite. L'espèce de sympathie qu'il inspirait malgré lui disparaissait, laissant l'interlocuteur en vague malaise - tout comme le nageur passant d'une eau à 37°c à une autre à 30°c se sent faible, sans même savoir pourquoi. Lui aussi pouvait bluffer. Il n'était pas capable de détecter de façon infaillible le mensonge, mais plus la personne en face était troublée, plus c'était facile. Et puis... Sven était paranoiaque. Autant que lui. Il était fort possible qu'il prenne ce changement comme le signe que Greg usait d'un quelconque pouvoir contre lui. Et vu que le doppleganger ne donnait pas l'impression de se préparer à l'attaque (et n'avait d'ailleurs aucune raison de le faire), c'est qu'il devait quelque chose d'utile à la négociation. Comme détecter les mensonges. D'où nervosité, facilité à détecter le mensonge. Serpent qui se mord la queue, tout ça.

-Moi aussi, je sais quand on me ment, se borna à ajouter Greg, la commissure des lèvres remontant très légérement tandis qu'il attendait que Sven se monte le bourrichon tout seul. A défaut d'échec et mat, les deux paranoiaques se retrouvaient dans une magnifique situation de pat.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Ven 6 Jan - 19:24
Greg : Quelqu'un dans cette école a été désigné contre son gré comme futur porteur d'une arme maudite. Il m'a demandé mon aide dans l'espoir d'empêcher ce transfert.

Simple, clair et concis. Voilà la vraie raison de leur discussion. Quelqu’un dans l’Académie était lié à une arme maudite. Bien que l’information paraissait grosse, elle était vraie. Tout dans la manière de parler de Greg le disait. Il venait de donner l’information du bout des lèvres. Son visage, teinté de regrets, montrait lui aussi qu’il ne cherchait pas, ou plus, à lui mentir. Le suédois souria intérieurement à cette idée. « Etre un ancien mafieux, ça a du bon » s’exclama-t-il avant de reprendre le fil de ses pensées. Maintenant, il fallait analyser les dires du professeur.

« Quelqu’un » : Greg ne voulait pas trop en dire. Dans cet établissement une personne était liée à une « arme maudite ». Cela pouvait être un élève, un professeur, un agent d’entretien, un cuisinier, un bibliothécaire … Pour le moment il n’en savait rien. Greg avait bien joué le coup. Il disait la vérité sans trop en dire. Histoire de brouiller les pistes. Cependant, le champ des possibles, bien que grand, était restreint. Première information. Ensuite, le professeur déclara qu’il avait été désigné « contre son gré ». Ce point était complexe. Une arme parasite, en soit, ne désigne pas. Les armes tributaires non plus. Peut-être que l’arme maudite de la personne désigne son porteur. Mais dans ce cas, quelles sont les modalités ? Contre son gré voudrait-il dire ici que c’est une arme qui désigne au pif une personne lambda parmi l’ensemble de l’humanité ? Non, cela paraissait improbable. Il en aurait entendu parler. Et un couillon aurait certainement utilisé l’arme de manière à ce que tout le monde le sache. Du coup, l’arme choisit-elle dans une famille donnée ? Plus probable. Mais cela ne changeait pas la donne. Quel type d’arme maudite est-ce ? Le suédois arrêta de penser à cela et continua son analyse afin de distinguer la troisième information. Suivant le « contre son gré », le professeur parla « d’empêcher le transfert ». Là encore, la situation était confuse. S’il y a transfert, alors c’est une arme parasite. Ou une tributaire capricieuse. Dans tous les cas, empêcher le transfert était quelque chose d’impossible à sa connaissance. Du coup, la personne en question se retrouvait avec une arme maudite qui, semblerait-il, choisirait son porteur. Et cette personne chercherai à empêcher que cela lui tombe dessus. Ou alors, cela est peut-être déjà le cas. L’arme la déjà choisie. Et il essaye de se débarrasser d’elle. Complexe. Greg avait vraiment bien brouillé les pistes. Enfin, la dernière information à tirer des dires du professeur était « Il m’a demandé mon aide ». Pourquoi lui ? Pourquoi pas le directeur de l’Académie, qui pour le coup serait certainement le plus à même de le renseigner. Ce dernier aurait pu lui envoyer la personne en question afin qu’il y ait une discussion entre possesseurs d’armes maudite, chose qui n’arrive jamais en temps normal. Du coup, pourquoi Greg ?

Le suédois prit une bouffée de cigarette. La dernière. Le surveillant posa le mégot à côté de lui et se mit à sourire. Il n’était pas le seul. Quelqu’un d’autre que lui avait un lien avec une arme maudite. Cette personne semblait perdue. Elle s’était tournée vers Greg certainement par dépit. Elle aussi ne connaissait pas l’existence d’un autre porteur. Si cette personne était perdue, alors elle n’était pas dangereuse. Sinon elle ne demanderait pas à « empêcher le transfert ». Du coup Sven savait ce qu’il lui restait à faire. Il avait l’habitude de Kulis. Cela faisait 15 ans qu’il la portait. 15 longues années qu’il avait une arme maudite qui lui pourrissait la vie. Il avait l’expérience. L’expertise. Les connaissances. Bon, pas universelles, mais certaines sont communes aux armes maudites. En clair … il était le seul à pouvoir aider cette personne.

Greg interrompit le flot de ses pensées. Il lui demandait d’être discret et de ne pas s’en prendre si à lui ni à la personne en question. Le suédois rigola intérieurement. La discrétion, il connaissait. De telles informations, jamais il n’irait les ébruiter. Cela risquera d’ébruiter sa propre situation. Quand à ne pas faire de mal … Cela dépendra d’eux. Si le professeur se montre agressif, alors le suédois le sera. Et si, le cas échéant, il faut stopper le porteur de la lame par faute de contrôle de sa part … L’ancien mafieux se contenta d’acquiescer rapidement de la tête … avant de serrer un peu plus fortement Kulis. L’atmosphère venait (encore) de changer. Le malaise parcourait la pièce. Greg semblait de plus en plus mal à l’aise. Cela venait certainement du fait qu’il venait de donner des informations importantes à un pauvre surveillant qu’il ne connaissait que de visu. Ou bien qu’il avait quelque chose d’autre à se reprocher. Le suédois ne le savait pas. Tout ce qu’il savait, c’était que Greg venait de changer. Comme s’il … Doppelganger. Chaque changement d’atmosphère, d’attitude du professeur devait venir de son pouvoir. Soit il le contrôlait mal, soit il savait parfaitement le gérer. Si c’était le cas, Smitherson aurait été heureux d’avoir un tel spécimen pour les interrogatoires. Quelqu’un capable de passer de la sympathie au malaise en un instant, ça marche parfaitement pour bon nombre de personnes. En gros, Greg était tout autant le bon flic que le bad flic. Flippant quand on y pense.

Dans cette atmosphère teinté de méfiance, de malaise, le professeur annonça que lui aussi était capable de reconnaitre un mensonge. Son attitude prouvait, une nouvelle fois, que ces dires n’étaient pas que des paroles en l’air. Peut-être qu’une de ses personnalités est capable de cela. Dans tous les cas, Sven ne pensait pas lui mentir. Tout comme le professeur l’avait fait, il allait lui dire la vérité. Pas toute la vérité. Il allait agir comme lui. Comme au poker. Quand vous savez qu’un joueur bluff, vous avez envie de bluffer aussi. Afin de le forcer à le faire toujours plus et l’obliger à dévoiler son jeu par une erreur. Le suédois regarda Greg droit dans les yeux, et commença.

Sven : Il existe, d’après les légendes, deux types d’armes maudites. Les parasites et les tributaires. Comme le nom l’indique, les parasites utilisent la vie de leurs porteurs pour tirer leurs puissances. Plus l’arme tire sur la vie, plus elle est puissante, et moins vous vivrez longtemps. Les tributaires, quant à elles, sont plus complexe. Elles adaptent leurs puissances et leurs temps d’utilisation au tribut que vous allez leurs payer. Un peu comme si vous veniez de passer un pacte avec le Diable. Ces armes sont capricieuses et sont, d’après les écrits, capable de penser par elles-mêmes.

Le suédois marqua une pause afin de regarder son interlocuteur. Tout ce qu’il venait de lui dire était vrai, mais il avait volontairement omis quelques détails. Comme par exemple le fait que des tributaires peuvent devenir des parasites en cas de bonne entente entre l’arme et son porteur, ce qui rend en vérité la frontière entre les deux types d’armes extrêmement faible. Ou encore les principales conditions qui caractérise les parasites des tributaires, à savoir que le parasite tue son hôte à coup sûr là où le tributaire ne le fait pas forcément. De plus, il avait volontairement pas répondu au tiers de ce que demandait Greg. En clair, Sven attendait d’en savoir plus pour continuer, ou non, son histoire. Plus sur la personne. Plus sur l’arme. Plus sur la relation entre le porteur et Greg. En clair, plus sur la carte face cachée que le professeur venait de poser. A toi de jouer, Yugi Ogramann.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Sam 7 Jan - 18:43
Le Suédois évacua le sujet d'un simple hochement de tête, ce qui agaça vraiment Greg - d'autant plus qu'il était obligé de maintenir une légére liaison avec Lukka qui n'était pas vraiment une personne aimable et compréhensive.

Ce n'était pas une simple question de savoir-vivre ou une de ces manies qu'ont les professeurs trop collet-montés, non. Le doppleganger percevait d'autant mieux les mensonges ou les vérités si elles étaient dites. Si le verbal et le non-verbal ne correspondaient pas, il était très probable que la personne cache quelque chose - et bien peu de gens pouvaient mentir de manière synchrone sans jamais se trahir. Encore mieux avec la vision de Luka, il avait la possibilité de le voir se préparer à une attaque si besoin - et dans le cas  de Sven, il était certain que si le Suédois lui mentait, Celui-ci se préparerait à se défendre dans l'hypothèse où Greg sentait le mensonge.

Bien sûr, comme toujours, il y'avait  aussi une raison implicite à tout cela. Protéger Alinor et Greg bien sûr, mais aussi Sven.  Si Aliénor n'était pas en état de se défendre Greg lui l'était un peu trop. Le plus compliqué quand on l'attaquait n'était pas de se protéger, mais de le faire sans disséminer son agresseur aux quatre coins de la pièce. Son pouvoir était similaire à celui de Murgléis d'une certaine façon ; lorsqu'il était utilisé, il y avait des conséquences. S'il pouvait éviter de tuer ou blesser qui que ce soit, il en serait vraiment heureux.

(Bon, et puis, touuut au fond de lui, reposait l'idée presque superstitieuse que cette simple promesse suffirait peut-être à empêcher tout écart à l'avenir, tout comme les gens refusent de rédiger leur testament dans l'espoir que cela empêcherait la mort de venir les chercher. Idée pas si fausse cela dit ; c'était une promesse qui avait calmé les ardeurs de Lukka, même s'il n'avait toujours pas saisi le pourquoi du comment de la chose. Et puis la superstition n'a jamais tué personne - si on excepte les milliers de sorcières brulées vives ou noyées au Moyen-Âge, ce p'tit détail de l'Histoire.)

Aussi l'écouta-t-il, certes, mais avec bien moins de concentration que lui seul n'en aurait témoigné. Il sentait des trous plus qu'il ne les déduisait de ses paroles, mais cela permettait au moins de cataloguer Murgléis comme arme parasite, celle-ci réduisant la durée de vie de son propriétaire qu'il l'utilise ou non. Quoique. Ses yeux se reportèrent sur l'avant bras droit du Suédois, là où la ventouse fantasmagorique venait pomper - quoi ? Sa vie ? Son énergie ? Sa force ? Quelque chose en tout cas. Changement de forme, donc arme tributaire... mais ce qu'il voyait ressemblait pourtant à du parasitisme. Pensif autant qu'agité, il leva une main et mordit du bout d'une canine dans le cuir à l'extrémité de son pouce. Lukka avait toujours conservé cette sale manie de se ronger les ongles en cas de doute, ses gants en souffraient.

Il aurait mieux valu en tout cas que ce soit une arme tributaire. Moins dangereux - ou peut-être dangereuse de son usage et non pas de sa simple possession. Le cuir grinça sous son coup de croc. Gêné par le dossier dur de cette chaise d'écolier, il se tourna légèrement sans y penser et fit glisser son bras libre en travers du dossier. Plus le temps s'écoulait, plus il se rapprochait de Lukka, de ses changements d'humeur impromptue et de son égoisme puéril et pervers. Peut-être même aurait elle été consciente, continua-t-il de penser sans se rendre compte de la transformation imperceptible qui s'opérait en lui. Au moins, Aliénor aurait pu avoir des informations sur elle. Son but. Ses pouvoirs. Ses capacités. Tout. Au lieu de se retrouver le bec dans l'eau, toute seule, à essayer de surnager dans ce monde pourri.

Pourri. Sous ses dents, pincée du pouce. Il le retira aussitôt et se redressa, réalisant ce qu'il faisait. Forcément. Lukka n'était pas du genre patiente, elle poussait. Son aura, imaginait-il, devait diminuer petit à petit et ses capacités de raisonnement s'effacer au détriment de ses capacités de perception magique. Quelques minutes encore à ce régime, et il ne serait plus qu'une boule de rancoeur, prêt à déchainer ses foudres sur n'importe qui.

Mouvement sec de la tête sur le coté, respiration. Il pouvait atténuer la transformation. La ralentir. Pas l'arrêter, à moins de couper carrément tout pont avec elle - et ça, ça aurait été handicapant, étant donné qu'il n'avait pas d'autre copie capable de percevoir les flux d'énergie magique et de percevoir aussi bien les mensonges. Machoires crispées et mains serrés sur ses genoux, il se lança.

- Je crois qu'avant de continuer, il vaudrait mieux répéter ce que je t'ai dit tout à l'heure. Sa voix était normale. Enfin, presque normale. Juste un peu trop aigue. Peut-être. Ce pouvait être l'urgence autant que la contagion. Adapte-le si tu veux. Je veux juste être certain de pouvoir me fier à toi, et savoir dans quelles limites.

Il se força à contempler Sven dans son intégralité, sans rester rivé à ses lunettes de soleil mouche ou à l'étrange filament magique qui émanait de Kulis. Son oeil droit larmoyait encore, comme il le faisait toujours dans ce genre de cas ; diffraction, lumière, double Sven. Double jeu. Abats donc tes cartes.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Ven 13 Jan - 17:22
Alors que le suédois expliquait deux trois choses sur les armes maudites à son interlocuteur, ce dernier commençait à agir étrangement. Que ce soit par ses actions, comme le fait qu’il commençait à mâchouiller frénétiquement un de ses gants en cuir, ou par l’aura qu’il dégageait, quelque chose disait à Sven de rester on ne peut plus sur ses gardes. En face de lui, Greg semblait lui faire une démonstration de son pouvoir. Air changeant. Attitude changeante. Manies nouvelles, ou plutôt changeantes. Tout semblait aller dans ce sens. Pour autant, cette nouvelle « forme », ou identité, ne semblaient pas être agressive de prime abord. Juste décontractée et nerveuse à la fois. Son gant, tels un steak saignant, était croqué par nervosité tandis que son bras libre s’installait nonchalamment de l’autre côté du dossier de chaise. En regardant avec plus d’attention, Sven pouvait les yeux légèrement larmoyants de Greg. Pourquoi ? Est-ce par utilisation de son pouvoir ou car il ne peut contrôler ce dernier ? Le suédois n’arrivait pas à se décider sur la question. Mais une chose était sur : s’il commençait à utiliser de manière aussi voyante son pouvoir, alors il y avait anguille sous roche. Et vu que l’observation du mafieux ne pouvait pas tout faire, comme par exemple savoir les raisons exactes de ce changement, alors il se devait d’être encore plus sur ses gardes.

La situation n’avait jamais été aussi tendue. Les deux protagonistes se jaugeaient, chacun attendant l’erreur de l’autre. Tandis que Greg semblait être d’une passivité agressive, le suédois restait stoïque. Il avait déjà vécu de telle situation chez Hemlig. Des discussions où la tension prévalait sur le reste, où le moindre mouvement pouvait déclencher un massacre … Une nouvelle fois, le surveillant était heureux d’avoir été dans la mafia. Cela lui permettait de savoir gérer la situation, chose que le professeur en face de lui semblait avoir du mal à faire, au point de devoir utiliser une partie de son pouvoir. Sven avait l’avantage une nouvelle fois. Si attaque il y avait, ce ne serait pas lui l’instigateur, ce qui dans quasiment 100% des cas pratiques qu’il a eu donne la victoire finale. De plus, Greg ne devait pas connaitre la nouvelle fore de Kulis au vu de ses dires, ce qui laissait au mafieux un fort avantage sur lui.

Le professeur arrêta de manger son gant, tourna la tête et prit une forte respiration. Ses doigts se fermèrent et s’ouvrir avant de venir s’installer sur ses genoux. Sa mâchoire se crispa fortement et ses mains semblaient broyer les genoux. Le suédois regarda le professeur … et compris. Il luttait. Luttait contre l’autre personnalité. En gros, Greg ne semblait pas contrôler ses pouvoirs. En même temps, cela devait être dur de contrôler toutes les formes/identités à sa disposition. En face de Sven se trouvait donc un doppelganger qui ne semblait pas avoir de contrôle sur son pouvoir, d’où les changements brusques d’atmosphère autour de lui ou encore d’attitudes. Le suédois souffla. Déjà qu’avoir un doppelganger en face de lui ne le mettait pas forcément en joie, alors un doppelganger qui ne contrôle pas son pouvoir … Raison de plus pour le suédois d’être complétement sur ses gardes.

Greg : Je crois qu'avant de continuer, il vaudrait mieux répéter ce que je t'ai dit tout à l'heure. Adapte-le si tu veux. Je veux juste être certain de pouvoir me fier à toi, et savoir dans quelles limites.

La voix était différente aussi. Le changement était difficilement perceptible. Une personne lambda ne l’aurait pas entendue. Une personne ayant passé 13 dans une mafia si. Greg profita de ses dires pour observer attentivement le suédois. Malgré sa situation, il était lui aussi sur ses gardes. Quant à ses dires … Sven lui avait déjà répondu. Il n’avait pas besoin d’en dire plus. Cependant, il savait pourquoi il lui demandait de le dire à vive voix. Pour essayer de voir s’il ment ou pas. Technique de mafieux. Le suédois regarda son interlocuteur au visage déformé par son combat intérieur. Il ne voulait pas se battre. Bon, s’il y était forcé il le ferait, mais ce n’était pas l’idée. Surtout qu’il avait tellement mis son interlocuteur dans une situation compliquée que désormais il n’était plus maitre des évènements. Le doppelganger en face de lui n’était pas une personne « normale ». Ce n’était pas un humain. Là où il pouvait maitriser, comprendre et gérer la discussion de A à Z avec un humain, ici les facteurs manquants étaient trop nombreux. Et le fait que Greg ait changé de personnalité montrait les limites. En clair, Sven se devait de répondre à l’exigence du professeur.

Sven : Oui, blablabla, je ne toucherais ni à la personne ni à son arme, blablabla. Heureux ?

Le suédois avait fait sa déclaration avec un air malicieux. Il avait quelque chose en tête. Certes, c’était risqué. Mais il y avait moyen d’en apprendre plus sur Greg et son pouvoir. De savoir si Greg contrôlait son pouvoir. De savoir jusqu’où il pouvait pousser le bouchon. Encore une fois, il était en tête à l’approche de la flamme rouge. Il pouvait se permettre d’attendre un petit peu son adversaire. Et puis, en cas d’attaque à la suite de ses dires, il utilisera le bouclier. Il aura mal, affreusement mal, mais l’onde de choc provoqué par la propre attaque de Greg l’enverra loin. Il aura alors tout le temps de changer la forme de Kulis. Le surveillant fit tourner ses yeux tout au long du corps de Greg avant de le fixer dans les yeux et de se redresser quelque peu. Enfin, ce n’était pas vraiment Greg que le surveillant fixait.

Sven : Sinon, je crois que nous n’avons pas encore été présenté. Je suis Sven, et vous ?
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Dim 15 Jan - 0:17
L'énervement montait, facilitant la transition de l'un à l'autre. Peu importait que l'agacement provienne de l'original ou de la copie, à ce stade-ci ils n'étaient déjà plus totalement distincts. Bonnet blanc, blanc bonnet. En plus, Sven se payait le luxe de se moquer de lui.. d'eux.. Bref, de son interlocteur. Ca se voyait à son petit sourire. Ses poings se crispèrent une fois de plus, enfonçant cette fois ci ses doigts dans la chair tendre de ses cuisses. Voilà qui laisserait sans doute des hématomes mais, hey, c'était au proprio de se débrouiller avec ça. Elle serait plus là pour l'état des lieux de toute façon.

Bon, en tout cas, il ne mentait pas consciemment. Par contre, il se préparait à sa réaction. Son arme le pompait ah ces lames toutes des salopes plus fort. Intéressant. Ses yeux s'attardèrent avec un brin de convoitise sur le lien tandis qu'elle reprenait malgré elle sa position affalée. Elle avait goûté pas mal de choses dans sa vie - le terme "carniste", elle l'appliquait au premier degré disons - et se souvenait comme c'était bon de déguster lorsque la proie était encore sur pied. Pas une question de goût, mais de pouvoirs. Et de pouvoir. De maitrise. De pouvoir faire ce qu'elle voulait, quand elle voulait, et de savoir que l'autre le savait. Jouer à faire semblant jusqu'à faire semblant de jouer et agir. Blesser. Casser. Ca, ça lui manquait. Tellement.

Dire qu'elle était coincée ici comme un misérable esprit. Même pas, d'ailleurs. Un esprit RaPiéCé et DEglinGué. Bien sûr qu'elle n'était pas totalement son modèle original. Même elle s'en rendait compte. La Bête avait trop bouffé d'elle pour qu'elle soit toujours complète. Des souvenirs, des émotions, des trucs et d'autres. Parfois ça revenait, souvent non. Tant pis. Pas envie de se prendre la tête la dessus - et souvent, pas la réflexion et la patience pour. Du genre là, elle se souvenait de choses comme du goût ferreux et entêtant du sang ou la sensation âcre de la nicotine contre son palais après avoir fumé cinq ou six clopes. Par contre impossible de se rappeler son nom. Il flottait pas loin comme un semblant de rêve mais dès qu'elle essayait de le saisir, elle sentait son esprit tanguer au bord de l'abime, comme pris par le Vertige de tout ce qui s'effaçait d'elle. Et elle ne voulait pas disparaitre, non. Même sous la forme d'une pauvre ombre, elle voulait rester là. Peut-être qu'un jour elle pourrait... pourrait... peut-être qu'un jour. Point. Juste rester là et pas disparaitre. Et pour ça, il fallait être mignonne. Gentille. Une brave petite fille. C'est ça oui ducon, et tu m'offriras des sucettes à l'anis ? Pas se mettre à dos le taulier. Du coup, quand elle était consciente et pas trop en mode furie, elle essayait de faire gaffe - un peu.

Et l'autre en elle, stressé, qui gueulait. Elle fit mine d'ignorer ses jérémiades. Gna gna gna, pas toucher, gna gna gna interdiction, gna gna gna on meurt tous sinon gna gna gna. Aucune couille. Aucun cerveau non plus. Be cool, man. Ca va, elle était pas totalement conne non plus. Encaisser pour survivre, elle connaissait. Et puis, si elle était gentille, elle aurait le droit à son susucre, hein ? Gloussement bref, comme un hoquet de rire dégouté, aussi subit que rapide.

- Super heureuse, youpi, grogna-t-elle pour toute réponse à sa question avant de lever les yeux au ciel. Il voulait pas un cookie aussi l'autre idiot ? Comme si elle avait le choix en la matière. Elle ne faisait que passer pour le faire trépasser.

Et puis pourquoi s'emmerder ? Après tout, l'autre là venait de promettre de pas s'en prendre à la fille. Rien pour Greg, autrement dit : le petit doppleganger avait de grandes chances de s'en prendre une. Ca, elle aimerait. D'abord pour rabattre le caquet de ce pisse-froid, ensuite parce qu'en cas d'attaque elle aurait des chances d'intervenir. Il n'irait quand même pas la jeter au fauve alors qu'elle venait de lui sauver la vie, à lui et tous les autres. Trop sympa pour ça, cet idiot. Trop compréhensif, pouah.

Donc plus qu'à attendre une occasion. Une attaque. Quitte peut-être à la provoquer un peu ? Exemple tout à fait au hasard, si jamais elle se concentrait pour que son bras se contracte - ce serait aussi facile que.. ça - et que par hasard il empoigne son ép.... Instantanément elle grimaça, une pulsation sourde au niveau de son oeil gauche s'amplifiant. "'tain..." Toute concentration perdue, elle cilla pour essayer de chasser cette impression d'une mèche de foreuse perçant son crâne. Ca va, ça va. Pigé. J'ai le droit de rien faire, c'est bon. Tu fais chier Greg.

- Appelle moi l'emmerdeuse. On gagnera du temps. Et file moi une clope, lui intima-t-elle en tendant une main assurée vers lui, paume vers le ciel. Et ton briquet.

Ouais elle fumait et alors ? Quoi ? Rien à foutre du cancer et de l'haleine pourrie, elle serait plus là dans cinq minutes. Il n'aurait qu'à se débrouiller. C'était son corps, non ? Qu'il assume. En attendant, elle, elle aurait au moins eu sa dose de nicotine. Sitôt la cigarette en main, elle l'aspirerait d'une traite et retiendrait la fumée, savourant le gout amer du goudron dans ses poumons - et la satisfaction de savoir que Greg en cracherait ses poumons ensuite.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mar 17 Jan - 17:56
Greg : Super heureuse, youpi.

Teinté d’une pointe d’ironie à peine dissimulée, Greg venait de répondre. Au féminin. Sven lança un petit sourire de satisfaction à l’intention de son interlocuteur. Le professeur venait de changer de personnalité. Non. C’était le suédois qui venait de faire changer la personnalité de Greg. Il ne l’avait pas fait sciemment. Cela était sûr. La situation, la tension, le jeu du chat et de la souris que les deux se faisaient ainsi que la dernière petite pique du surveillant … Tout ceci avait fomenté le changement d’identité. L’ancien mafieux regarda le professeur et fit un rapide topo de la situation. Greg ne devait certainement pas savoir maitriser ses pouvoirs à 100%. La larme à l’œil, le changement de style, de ton, tout laissait présager que même si Greg était l’hôte, chacune des personnalités avait un contrôle indirect du corps. Contrôle devenant direct en cas de sortie de prison …

C’était cela. Un doppelganger était une prison. L’hôte était le gardien et les identités des prisonniers. Et si le gardien ouvrait une porte, alors le prisonnier devenait gardien, enfermant au passage l’hôte dans sa propre prison. Et là, il y avait deux cas de figures : soit le gardien originel avait les clés sur lui, soit le prisonnier les lui avaient prises.

En ayant cette analogie en tête, le suédois regarda la nouvelle identité de Greg. Cette dernière semblait être perdue dans ses pensées. Elle malaxait ses genoux frénétiquement tandis que ses expressions faciales passaient de la joie, certainement celle d’être sortie de sa cellule, au défi, certainement lié au fait que l’hôte voulait garde le contrôle de la situation, contrôle qu’il avait déjà plus ou moins perdu. Dans tous les cas, l’identité semblait être beaucoup moins diplomate que l’original. Ce qui, dans une certaine mesure, embêtait Sven.

Greg : Appelle-moi l'emmerdeuse. On gagnera du temps. Et file moi une clope. Et ton briquet.

Direct. Elle était directe et franche. Un peu rustre et brute de décoffrage aussi, vu la manière dont elle fit tendre la main du pauvre Greg dans la direction du suédois. Dans son regard, il y avait du défi. Mais plus que pour Sven, le défi semblait être lancé à Greg. A croire qu’enfermer des personnes dans des prisons rend ses personnes amères à l’encontre du geôlier. Et que le gout de la liberté doit être encore plus agréable lorsque l’on arrive à s’en sortir.

Répondant à la demande de « l’emmerdeuse », tel elle c’était proclamée, le surveillant fit glisser sa main gauche dans l’intérieur de la veste afin d’en sortir deux cigarette et son briquet. Il porta une des cigarettes à sa bouche, l’alluma, puis donna à l’identité la seconde clope ainsi que le briquet tout en la regardant dans les yeux. La discussion allait être compliquée, mais au moins il comprenait beaucoup mieux ce qu’était un doppelganger. A part le corps, plus rien n’émanait de Greg. En somme, même si cela se fit par la force des choses, Greg venait de faire une démonstration de son pouvoir. Même si celle si ne sera complète que lorsque le professeur aura repris le contrôle de son corps, ce qui semblait complexe au premier abord. Du coup, plus personne n’avait rien à se cacher. Tout le monde était à nu. Enfin plus ou moins. En effet, Sven ne connaissait pas toutes les personnalités, et potentiellement pouvoirs, de Greg tandis que le professeur ne connaissait pas toutes les formes de Kulis. Mais qu’à cela ne tienne. La conversation pouvait alors reprendre son cours.

Sven : Dis-moi, l’emmerdeuse, qui est la personne en question et quel est le nom de l’arme maudite ? Je pourrais peut-être en dire plus si je connais le nom de l’arme et celui de la personne. Tout du moins, je pourrais dire ce que je sais sur l’arme en question.

La question était directe et savamment bien posée. Il ne la posait pas à Greg, mais à l’identité. Identité qui défiait Greg depuis un moment et qui semblait vouloir jouir de sa libération partielle tout en agressant en partie son hôte. Le malaxage de genou en était une preuve. Si l’ancien mafieux voulait avoir des informations plus confidentielles, c’était exactement à ce type de personne qu’il fallait poser la question. Cependant, au vu de l’analyse qu’il s’était fait de l’identité, cette dernière n’allait certainement pas coopérer. A moins que sa haine contre son geôlier soit grande  à l’instar de son désir de liberté.

Le suédois regarda son interlocuteur tout en prenant une bouffée de cigarette. La question avait aussi un autre but : voir jusqu’où Greg contrôle son pouvoir et voir qu’elle est la limite entre l’hôte et les identités. En effet, le professeur avait pris des gants auparavant pour ne pas trop en dire. Rien ne laissera Sven imaginer que cela allait en être autrement, d’autant plus qu’il demandait deux grosses informations en une seule question. S’il contrôle, Greg fermera immédiatement la porte à « l’emmerdeuse ». Que ce soit un contrôle lié à la peur, à la panique ou au manque de confiance envers l’identité sortie. Dans ce cas-là, Sven serait un tant soit peu rassuré. Rassuré de savoir qu’une personnalité ne va pas lui sauter au cou sans crier gare. Mais en même temps être encore plus sur ses gardes car cela voudrait dire que Greg à un élément de surprise bien plus efficace que lui. Mais au moins il serait fixé. D’un autre côté, si la porte ne se ferme pas, cela voudra dire que Greg ne contrôle pas son pouvoir. Et dans ces cas-là, Dieu seul sait ce qui peut arriver. Peut-être que le suédois vient d’enfermer le professeur dans sa propre prison. Dans tous les cas, il était trop tard pour penser à cela. Il avait fait cela en son âme et conscience et était prêt à se battre en cas de besoin. Sentant une goutte de sueur perlée sur son front, le suédois prit une nouvelle bouffée. Il était autant stressé qu’excité. Ce mélange de sensation lui était à la fois agréable et dérangeant. Car même s’il contrôlait la course, un épais brouillard lui empêchait de voir autour de lui. Et il avait grand besoin de le dissiper afin de pouvoir au mieux continuer à contrôler la situation.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Dim 22 Jan - 23:52
La nicotine avait goût de liberté. De goudron aussi. Un épais goudron noir qui lui emplit la gorge dès la première bouffée avide. Etouffement, l'air passe plus. Les muscles se resserrent. Rien à foutre. Quand on a plus de corps toute sensation est bonne à prendre. Mieux que rien. La tête renversée en arrière, yeux mi-clos, elle s'obligea à garder la fumée en bouche. Savourant. Une seconde qui dure une éternité. Délicieuse asphyxie. Sentiment d'être coincée, cloisonnée, incapable de bouger, de se répandre, de disparaitre. La salive sous sa langue, amère, menace de la noyer, d'éteindre l'incendie qui ravage ses sinus. Son coeur lui ordonne d'obéir de ses pulsations menaçantes. Respirer. Accepter de relâcher cet instant de douce torture, laisser le corps lui échapper. Comme si elle allait céder !

Le corps est bien plus puissant que l'emmerdeur de doppleganger à sa façon. C'est lui le vrai maitre. Lui qui reste. Contre sa volonté, il relâche son souffle et fait jaillir deux colonnes de fumée de ses narines. Immédiatement, ses paupières se relèvent comme deux stores sur lesquels on tirerait et elle se voute en avant, crachant ses poumons dans une toux de tuberculeux. Douleur ! Comme si on lui remontait un hameçon le long de la gorge et qu’il aRRacHait les chairs ! Gorge ravagée, elle tousse tout ce qu’elle peut par SpAsMeS incontrolés.  Dur de respirer. Chaud, sueur, douleur et cette fois-ci, elle ne contrôle rien. Rien du tout. C’est encore pire que de se faire virer par Greg. Lui au moins, il pense – comme une couille molle, mais il pense. Ce foutu corps, lui, n’est qu’un amas de cellules et pourtant elle ne peut pas le diriger.
Haletante, elle déglutit avec peine. L’amertume de la salive voile à peine le goût du sang sous son palais. Elle a dû se mordre en toussant. La saveur devrait la rendre folle d’envie, mais elle sent juste son estomac se retourner un peu plus. Putain ! Dégout, rage, honte : tout ce qu’elle pensait infliger au doppleganger en acceptant cette cigarette la frappe de plein fouet. Toujours penchée en avant, elle relève à peine la tête. L’autre la surplombe. Connard. Tu veux ma photo ? Ca te fait marrer de voir quelqu’un agoniser ?! C’est un élan de haine qu’elle sent monter dans sa gorge et eXploSer sous son crâne. Si un regard pouvait tuer, l’autre serait plus froid qu’un putain d’Esquimau congelé.

- Va te faire foutre ! grogne-t-elle méchamment en essuyant un filet de bave au coin de sa bouche du revers de la main.

Qui ça, toi ? Les deux. Le mafioso pour l’avoir vu en position de faiblesse, le pisse-froid pour tout ça. Tout. Être coincée, dans ce corps minable, même pas libre d'aller picoler ou fumer à sa guise. Être un foutu p&t[hw0rk, un ramassis de souvenirs à la con et de réactions démentes. Être obligée d’être sage putain. Sage. Et gentille. Et que l’autre connard là cherche à en profiter.  Blablabla et si tu me disais blablabla. Et son cul, c’est du poulet ? Elle déteste la manipulation. La hait du plus profond de son être. Ca elle s’en souvient. Mais pourquoi ? Sait plus. Ca fait juste partie d’elle. Ca l’enrage. Si elle s’écoutait, elle se léverait et lui arracherait la gorgemais elle ne peut pas. La cigarette se rappelle à son bon souvenir et elle se rejette en avant comme si son corps voulait vomir sauf qu’il n’a rien d’autre à recracher que de la salive et de l’air puant. La toux est si violente qu’elle lui donne l’impression de se déchirer de l’intérieur…

Et tout comme l’air cherche à sortir de son corps, quelque chose dans sa tête pousse se rend-elle compte soudain. Vision d’une paire de mains sur une membrane de plastique. Un ballon. Quelque chose dans un ballon de baudruche. Elle est le ballon. Haut-le-cœur, elle comprend.  Elle vibre, enfle. Essaie de tenir mais il y a quelque chose dedans qui veut sortir. Qui poussait depuis longtemps à la recherche d’une sortie. Ce quelque chose qui  avait poussé, a poussé et désormais pousse. Tension insupportable, elle est tendue comme un string, un simple coup d’ongle la déchirerait. Cette paire de mains qui pousse… Si elle pouvait elle hurlerait. De peur, de dégout, de colère. De cette sensation d’être envahie. chirée. De disparaître comme si elle n’avait jamais été là, d’exploser en un m.i.l.l.i.a.r.d de lambeaux visqueux. De…

Et comme une bulle de savon, Luka s’évanouit, laissant Greg tout seul aux commandes de son corps. En pleine crise de toux, sinon ce ne serait pas drôle. La différence est-elle vraiment perceptible de l’extérieur ? Il n’en sait rien. S’en fout un peu, là, trop occupée à subir la douleur de sa gorge qui essaie de se retourner sur elle-même, il en jurerait. De toute façon, Greg ou Luka aux commandes, son corps est tout autant en train de souffrir. Tout ce qui lui importe, c’est d’arriver de nouveau à respirer.

Il faut encore quelques secondes pour que l’accès se calme et que Greg puisse se redresser, souffle court. Sa tête résonne comme un tambour et la douleur s’est localisée juste derrière ses yeux larmoyants. Ceci, allié à la fatigue de son corps, le rend un peu vaseux. Sale journée pour les dopplegangers décidément… Enfin, ça aurait pu être pire se dit-il. Au moins, il est revenu avant que Luka ne décide de se faire un collier des tripes de Sven. Pas si mal.

-Désolé pour ça…

Sa voix n’est plus qu’un coassement étranglé. A tâtons, il attrape sa tasse de café – et ce faisant laisse tomber sur le sol la cigarette qu’il a malgré lui tenue en main tout ce temps, presque cassée en deux sous la pression de ses doigts. Kawa avec supplément de goudron : Greg avale le reste de sa tasse tout rond, tousse un peu plus lorsque que l’épais liquide nappe sa gorge et apaise un rien la sensation de brûlure. Et dire que Sven s’inflige ça bouffée après bouffée. Le masochiste.

Il s’accorde une brève seconde pour fermer les yeux et expirer lentement. Pas plus. Il ne peut pas se permettre de garder Sven plus longtemps hors de vue. Et honnêtement, il est fatigué. Vraiment fatigué. Luka n’est pas facile à contrôler. Avec un peu de chance, sortir l’aura suffisamment fatiguée pour qu’elle lui fiche la paix les prochains jours. L’idée lui donne envie de rire, d’un rire fatigué ; depuis quand a-t-il de la chance ? Il passe les mains sur son visage puis les secoue d’un geste brusque comme s’il pouvait chasser la lassitude qui l’embrume par ce simple geste.

-Murgleis, ça te dit quelque chose ?

Il lâche ça presque négligemment, les yeux posés sur ses gants de cuir. Tant pis pour les trésors de diplomatie déployés jusque là. De toute façon, il faudra bien que quelqu’un se jette à l’eau. Allez. Il se force à relever la tête et à attendre la réponse de Sven.
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mar 24 Jan - 20:20
Tel une relique issue de l’Ancien Monde, la cigarette que tenait la soit disant « emmerdeuse » entre ses doigts ressemblait presque à la clé lui permettant de redécouvrir la liberté. En tout cas c’était l’impression que le suédois avait en regardant l’entité lui faisant face aspirer sa première bouffée avec la satisfaction du travail accompli. Toujours sur ses gardes, Sven lui emboita le pas en prenant à son tour une bouffé. Cependant, la réaction ne fut pas exactement la même des deux côtés. Pour l’ancien mafieux, la fumée pénétrant dans ses poumons était un calmant fantastique. Une teinte de paradis déposée à l’intérieur même de son corps. Tout pouvait disparaitre le temps d’une cigarette. La douleur, l’anxiété, la colère. C’était un moment intime où l’être et son cancer, son meurtrier, ne font qu’un dans un déluge de saveur exaltant l’ensemble des sens. En clair, un pur bonheur. Certains sont accros aux sucreries, lui c’était à la nicotine. De toute manière, Kulis aura sa peau bien avant le cancer, donc bon il pouvait profiter pleinement de ce plaisir. Par contre, pour ce qui était de Greg …

Ce dernier semblait être de nouveau en plein combat avec lui-même. Cependant, ce n’était pas un mano à mano entre deux personnalités. Ici, c’était l’identité contrôlant le corps contre le corps lui-même. Et comme c’est le cas dans à peu près 100% des cas, c’est le corps qui gagna. Toux violente, yeux qui pleurent, spasmes incontrôlés … Là où « l’emmerdeuse » semblait être une habituée de la cigarette, le corps de Greg, lui, ne l’était pas, mais alors pas du tout. Tandis que le corps se tordait sous le coup de la douleur, Sven ne put s’empêcher d’avoir un petit rictus. Il avait l’impression de revoir Henrik quand ce dernier avait lui aussi testé une cigarette. La réaction fut la même. Sauf qu’Henrik lui avait sorti entre deux quintes de toux un « J’ai l’impression d’avoir fumé un train à charbon qui était en gare à Pompéi » là où l’entité sorti un « Va te faire foutre » des familles. Cette phrase semblait être destinée tout autant à lui qu’à Greg et à son corps. Il y avait  énormément de frustration dans ses dires. Frustration de ne pas avoir réussi à profiter de la cigarette. Frustration de se sentir en position de faiblesse quand cinq minutes avant nous bombions le torse. Frustration de se dire que la balade pénitentiaire arrivait certainement à sa fin. Elle semblait lutter beaucoup plus en effet contre elle-même que contre les réactions du corps.

Greg : Désolé pour ça…

D’une voix roque à cause de la cigarette, Greg venait de lui parler. Le vrai Greg. Tout du moins, celui qui était venu le chercher alors qu’il fumait et avec qui il discutait voilà 10-15 bonnes minutes. Dans un effort qui semblait être à la limite du surhumain, Greg tendit sa main afin d’attraper sa tasse de café. Ce qui eut pour effet de faire tomber la cigarette, qui avait relativement bien tenu le cours de yoga improvisé. Le suédois ne put que penser qu’il était dommage qu’elle finisse sa vie si tristement, elle qui ne fut tirée qu’une fois. Mais bon, il n’était pas là  pour s’apitoyer sur la pauvre cigarette. En face de lui se trouvait toujours Greg et les multiples réponses qu’il restait à découvrir concernant la personne possédant une arme maudite. Le même Greg qui reprenait petit à petit son souffle après son expérience somme toute désagréable. Cependant, quelque chose d’autre avait changé. Il était fatigué. Certainement que le fait de changer d’identité consomme beaucoup d’énergie, un peu comme quand Kulis change de forme. Ou peut-être que ce qui était réellement fatiguant n’était pas d’ouvrir la porte de la prison, mais de réussir à faire de nouveau entrer le prisonnier dans sa cellule.

Greg : Murgleis, ça te dit quelque chose ?

Rompant totalement avec la situation, Greg venait de parler. Et pas pour tourner autour du pot. Murgleis. Voilà donc le nom de l’arme. Le suédois en avait déjà entendu parler il y a longtemps, quand son père lisait à lui et ses deux sœurs La Chanson de Roland. D’après les légendes, les Vascons auraient trahis Roland lors de la bataille de Roncevaux. Et le chef de cette trahison aurait eu une épée en sa possession. Pour le père de Sven, cela ne faisait aucun doute, l’arme était maudite. Tout comme les grandes épées de l’Histoire comme il aimait le dire. D’ailleurs, il n’arrêtait pas de mettre ses enfants en garde contre Excalibur, la plus puissante épée maudite à ses dires. Et rappelait souvent qu’avant d’avoir été maudite par leur lignée de sang, Kulis aussi était une arme historique. Quand ils étaient enfants, Sven et ses sœurs se moquait un peu des digressions de leurs père concernant La Chanson de Roland ou encore Excalibur. Mais la … S’il avait eu accès aux papiers de ses parents, il aurait pu en savoir plus. Il était certain que son père, le descendant de la lignée des Sigvald, avait fait des recherches sur d’autres armes maudites que Kulis. Oh, Sven avait cherché aussi, mais comme l’avait dit Greg, démêler le vrai du faux dans les légendes est quasiment impossible. Surtout quand nous n’avons pas tous les documents sous la main.

Le suédois sorti de sa réflexion afin de mieux repenser aux dires de son père. Murgleis est une vraie arme maudite. Elle vient de la légende de Roland. Son porteur, le chef des Vascons, était mort peu de temps après avoir fait son action et son épée avait étrangement disparue des textes à la suite de son décès (telles étaient les raisons de son père de penser que l’arme était maudite). C’était peu, mais déjà pas mal. Le suédois reprit une bouffée, se redressa, et prit la parole.

Sven : J’en ai vaguement entendu parler quand j’étais môme. L’épée vient de La Chanson de Roland, c’était l’arme qui aurait tué le chevalier Roland lors de l’embuscade. D’après les textes, le porteur de la lame mourût peu de temps après la bataille et la lame en elle-même avait disparu de la circulation. Mais je n’en sais pas plus. Si je rencontre la personne, je pourrais étudier l’arme avec l’aide de mes runes.

Le surveillant reprit une bouffée et repensa à sa dernière phrase. Elle était bien mais face à Greg, nul doute qu’elle ne suffirait pas. Sven souleva Kulis de ses genoux et la rangea dans son fourreau. Histoire de montrer patte blanche même si sa main droite continuait de trainer autour de la poignée. Et repris le cours de sa pensée.

Sven : N’ai pas peur. Si tu savais le temps et l’argent qu’il faut pour faire une rune efficace, tu comprendrais que dans mon cas il n’est pas intéressant d’en faire des agressives. La personne, Mulgleis, et toi-même, n’auront alors rien à craindre d’elles. Par contre, je préfère te prévenir. S’il le faut, je tuerai la personne.

Le suédois venait de poser ses conditions tout en répondant à celles de Greg. Le fait de tuer le propriétaire de la lame n’était pas une idée plaisante pour Sven, d’autant plus que pour la première fois de sa vie il allait pouvoir rencontrer quelqu’un comme lui. Cependant, le risque était grand. Dans son malheur, Sven eu la chance d’avoir Smitherson pour le former au contrôle pratique de la lame, la théorie ayant été travaillée avec ses parents avant leurs morts. Mais ici, qui l’a formée ? La personne a-t-elle seulement eu une formation ? Contrôle-t-elle sa lame ou est-ce cette dernière qui la contrôle ? Beaucoup de questions restaient en suspens. Mais une encore plus importante était toujours d’actualité : Greg allait-il accepter les règles du jeu ?
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Mar 24 Jan - 22:34
Le Suédois était flou aux yeux de Greg. Pas métaphoriquement parlant, hein. Réellement. Avec un temps de retard, celui-ci se rendit compte que son corps continuait même après coup de souffrir de la nicotine. Vagues tremblements, fatigue, gorge qui brule, reniflements, larmes... Glamour, vraiment. Il tâta ses poches à tâtons dans l'espoir de trouver de quoi les essuyer. Trop dur, trop grand, trop mou, trop... ah ? Juste comme il fallait. Un paquet de mouchoirs en papier. Il s'essuya le coin des yeux et en profita pour se moucher dans un barissement d'éléphant. La sensation était atroche. Il roula en boule la mouchoir en fermant les yeux, à moitié persuadé qu'il venait d'y éjecter la moitié de son crâne.

Sven était moins flou désormais. Plus pensif qu'il ne l'avait jamais été depuis son entrée dans cette salle, se rendit-il compte. A quoi pensait-il ? Dix minutes plus tôt, le doppleganger l'aurait soupçonné d'établir une stratégie pour obtenir plus de renseignements mais maintenant... Non, il cherchait probablement des souvenirs en relation. Et de toute façon, quand bien même il essaierait de le manipuler, Greg se pensait trop crevé pour réagir avec la finesse nécessaire à ses questions. Difficile de la jouer diplomatique avec un Ronflex enrhumé t un brin bourrin...

Souvenirs, oui, c'était des souvenirs qu'il cherchait d'après les informations qu'il lui délivra. Informations qui ne servirent à rien en tant que telles. Aliénor connaissait l'origine mythologique de l'épée tout comme Greg. Cependant, elles prouvaient au moins que Sven avait quelques connaissances sur le sujet et ne se contentait pas d'inventer n'importe quoi dans le but de se rapprocher d'Aliénor. Qui plus est, le fait qu'il sache quoi que ce soit sur le sujet - qui plus est qu'il l'ait appris étant enfant - était encourageant ; la politique du secret que suivait la famille d'Aliénor n'avait pas cours chez tous les méta-humains. Quelqu'un d'autre pourrait peut-être leur venir en aide si jamais Sven devait déclarer forfait.

Des runes ? Ceci lui fit lever une nouvelle fois les yeux au ciel tandis qu'il cherchait à rassembler ses maigres connaissances sur le sujet. Maigres parce que les runes faisaient partie de ces innombrables domaines magiques dont peu de traces écrites existaient, le savoir se transmettant de bouche à oreille, de maitre à disciple. Compliquées à mettre en place mais puissantes croyait-il se rappelait. Il acquiesça de la tête face à la précision de Sven tout en se promettant d'essayer de creuser le sujet par lui-même. Quant à son ultime remarque...

-S'il y a le moindre problème, je me chargerai d'elle moi-même.

Sa voix, sans émotion particulière, aurait sans doute été plus impressionnante si elle n'était pas encore étouffée et rauque de sa toux douloureuse. Qui plus est, il n'y avait pas à s'inquiéter. Aliénor était encore humaine, Murgleis étant à la charge de son porteur actuel. Que pouvait causer comme dommage une humaine face à Sven ? Dans le pire des cas, un coup de genou bien placé - et encore, l'adolescente était si frêle qu'elle était bien capable d'en souffrir plus que Sven.

Il se passa la langue sur les lèvres en reposant sa tasse de café. Gorge qui brulait désormais et ventre... non, vessie... pleine ? Il jeta un oeil sur la cafetière et, voyant qu'elle était presque vide, tira de sa poche de chemise sa montre à gousset. Mince ! Si tard que ça ? Arg, le couvre-feu allait retentir et il n'avait même pas nettoyé sa classe ! Purée... articula-t-il silencieusement en jetant un regard désolé alentour. LA nuit allait vraiment être courte.

Bon. Bon. Ne rétrécissons pas encore plus la nuit. Que lui manquait-il ? Son cerveau épuisé se remit en branle avec difficulté. Clic clac, petites cellules grises... Ah. Oui. Renseignement. Motivation. Et... Et... Savait plus. Tant pis.

- Bon, avant de repartir, rapidement. Pourrais-tu me renvoyer vers une source ou un livre pour que je continue de me renseigner sur le sujet des armes maudites ? Et que veux-tu en échange de ton aide ? Et... je ne sais plus. C'est pas grave. Bref.

Coup d'oeil curieux sur le surveillant, toujours impeccablement assis. C'est vrai que tout du long, ils n'avaient discuté que de ce que Greg voulait, jamais de ses propres intérêts. Le doppleganger n'était pas sûr de pouvoir l'aider en retour mais s'il le pouvait, il le ferait. Question de principe.

-Je te tiendrai au courant pour un prochain rendez-vous, dès que j'aurai joint la personne concernée. Cette salle de classe te convient ? Ou tu disposes d'un lieu plus sécurisé ?
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MessageSujet: Re: Paranoia paranoia everybody's coming to get me Sam 28 Jan - 0:07
Greg : S'il y a le moindre problème, je me chargerai d'elle moi-même.

Bien que légèrement rauque, certainement à cause de la cigarette, la voix du professeur voulait tout dire. Il était prêt à agir en cas de soucis. Bien sûr, le suédois était le plus à même de réagir en cas de soucis, cependant il laisserait agir le doppelganger. Histoire d’en savoir plus sur ses pouvoirs et ses capacités. D’un léger mouvement de tête, Sven marque son approbation aux dire du professeur. Professeur qui commençait à paniquer légèrement après avoir regardé sa montre à gousset. Il semblait être tard. Plus tard qu’il le pensait dans tous les cas.

Greg : Bon, avant de repartir, rapidement. Pourrais-tu me renvoyer vers une source ou un livre pour que je continue de me renseigner sur le sujet des armes maudites ? Et que veux-tu en échange de ton aide ? Et... je ne sais plus. C'est pas grave. Bref.

La question des sources. Vaste question. Les seules sources fiables qu’il connaissait sur la question des armes maudites étaient celles de son père, qu’il tenait à jour comme tout descendant des Sigvald à l’exception de Sven. En même temps, il parait que les papiers, même runiques, brulent bien. Du coup, le surveillant ne possédait plus aucune source « fiables ».

Sven : Pour les sources, tu n’en trouveras aucune de fiable. Et je ne peux te renvoyer vers aucun livre. Voit avec la personne, peut-être que sa famille dispose de sources. Pour ma part, je n’en ai aucune.

Il n’y avait pas besoin d’en dire plus. Il n’avait pas envie que Greg fouille dans son passé, même s’il lui faudrait du courage pour trouver des infos sur lui. Reste maintenant la question de son envie. Greg lui proposait quelque chose en échange de son aide. Pour l’ancien mafieux, nul doute que c’était un moyen simple d’en apprendre plus sur lui. Surtout qu’ici, Sven savait directement ce qu’il voulait. Rencontrer la personne. Ni plus, ni moins. Parler avec elle de ses difficultés, de ses douleurs. Surtout qu’elle semblait se battre contre la fatalité. Comme si elle n’y était pas préparée. En cela, il fallait l’aider. Et seul Sven le pouvait. Greg ne connait rien des armes maudites, de leurs fonctionnements, de leurs particularités. Bon, Sven n’est pas non plus très frais sur la question de Murgleis, mais avec ses runes il y a moyen d’en apprendre beaucoup. Il faudra qu’il pense à poser deux trois jours pour aller en chercher en Suède, même si cela est dangereux à cause de Smitherson.

Tandis qu’il réfléchissait, le professeur lui posa la question de la sécurité de la salle et de leurs prochain rendez-vous. Pour le coup, le surveillant était obligé d’admettre qu’il ne connaissait pas de lieu aussi sécurisé sur le papier. Et cela même s’il ne pouvait pas faire entièrement confiance à Greg, surtout après avoir vu une démonstration de ses étranges pouvoirs. Le suédois se leva et regarda autour de lui.

Sven : Non ici c’est très bien. Pour le prochain rendez-vous, attend que j’aie mes runes. D’ici une semaine ça devrait être bon.

Son regard se porta de nouveau sur le professeur. Ce dernier semblait réellement embêté par l’horaire tardif. « Dans tous les cas, presque tout a déjà été dit » pensa le suédois avec un petit sourire de satisfaction. Après tout, il avait réussi à tirer de multiples informations sur l’arme et sur le professeur. La seule ombre au tableau concernait le nom de la personne. C’est la seule information qui lui manquait. Mais cela n’était pas si grave que cela vu qu’il allait certainement la rencontrer. Affichant toujours un léger sourire de satisfaction, le suédois se dirigea vers la porte d’entrée. Se rappelant que le verrou avait été tourné, l’ancien mafieux mis sa main dessus avant de se retourner vers Greg. Il avait encore une chose à dire.

Sven : Oh, et concernant ce que je veux … Disons que c’est extrêmement rare quand deux possesseurs d’armes maudites se rencontres. Le plus souvent, cela se termine dans le sang, question de rivalité entre les armes. L’autre solution, c’est que s’instaure une relation de maitre à élève, et là encore cela se termine bien souvent dans le sang. Tout du moins d’après mes connaissances sur la question. Dans le cas de ma famille, la dernière rencontre avec un possesseur d’armes maudites remonte à 1457. Autant de dire que je n’ai pas d’exemple récent, que personnellement je n’en ai encore jamais rencontré et surtout que tout ce que je viens de te dire n’est pas une généralité absolue. Mais dans tous les cas, la rencontre avec la personne risque d’être …

Le suédois tourna le verrou et se prépara à sortir. Alors qu’il passa le pas de la porte, le suédois se retourna vers Greg afin de finir sa phrase.

Sven : … Intéressante. Pour moi, mais aussi pour l’autre personne.

Affichant un grand sourire, le suédois tourna le dos à Greg, ferma la porte et pris la direction de sa chambre. Oui, cela sera intéressant. Intéressant d’en savoir plus sur elle, sur Murgleis, sur sa famille. De savoir comment elle a été élevée, de pourquoi elle semble être perdue à l’idée de devenir le possesseur de l’arme. Certainement que personne ne l’y à préparer. Du coup, cela serait à lui, et à lui seul, de le faire. Personne d’autre ne pouvait le faire dans tous les cas. Intéressant aussi de parler de leurs ressentis concernant les armes maudites, de leurs douleurs, de leurs malédictions. Intéressant, pour finir, de rencontrer quelqu’un comme soi. De pouvoir partager des situations presque similaires. Depuis la mort d’Henrik, il ne pouvait parler à personne de ses états d’âmes concernant Kulis. Les seules personnes en qui il avait un tant soit peu confiance, Yu et Yûko, il ne voulait pas les embêter avec cela. Surtout, il n’était pas encore assez proche d’eux pour en parler, même s’il sait que Yûko serait la première à l’écouter. Enfin, Yu aussi le ferrait, mais à sa manière … Alors que la, il avait enfin l’occasion d’en parler. Avec quelqu’un qui est touché par le même fléau. Voilà en quoi la rencontre allait être intéressante. Et dans le pire des cas, cela fera un combat exaltant. Et cette idée faisait tout autant plaisir à Sven que celle du partage.
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